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En vos mots 223

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Qui dit dimanche dit nouvelle toile au pays de Lali. Voilà donc celle du jour. Une scène signée Andre Adamchik. Une scène qui vous appartient pour une semaine. Le temps de raconter à votre manière et en vos mots la lectrice du jour et ce qu’elle évoque pour vous.

Au plaisir de vous lire dans sept jours alors que tous les commentaires seront validés en bloc. Et d’ici là, bonne semaine à tous!

6 réponses

  1. Dans tes mains ne retiens rien. Cueille les fleurs du regard. Uniquement. Laisse vivre les couleurs fragiles. Qui ne s’épanouissent qu’une seule saison. Pour embellir nos mémoires.

    Laisse courir les enfants. Sais-tu que le vent meurt d’être enfermé. Aussi belle soit la boite. Aucune cage n’est assez belle pour priver de la liberté. Dans tes mains ne retiens jamais rien.

    Les étoiles renaissent chaque nuit pour veiller sur la lune. Mais elles ne la retiennent pas. Ni ne l’empêchent de briller. La beauté du monde est à ce prix. C’est lorsque deux libertés s’enlacent que le monde frissonne sans la contrainte des échéances.
    Aimer s’est envoler vers le printemps avec l’inquiétude de l’abeille. Et être heureux.

    Dans tes mains ne retiens rien. Ni l’amour ni le temps qui passe. Ou alors le parfum d’une caresse. Pour t’en souvenir plus tard. Lorsque tu voudras te rappeler un printemps ancien. Pour t’endormir. Paisiblement.

    Dans tes mains ne retiens jamais rien. Ta vie deviendrait trop vide et trop lourde. Laisse s’envoler la colombe. Heureuse, elle amènera un peu de ton amour dans son cœur.

  2. C’est un doux rayon de soleil au travers des voilages qui a réveillé Mélissa. Elle se lève très doucement et se dirige vers la fenêtre pour assister à un merveilleux spectacle qui s’offre devant elle. Un ciel rose-orangé comme elle en n’a jamais vu donnant un très beau contraste avec la mer.
    Arrivée hier soir pour des vacances d’été, elle attend son fiancé qui doit la rejoindre dans deux jours.

    Mélissa se dit qu’un tel tableau de la nature est trop beau et décide de pendre son petit-déjeuner sur la terrasse de l’hôtel. Elle connaît bien l’endroit pour y être venu plusieurs fois avec son père qui a su transmettre à sa fille les beautés de l’Italie, le goût de la lecture et plus d’une fois son père l’emmenait visiter des galeries de peintres célèbres.

    Après avoir pris son petit-déjeuner, Mélissa décide de faire un promenade au bord de la mer en emmenant son livre et son portable. Il se peut bien que Patrick me téléphone…

    Au bas de l’hôtel, Mélissa prend un petit sentier qui la conduit vers un banc à deux mètres de la mer. Le doux bruit des vaguelettes l’enchante et elles se laisse bercer par le cri des mouettes. Les pages de son livre n’ont pas beaucoup tourné. Mélissa est trop impatiente de revoir son amour, Patrick. Plus que quelques heures et elle se trouvera dans ses bras.
    Nous allons passer de belles vacances … Nous ferons des balades à pied, sur l’eau, nous visiterons les villages proches et nous nous laisserons vivre.

    De retour sur la terrasse de l’hôtel, elle remarque une petite assiette remplie de magnifiques cerises. Son pêché mignon. Mélissa goûte une cerise puis deux puis trois lorsqu’elle entend des battements d’ailes au-dessus de sa tête.

    Oh! Mais je t’ai remarquée tout à l’heure sur le rocher près du banc, j’ai vu le bout de tes ailes noires. Tu me sembles très jeune. Viens jolie petite mouette, je t’offre une cerise.

    Tout à son bonheur de voir cette mignonne mouette se poser délicatement sur sa main, Mélissa se souvient du poème de Jules Lemaître que son père lui lisait dans son enfance

    Les mouettes

    Par les couchants sereins et calmes, les mouettes
    Vont mêlant sur la mer leur vol entrecroisé,
    Tels des gris souvenirs pleines de douceurs secrètes
    Voltigeant dans un coeur souffrant, mais apaisé.

    L’une, dans les clartés rouges et violettes,
    D’un coucher de soleil, fend le ciel embrasé,
    Une autre comme un trait, plonge dans les eaux muettes
    Ou se suspend au flot lentement balancé.

    Nul oiseau vagabond n’a de plus longues ailes
    De plus libres destins, ni d’amours plus fidèles
    Pour le pays des flots noirs, cuivrés, bleus ou verts

    Et j’aime leurs ébats, car les mouettes grises
    Que berce la marée et qu’enivrent les brises
    Sont les grands papillons qui butinent les mers.

  3. Oiseau blanc, léger et doux, je te confie ce poème :
    « Les amours de fumée

    Parlé : Parfois le ciel est sans étoiles ou le lit sans amour… Il ne se passe rien, nous passons. Les nuits sont de sombres miroirs pour ceux qui feignent de dormir et, au lieu de s’aimer, réfléchissent…
    Si ni toi ni moi n’y croyons,
    Alors, dis-moi, pourquoi le faire ?
    Les roses deviendront chardons
    Si ni toi ni moi n’y croyons !

    Si ni toi ni moi ne l’aimons
    La nuit n’est qu’un ennui qui dure,
    Et dans nos mains de pierre dure
    Pourrit le grain que nous semons
    Si ni toi ni moi ne l’aimons

    Si ni toi ni moi n’y pensons
    Tous les oiseaux cesseront d’être
    Et sur l’appui de nos fenêtres
    Nous n’entendrons plus leurs chansons,
    Si ni toi ni moi n’y pensons !

    Ainsi les amants de fumée
    Vannent leurs cendres dans le vent,
    L’un dort et l’autre se levant
    Songe à ses amours décimées,
    Ainsi les amants de fumée…

    (bis) Ainsi les amants de fumée… »

    (chanson de Pierre Seghers musique de Gérad Jouannest)

  4. PALOMBE BLANCHE

    J’étais presque amoureux de la dame au chapeau rouge qui me nourrissait de cerises et de ses sourires.
    À son balcon balnéaire, je me balançais dans sa paume, picorant le noyau qui serait noyé après par les vagues vaguement vagues.
    La dame au chapeau rouge me caressait l’aile brisée, blanche comme la plage, comme les pages où ses mots grisants et griffonnés reluisaient devant le jaune de ses cheveux, ses fleurs, son rire rare mais riche.
    J’étais son prisonnier.
    À chaque fois qu’elle me libérait, elle savait que je reviendrais.
    Non, je ne regrettais jamais ce long parcours, à travers la mer amère, jusqu’au jour où elle n’y venait plus, le jour où notre temps des cerises était fini pour toujours.
    Je vendis ma berline à Berlin et à partir de cet horrible jour-là, je m’habillai de rouge, la couleur du deuil.

  5. Je lis vos mots et c’est un moment heureux. Chacun dépose ses mots selon ce qu’il ressent dans le coeur et je trouve cela magnifique.
    Merci Lali pour les choix de toiles toujours superbes et pour l’espace que tu nous offres dans ta rubrique « En vos mots » 🙂
    Bisous à vous tous.

  6. Au creux de sa main
    les battements de son coeur
    s’emballent aux instants bonheur
    au creux des vagues
    une musique tendre
    lui murmure des mots d’amour
    au creux de sa main
    un baiser rouge carmin
    embrase son coeur

    blanche colombe
    prend ton envol
    au pays des rêves bleus
    où le temps n’existe plus
    où les rives ne sont qu’amour

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