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Maria Lourdes

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J’ai vu des enfants en photo quand ils n’avaient six et sept ans. J’ai aussi vu la cape qu’elle qu’elle est en train de tricoter pour sa petite-fille de quatre ans. Et la photo de son mari quand elle m’a emmenée au mausolée un samedi matin. Je sais aussi que son fils ne voit plus, ne marche plus, qu’une méningite a modifié le cours de sa vie il y a 27 ans, alors qu’il avait 17 ans. Je sais qu’elle va passer toutes ses journées avec lui, maintenant qu’elle a pris sa retraite. Où elle a travaillé pendant un quart de siècle, où elle a habité en arrivant ici, où elle vit maintenant et même où elle a un appartement, près de Lisbonne.

Je peux la croiser trois jours de suite à l’arrêt d’autobus et faire un bout de trajet avec elle, et ne plus la voir pendant plus d’une semaine. Bien sûr que je pourrais lui téléphoner : j’ai son numéro de téléphone. Mais j’attendrai qu’elle me dise que je peux le faire. Je ne m’immisce pas dans la vie des gens. Et pourtant, j’aime quand Maria Lourdes me parle du Lisbonne où elle a grandi. J’aime quand elle me parle avec gourmandise de la cuisine de son pays natal. Des odeurs de cette ville. Du Taje. De Porto où son frère vit.

Le reste, je l’imagine. Les livres qu’elle ne lit peut-être pas. Un décor qui ressemble à celui de la lectrice d’Albert Reuss, mais qui n’a peut-être rien du sien.

Je ne sais que ce qu’elle me raconte quand je la rencontre. Et pourtant, je l’ai croisée souvent, des semaines même, avant que je ne lui adresse la parole. Ce jour-là, elle portait un t-shirt avec le drapeau du Portugal.

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