Le trajet a beau être court, je ne pourrais quitter la maison sans un livre ou deux sous le bras, en plus de celui qui est dans mon sac. Je sais que c’est complètement insensé et que je n’aurai pas le temps de lire plus de trois pages, mais ça me sécurise. Si jamais il arrivait quelque chose, une panne d’électricité au bureau ou un retard quelconque en cours de trajet, je ne serais pas démunie. Il y aurait avec moi un livre, ou deux, ou trois… Je partirai donc tout à l’heure, livre sous le bras, comme la lectrice de Jim Rowe, heureuse. Tout peut arriver : j’ai de quoi lire.

2 réponses
Le livre du temps
D’abord un point sorti de rien
Un vide infiniment clos
Un premier signe,
Puis une ligne
De terre mélangée à l’eau
L’histoire commence
Sort du silence
Le rêve a inventé les mots
Mots de lumière
Mots de matières
Des mots en forme d’animaux
Tout contient, entre les mains
Le commencement et la fin
Le passé, le futur
Dépendent du sens de la lecture
C’est écrit dans le livre
Le livre du temps,
On ne pourra jamais tout lire
Et pourtant
Nous sommes des acteurs
De ce grand roman
Dont on ne connaît pas l’auteur
Le livre du temps
A chaque page
Des personnages
Ecrits d’amour et de sang
Passent et s’effacent
Et se remplacent
Du premier rôle aux figurants
Personne ne peut changer sa phrase
Sauter une ligne, un paragraphe
Le passé, le futur
On garde les fautes et les ratures
C’est écrit dans le livre
Le livre du temps
On ne pourra jamais tout lire
Et pourtant
Nous sommes les acteurs
De ce grand roman
Dont on ne connaît pas l’auteur
Le livre du temps
Michel Sardou
Je souris en lisant ce billet…
Et dans la voiture, une petite lampe discrète accrochée sur mon livre, afin de pouvoir lire pour les trajets de nuit!