C’était la rentrée pour nombre d’élèves montréalais il y a quelques jours. Ce sera le cas de nombreux autres en Europe dans les prochains jours, ce qui m’a donné l’idée de vous offrir cette illustration de circonstance, signée Alida Saxon.
À vous maintenant de nous raconter ce qu’elle évoque pour vous. De nous parler de vous, si cela vous dit, ou d’inventer une histoire à partir de cette image. Ce n’est que que dimanche prochain que les commentaires seront validés, et pas avant. Vous avant donc beaucoup de temps devant vous!
D’ici là, bonne rentrée, bon dimanche et bonne semaine à tous!

3 réponses
Comme un feu qui s’éteint
Un soleil qui s’endort
Une histoire qui prend fin
Même si l’amour aime encore
D’autant que je me souvienne
On ne s’était rien promis
Ni Venise ni Vienne
Ni Londres ni Paris
Juste quelques bonheurs
Quelques baisers fougueux
Et dans un coin de nos cœurs
Le souvenir de nous deux
Pas de larmes ni de chagrin
Rien ne vit pour toujours
Tout ce qui vit prend fin
Même s’il nous reste l’amour
Ses ongles griffent le mur,
Et elle désespère.
Comment garder le plaisir pur
Du repos et de la lumière?
Rester dans l’été.
Dans le matin qui se lève.
En toute liberté,
Vivre ses rêves.
Déjà la voilà écrasée
Par les tonnes de contraintes.
Et elle n’ose avancer
Vers le carcan de l’étreinte.
Ses ongles griffent le mur.
Elle voudrait rester en arrière.
Rester dans le plaisir pur
Des jours passés à ne rien faire.
Ne pas marcher vers la douleur,
Rester dans l’émerveillement.
Et garder triomphante au coeur
La grâce rouge, rouge et vive, du ravissement.
L’uniforme était sévère – encore que joli, en ce début d’automne – l’école permettait quelques fantaisies, les manches courtes, une petite médaille, mais d’ici quelque temps, avec le froid revenu, il faudrait sortir les pulls marine, les collants, et peut-être, enfin, ce serait un progrès, le pantalon ! Ah! Elle l’attendait, de porter le pantalon. Il faudrait encore un peu de temps peut-être, pour convaincre les parents.
Comme sa mère. Elle l’avait un jour accompagnée pour faire les magasins. Sa mère voulait s’acheter un tailleur. La maison de couture était réputée et les jeunes employées s’étaient empressées. Marie – sa mère – avait essayé un ensemble pantalon, veste sans manches, chemisier assorti, (le chemisier était en soie ivoire et gris clair, avec des manches larges, vraiment joli), et cela lui donnait une allure folle. Elle avait vu sa mère métamorphosée en quelques minutes.
Mais rien n’y avait fait, ni son enthousiasme ni son insistance, ni les hochements approbatifs des vendeuses, malgré son allure, sa minceur, son côté élancé, elle avait acheté – le chemisier tout de même, mais la version tailleurs jupe veste Chanel, et qui la rendait absolument pareille à tout le monde.
Or, sa mère n’était pas comme tout le monde. Cela aurait été mieux qu’elle achète le tailleur pantalon, qu’elle retourne suivre des cours de dessin, puisque c’est ça qu’elle aimait, au lieu de rester à la maison et de tarabuster toute la famille.
Elle plus tard, elle s’habillerait comme elle le voudrait. Du moins l’avait-elle pensé en nouant la cravate, jolie la cravate après tout. Ce n’était quand même pas une telle galère finalement, cet uniforme. Et puis, cette année, elle entrait en section latin et grec. Ce serait gai.
Car, plus tard, elle voulait être écrivain !
Ah! C’est qu’on ne doute de rien à quatorze ans… Ecrivain ! Rien que ça !