Le livre est resté ouvert dans les draps du lit non fait. Lecture du matin ou de la veille? Ou peut-être même des deux? Nul ne peut le dire. La seule chose qu’on puisse affirmer est que si on ouvre le livre, on y trouvera ce poème d’Octavio Paz tiré de Liberté sur parole.
Deux corps
Deux corps face à face
Parfois sont deux vagues
La nuit est océan.
Deux corps face à face
Parfois sont deux pierres
La nuit un désert.
Deux corps face à face
Sont parfois racines
Enlacées la nuit.
Deux corps face à face
Parfois sont deux larmes
La nuit étincelle.
Deux corps face à face
Sont deux astres qui tombent
Dans un ciel vide.
*toile de Deborah DeWit Marchant
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