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Les vers de Corinne 3

Le fleuve transporte les songes
d’île en île

parfois un morceau se détache
et prend forme au contact du limon

c’est ainsi que naissent les statues
fiertés de la lune
où s’entassent une à une nos absences

Corinne Larochelle, De quelle bouche sommes-nous?

*choix de la lectrice de Louis Welden Hawkins

Un roman? Pas vraiment

mengele

Une fois de plus, et ce ne sera sûrement pas la dernière fois que ça m’arrivera, je demeure perplexe en refermant un livre qui a été louangé par la critique au point qu’on lui accorde le prix Renaudot.

En effet, je me demande encore pourquoi Olivier Guez, en ajoutant des détails forcément inventés, a choisi de faire de La disparition de Josef Mengele un roman plutôt qu’une enquête journalistique. Car c’est de cela qu’il s’agit. D’une véritable enquête afin de comprendre comment le médecin tortionnaire d’Auschwitz a pu échapper à la justice en se réfugiant en Argentine et en laissant (presque) tout derrière lui.

Et quand on considère ce livre comme tel, et qu’on ne s’attarde pas trop à examiner de près les supposés faits à propos de l’intimité de Mengele, mais plutôt à prendre connaissance de toutes les façons qu’il a utilisées pour ne jamais se retrouver en mauvaise posture, on se laisse prendre par la lecture de ce livre.

Mais je le redis, ce n’est pas ce que j’appelle un roman. Et ce n’est pas un prix qui va rendre ce livre meilleur qu’il ne l’est vraiment. Mais au moins, Olivier Guez ne nous rend pas ce monstre sympathique. Et, si l’on ne savait pas d’avance que Mengele ne serait jamais pris au filet, on aurait presque pu espérer qu’un jour l’étau se referme sur lui tant il a parfois été à deux doigts d’être démasqué. Mais l’on savait.

Tout compte fait, hormis l’étiquette roman qu’on a donnée à cette enquête, qui me laisse perplexe, La disparition de Josef Mengele est un ajout éclairé à la large bibliothèque de titres portant sur cette part de l’Histoire qui devient de plus en plus méconnue à mesure que nous avançons dans le XXIe siècle. Et à cet égard, ce livre vaut la peine d’être lu.

Les couleurs des Pouilles

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Ces magnifiques couleurs sont une véritable invitation à aller en Italie.
Et plus précisément à visiter les Pouilles

Les vers de Corinne 2

Aucun mot n’interrompt
l’étendue des dunes
aucun ailleurs

tu t’approches du lieu
de la déchirure
tu tâtes le sable
tu t’effaces
sans savoir créer autre chose
que l’absence

Corinne Larochelle, De quelle bouche sommes-nous?

*choix de la lectrice de Ray Tsang

Trop factuel à mon goût

delbo

Je m’attendais à beaucoup en ouvrant le livre Charlotte Delbo, poète de la mémoire. À trop? Peut-être. Je ne sais si c’est pour cette raison que j’ai été déçue par ma lecture.

Pourtant, la résistante Charlotte Delbo et les grandes lignes de son parcours, en passant par la rencontre avec son mari, son travail auprès de Louis Jouvert et son emprisonnement au camp d’Auschwitz, sont bien présentés. Mais tout cela reste bien factuel, et j’ai eu du mal à composer avec si peu d’émotions.

Est-ce le choix de l’auteure? De l’éditeur?
Je sais simplement que demeurer à la surface des choses a grandement nui à mon intérêt et que même si le livre est fort bien documenté, je ne le recommanderais pas. Et pourtant, j’aurais tant voulu pouvoir le faire.

Je me rabattrai donc sur les livres écrits par Charlotte Delbo elle-même pour aller au-delà des faits. Pour une vision de l’intérieur.
À suivre, donc.

Des coquillages et une étoile de mer

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Il y a déjà eu des coquillages et des étoiles de mer au pays de Lali.
Et il y en aura d’autres, car c’est un sujet dont je ne me lasse pas…

Ce que mots vous inspirent 2466

PURCELL (Kristian)

N’essaie jamais de redresser une branche tordue, personne ne fait violence à la nature. (Ménandre)

*toile de Kristian Purcell

Les vers de Corinne 1

Remarque le mouvement
de la lune avant de t’éloigner

une danse qui comble l’espace entre chaque trace
ente chaque bouche habitée, abandonnée

si en plus de l’amour
il fallait perdre la terre

Corinne Larochelle, De quelle bouche sommes-nous?

*choix de la lectrice de Jackie Knight

La poupée de Ting-Ting

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Coup de cœur pour ce magnifique album plein de douceur, malgré la tristesse qui se dégage de celui-ci à prime abord, alors que Ting-Ting s’aperçoit qu’elle a perdu sa poupée. Et une poupée bien spéciale parce que fabriquée par son père disparu. Le peu qu’il lui reste de lui.

Mais la poupée n’est nulle part. Ni dans la maison, ni là où elle a oublié la veille son chapeau. Elle a dû se retrouver parmi les poupées que sa mère est partie vendre au marché ce matin alors qu’elle passait la journée avec sa grand-mère.

Elle ne la reverra donc pas. Cette poupée était si belle avec ses joues du rouge des pétales de coquelicots qui ont servi à son père pour la réaliser. Et surtout, cette poupée était à sa ressemblance.

La perdre, c’est perdre son père une deuxième fois. Ting-Ting est donc inconsolable.

Mais de là-haut, un bel héron veille sur la petite. Est-ce la réincarnation de son père? Peut-être. Mais ce héron ne la perd jamais des yeux. Si bien qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que Ting-Ting retrouve sa poupée. Même s’il n’est qu’un oiseau et que ses moyens d’agir sont limités.

Cela donne un merveilleux conte. Un magnifique album.

L’écriture toute en finesse de Ghislaine Roman y est pour beaucoup. Jamais le mot « mort » n’est écrit nulle part. À nous de le deviner. De plus, les illustrations signées Régis Lejonc sont empreintes de tendresse, ce qui ajoute à cet album à mettre entre toutes les mains.

Pour souligner le 25 avril

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La Révolution des Œillets fête ses 45 ans cette année.
Pour souligner ce jour important pour les Portugais et pour la démocratie, ces œillets peints par Barete, une carte postale offerte par mon ami Sylvain, un véritable dénicheur de trésors.