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En vos mots 219

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Le peintre canadien d’origine roumaine Rob Gonsalves (que vous pourrez découvrir grâce à cette vidéo) fait partie de ces artistes aux toiles fascinantes, par la magie qui se dégage autant des décors qu’elles proposent que par ses personnages et devant lesquelles on peut rester des heures, afin d’examiner le moindre détail. Et c’est ce vous pourrez faire aussi. Le temps que la scène de ce dimanche vous livre ses secrets, le temps de raconter ce que vous imaginez à partir de celle-ci.

Et comme le veut l’habitude, tous les textes seront validés dans sept jours, au moment de l’accrochage d’une nouvelle toile, et pas avant.

D’ici la, bon dimanche et bonne semaine à tous!

7 réponses

  1. Morgane, te rappelles-tu, lorsque nous étions enfants, tu me disais très souvent en regardant le ciel que tu aimerais bien que les nuages se transforment en montagnes. En montagnes inaccessibles ou y voir un poème dans le ciel. J’ai très souvent songé à te faire ce plaisir en grandissant ma petite soeur et je ne trouvais pas la solution…

    Te rappelles-tu lorsque nous étions enfants, les nuits de pleine lune tu ne pouvais pas dormir. Tu venais dans ma chambre et tu me disais: Arnaud, lis-moi une histoire comme tu sais si bien le faire. Je me levais et j’allais chercher le grand livre que maman prenait parfois pour nous lire un beau poème.

    J’aimais sentir ta tête sur mon épaule et moi, le grand frère, je t’ai lu ce merveilleux poème de Guy de Maupassant. T’en souviens-tu?

    Nuit de neige

    La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
    Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
    Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
    Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

    Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
    L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
    Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

    La lune est large et pâle et semble se hâter.
    On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
    De son morne regard elle parcourt la terre,
    Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

    Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
    Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
    Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
    Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

    Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
    Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
    Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
    Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

    Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
    Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
    De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
    Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

    Puis tu t’es endormie.

    Depuis, des années ont passé. Je te vois étudier pendant des heures. Tu prépares tes examens et moi, pendant ce temps, j’ai enfin trouvé la solution pour t’offrir le décor de tes rêves puisque c’est soir de pleine lune.

    Morgane, regarde! J’ai une surprise pour toi.

    Oh! Arnaud! Que c’est beau. C’est magique. A mon tour de te dire enfin les mots d’Ismaïl Kadaré,

    « Les nuages nagent comme des enveloppes géantes, Comme des lettres, que s’enverraient les saisons. »

    Sais-tu que j’ai très souvent pensé à ces mots. Je ne les ai jamais dit puisque c’est la première fois que je vois une telle féerie.

    Et les nuages dessinent une magnifique montagne enneigée. C’est incroyable ce que tu as réussi à faire. Viens mon frère que je t’embrasse. Merci de tout mon coeur.

  2. L’INVITATION

    J’ai vu la lune ce soir courir sous les nuages,
    Puis me faire un clin d’œil entre deux éclaircies,
    M’invitant à la suivre pour un cambriolage
    D’étoiles, d’arcs-en ciel et de quelques ovnis.

    Puff

  3. Si la vie m’avait fait cadeau
    D’un peu plus de tendresse
    Si la fée sur mon berceau
    Avait pris le temps d’une caresse

    J’aurais été fou ou magicien
    Prince des rêves et d’innocence
    Entre pirates et mondes lointains
    J’aurais épuisé mon enfance
    J’aurais eu des ailes de papier
    Pour pouvoir partir en voyage
    Être un intrépide aventurier
    Et m’en aller dans les nuages
    Raconteur d’histoires ou écrivain
    Voleur de lunes ou bien de roses
    J’aurais été un peu tout et rien
    Et encore bien d’autres choses

    J’aurais été clown ou jongleur
    Au milieu d’un grand chapiteau
    Pour ton sourire, petite sœur
    Si la vie m’en avait fait cadeau

  4. Marthe avait envie de revoir les montagnes,
    mais sa santé sillonnée et le budget sinistré
    par sa maladie n’allaient pas leur permettre
    un tel voyage.

    Alors Georges retrouva
    les vieux ciseaux
    sachant faire le bonheur
    à sa femme.

    Ces montagnes-là
    n’allaient pas durer
    longtemps.
    Marthe
    non
    plus.

    Mais son amour
    pour elle, si,
    se dit Georges,
    en taillant les rideaux.

    Si, oh si.

    Longtemps.

    Pour toujours.

  5. Nuits de Juin

    L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
    La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
    Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
    On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

    Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure,
    Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
    Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
    Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

    Victor Hugo – Les rayons et les ombres

  6. Lali a déposé une superbe toile et je lis vos textes avec grand bonheur 🙂 Cela fait tant de bien.

  7. Oui !!! en effet Denise, et Puff, (PUFF ???, ah oui !!!) et Armando, oh lalala Armando !!! et Joye (grâce à qui j’ai mieux perçu l’effet optique de cette toile). Ah, Lou aussi, juste à temps, où alors très très en retard, LOU ? Faudra pas recommencer ! Premier avertissement…
    Et merci à vous tous et à Lali, qui se cache derrière le rideau. 🙂 🙂

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