Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
En vos mots 213

magowan-eugene-2.jpg

J’ai croisé le peintre irlandais Eugene Magowan, grâce à une toile qui m’a inspiré quelques lignes et qui a donné lieu à un échange, dont vous pourrez prendre connaissance grâce à ce billet.

Constatant ma passion pour les toiles représentant des lecteurs et voyant à quel point je respecte le travail des artistes et les artistes eux-mêmes, Eugene m’a parlé de cette toile qu’il me plait d’offrir à vos mots en ce dimanche. Une toile dont il est assez fier, mais qui est tellement grande (1,5 m par 2,5 m) qu’elle n’intéresse pas les acheteurs de Dublin, si bien qu’elle se retrouve dans l’arrière-boutique d’une galerie prestigieuse. Loin des regards. Loin de qui pourrait la découvrir. L’apprécier. Ce qui m’a donné l’idée de faire une surprise à Eugene. De lui offrir vos mots, vos histoires. En attendant qu’un acheteur lui donne la place à laquelle elle a droit.

La toile d’Eugene Magowan attend donc que vous lui donniez vie, ce que vous ne manquerez pas de faire, j’en suis certaine… Suite dans sept jours, comme le veut l’habitude.

D’ici là, bon dimanche à tous!

7 réponses

  1. Faut que je vous dise que c’est le hasard qui m’a amené ici, aujourd’hui, sur ce banc à lire le journal.

    La vie est terriblement étrange. Et remplie de hasards. Tout a commencé il y si longtemps.

    J’étais paumé. Je ne connaissais personne. Et un inconnu de passage m’a tendu la main et a eu la gentillesse de m’épauler dans ses premières démarches d’étranger dans un monde où tout est si différent et semble si hostile. Au fil du temps l’inconnu a connu la magnifique métamorphose du Monsieur, qui devient un nom, pour devenir tout simplement cet ami que nous appelons tendrement par son prénom.

    Marc. Il était devenu Marc. Tout simplement. Et moi j’étais devenu un fonctionnaire dans une grande institution internationale. Et nous étions fiers de ce que nous sommes devenus.

    Une maladie bien étrange avait privé Marc de sa vision. Après quelques longues nuits d’angoisse Marc avait pris la décision de se faire opérer. Chaque jour je sortais de mon travail et je venais le retrouver à l’hôpital. Et on passait des heures à nous raconter des promesses de jours heureux pour mieux étrangler nos inquiétudes.

    Un après-midi, presque par hasard, je lui ai lu les titres du journal que quelqu’un avait laissé abandonné sur un banc. À ma surprise, plusieurs autres malades se sont mis à écouter ma lecture. Certains attendaient de se faire opérer et d’autres, comme Marc, espéraient avec hâte d’enlever le bandeau et de briser ce mur d’angoisse qui sépare l’obscurité de la lumière.

    Leur silence était humain et leurs sourires chaleureux. Ma voix avait un sens. Elle remplaçait tous ces regards en attente, avides de lumière, de couleur, de lecture.

    Je ne me souviens pas d’avoir été aussi heureux que ce jour-là alors que je me disais que nos petites vies ont parfois un sens. C’est drôle, mais la vie est terriblement étrange. Et remplie de hasards. D’ailleurs il faut que je vous dise que c’est le hasard que m’a amené ici, aujourd’hui, sur ce banc à lire le journal.

  2. Tout en attendant son tour, Roland se demande encore comment il a pu en arriver là.
    Il est triste et las. A quarante-neuf ans, il est au chômage et ne peut pas se permettre de ne pas avoir d’emploi surtout avec deux adolescents en études.

    Depuis quarante minutes, Roland attend son tour dans une petite pièce. Il attend que son conseiller de l’Office de Chômage vienne le chercher afin de lui remettre ses recherches d’emplois effectuées durant le dernier mois. Il parcourt un journal local avec quelques offres d’emplois mais c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Soit il est trop âgé, soit trop qualifié. Pourtant, Roland a travaillé dur pour devenir expert-comptable d’une grande société financière de la Place.
    Il s’occupait de plusieurs portefeuilles et ses clients étaient très satisfaits. Toujours aimable, égal à lui-même, intègre mais voilà, cela ne suffit pas. Cela ne suffit plus!
    Arrivé à un certain âge, vous n’êtes plus le bienvenu à votre poste de travail même si vous êtes très compétent.

    Le conseiller arrive enfin, prend les recherches de Roland, y appose un tampon et une signature d’un œil distrait comme d’habitude et dépose négligemment les documents de Roland dans un pelle à courrier. C’est le contrôle du mois ni plus ni moins! C’est à peine si le conseiller regarde Roland qui lui, se sent comme un numéro. Juste: bonjour, alors mon brave, combien de recherches ce mois? faites-en plus le mois prochain. Au revoir!

    Fort heureusement, Roland peut compter sur le soutien de son épouse Corinne pour l’entretien de leur appartement, les courses et les repas. Les deux frères donnent très volontiers un coup de main à leur maman afin de la décharger des grosses tâches et pendant les vacances d’été et d’hiver travaillent comme coursiers pour une pharmacie.
    Ainsi Roland peut faire ses recherches, il frappe aux portes des agences de placements et envoie de nombreuses lettres avec son curriculum vitae en ayant toujours au fond de lui un brin d’espoir. Il ne baisse jamais les bras.

    Couturière de métier, Corinne crée de magnifiques vêtements pour ses amies. Ses créations sont splendides ainsi le bouche à oreille fonctionne bien. Avec ses mains de fée, Corinne a su se faire une belle clientèle. Pour la famille, c’est un appoint pour les fins de mois mais ce n’est pas toujours évident. Corinne travaille tard le soir, elle se sent fatiguée et cela brise le coeur de Roland.

    Ce soir-là, Roland se dit que cette situation ne peut plus continuer. Son épouse chérie est exténuée et il ne veut pas la voir tomber malade.

    Durant ses longues nuits sans sommeil, il a tourné la situation dans tous les sens sans résultat.
    Mais voilà, ce soir, il se souvient après avoir quitté son conseiller, être passé devant un magasin où était collé une affichette « Cherchons un comptable, URGENT ». Et bien voilà! J’irai me présenter demain à la première heure. Comment se fait-il que je n’aie pas fait plus attention tout à l’heure?
    Si je suis accepté, Corinne verra des étoiles dans mes yeux! Ce brin d’espoir dans mon coeur ne m’a jamais quitté tout comme la citation d’Octave Feuillet qui est toujours dans mon portefeuille. Lors de mes nuits sans sommeil, j’y pensais sans cesse,

    « L’espoir est comme le ciel des nuits: il n’est pas coin si sombre où l’oeil qui s’obstine ne finisse par découvrir une étoile. »

    Le lendemain soir, au bruit de la clé dans la serrure, Corinne accoure vers Roland et oh! surprise! Elle se retrouve nez à nez devant un énorme bouquet de roses… Ma chérie, je suis engagé, te rends-tu compte? Ces roses, tu les mérites tant.

  3. Enquête en cours

    Qui se cache sous cette carrure impressionnante?
    Un détective privé au travail sournois?
    Un voyageur en avance sur le départ d’un train ?
    Un homme en détresse qui se cherche un emploi?
    Un amoureux jaloux épiant sa bien-aimée?
    Est-ce vraiment son journal qui lui sert de masque?
    Les grandes masses de couleurs brouillent-elles sa timidité?
    Cet homme en bleu sur cette banquette rouge
    Se demande-t-il par quel moyen il pourrait passer incognito?
    Me regarde-t-il chercher sa raison d’exister?
    Est-il dans l’imagination de l’artiste peintre ou dans la mienne?
    « Être ou ne pas être » voilà peut-être sa question!

  4. Sécheresse en France, inondations au Canada, ainsi qu’au Mississippi, et pourtant le Printemps est là !
    Séismes au Japon, tremblements de terre en Espagne, et pourtant la Terre est si belle !
    Violence, meurtres, guerres, et pourtant l’Homme aime la vie !
    Et demain, lundi, je me lèverai tôt, et pourtant je reprendrai la route, et pourtant je recommencerai une semaine de travail !
    Et comment continuer à vivre, indifférent, et tourner la page ?

  5. C’est un dimanche rempli de bonheur à la lecture de vos magnifiques textes au-dessous de la toile déposée par Lali. C’est un doux moment qu’il me plaît chaque dimanche.
    Mes amitiés et bonne semaine à vous tous 🙂
    Merci Lali pour le partage de cette grande et très belle toile.

  6. « Et comment continuer à vivre, indifférent, et tourner la page ? » écrit Lou. Comme je vous rejoins, Lou dans votre réflexion.

    Merci à vous tous. J’ai eu comme chaque dimanche beaucoup de plaisir à découvrir vos mots, toujours aussi sensibles et touchants.

    Je souhaite aussi, à Lali et à chacun(e) d’entre vous, une semaine la meilleure possible.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *