Y a-t-il un jour où sait qu’on possède trop de livres, des livres qu’on ne touchera plus même pas du regard? Ponctuellement, je me fais cette réflexion. Régulièrement, je retire des livres que je mets dans une pièce. Parce que je n’ai plus de place, parce qu’il y en a trop. Parce que les livres doivent circuler et faire le bonheur des autres, maintenant qu’ils ont vécu un peu avec moi.
De temps en temps, j’en vends. J’en donne. Et surtout, j’en achète, j’en emprunte. Perpétuel mouvement que celui des livres qui vont et viennent.
Ai-je vraiment besoin de quatorze biographies de Colette? Je n’écrirai jamais la pièce que je voulais écrire autour du personnage. Est-ce nécessaire de conserver tous ces essais sur le théâtre alors qu’ils feraient probablement la joie d’étudiants du Conservatoire ou de l’École nationale de théâtre? Vaut-il la peine de conserver des tablettes entières de romans policiers que je ne relirai jamais?
Les livres s’empilent, ils sont partout. Pas envahissants, mais grugeant de l’espace qui pourraient servir à d’autres. Et cette idée qui revient souvent de ne vivre qu’avec l’essentiel. Quelques livres, des musiques emmagasinées sur un disque dur ou deux, de quoi écrire, mon ordinateur. Si peu, en fait.
Pour vivre un jour dans plus petit. Pour ne pas porter continuellement sur mes épaules ce qui me retient d’aller étudier ailleurs un temps ou de demander une bourse d’écriture à l’étranger. Pour ne pas engloutir la moitié de mon salaire dans un appartement trop grand encombré de livres que je ne lirai pas. Car j’ai parfois l’impression de vivre dans une toile de Jean-Charles Cazin.
4 réponses
Tout peut s’envisager Lali ! A commencer par trier. Pour ma part, c’est toujours un déchirement.
Je garde, je ne garde pas ? Et au final, je donne. Mais j’admets que c’est toujours un dilemme.
Les disques durs pour la musique, c’est formidable et donnent un gain de place incroyable mais on ne n’a plus le plaisir de toucher la jolie pochette du CD !
Comme je comprends Lali. En ce qui me concerne, les livres sont mon seul bagage. Je n’en jette jamais – quelle horreur ! Et pourtant, c’est idiot. Certains sont mauvais, je ne l’ai su qu’en les lisant et m’encombrent réellement. C’est évidemment ceux-là que je ne peux pas donner…
Bonjour à vous au détour du commentaire…
Mince! c’est justement cette peinture là que je voulais mettre lorsque je publierai un billet sur mon nettoyage de printemps… nous devons avoir les mêmes sources, Lali et peut être le même goût!!
Tu peux te débarrasser des 14 biographies sur Colette, sans regrets, du moment que tu gardes son œuvre, la sienne, superbe ! J’irai cet été faire des photos chez elle, dans son pays que j’aime : la Puisaye. Sa maison est en vente à Saint-Sauveur. Voir le lien : pour la pétition.
http://www.maulpoix.net/dotclear/index.php/Interventions
et pour l’annonce comme pour la visite virtuelle
http://www.micimmo.com/annonce-immobilieres/achat-bien-maison-yonne-102490.html
Ah ! Si j’étais riche, je l’offrirais aux fans de Colette, dont vous avez compris, je fais partie ! la preuve : je parle d’elle alors que ce n’est pas le sujet !!
Allez, on oublie les couacs de la culture ou de l’inculture et l’on se fait plaisir !
« J’appartiens à un pays que j’ai quitté. Tu ne peux empêcher qu’à cette heure s’y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts. Rien ne peut empêcher qu’à cette heure l’herbe profonde y noie le pied des arbres, d’un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif… Viens, toi qui l’ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose ! Tu jurerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs qu’un fruit mûrit on ne sait où – là-bas, ici, tout près – un fruit insaisissable qu’on aspire en ouvrant les narines. Tu jurerais, quand l’automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu’une pomme trop mûre vient de choir, et tu la cherches et tu la flaires, ici, là-bas, tout près… Et si tu passais, en juin, entre les prairies fauchées, à l’heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s’ouvrir ton cœur. Tu fermerais les yeux, avec cette fierté grave dont tu voiles ta volupté, et tu laisserais tomber ta tête, avec un muet soupir… Et si tu arrivais, un jour d’été, dans mon pays, au fond d’un jardin que je connais, un jardin noir de verdure et sans fleurs, si tu regardais bleuir, au lointain, une montagne ronde où les cailloux, les papillons et les chardons se teignent du même azur mauve et poussiéreux, tu m’oublierais, et tu t’assoirais là, pour n’en plus bouger jusqu’au terme de ta vie. »
« Les vrilles de la vigne » Colette
Elle exprime parfaitement ce qui fait l’essence et le charme de sa Puisaye.