Lire, c’est peut-être avoir la tête dans les nuages, comme semble vouloir le dire cette carte postale envoyée d’Allemagne par Anja.
Lire, c’est peut-être avoir la tête dans les nuages, comme semble vouloir le dire cette carte postale envoyée d’Allemagne par Anja.
Un pont de couleurs
qui relie ciel et terre
un arc-en-ciel.
Germain Droogenbroodt, Gouttes de rosée
*choix de la lectrice d’Emma Ersek
Quand j’ai commencé à travailler en librairie, au début des années 1980, les livres portant sur le deuil étaient une denrée rare alors que la demande était tout autre. Mais les choses ont changé au fil des ans. Il n’est plus seulement question du décès de grands-parents dans les albums jeunesse. Les raisons ne sont plus floues. Les albums d’aujourd’hui n’hésitent pas à parler de cancer, à aborder la mort d’un parent, d’un enfant, d’un ami, d’un frère ou d’une sœur.
La peine de Sophie-Fourire traite de la mort accidentelle, du vide laissé dans la vie de Sophie et de son père, du rire qui a disparu de leur vie, des grimaces devenues impossibles, alors qu’elles étaient source de joie et rires pour la mère et la fille, et pour le père qui les prenait en photo.
Les photos sont rangées. Bien loin. Tout comme le rire qui est maintenant coincé dans la gorge, sans possibilité de s’exprimer, de prendre toute la place, comme il le faisait avant. Avant la mort. Avant que le père ne soit plus en mesure de parler. Avant que rien ne soit plus comme avant.
Mais la vie est pourtant là, qui attend son heure. Prête à jaillir. Cascades de rires et grimaces sont là, tout près. Et Sophie saura trouver comment les susciter à nouveau. Parce que a vie est plus forte que la mort.
L’album écrit par Nadine Poirier s’avère une belle façon de montrer aux enfants ce que peut vivre un autre enfant lorsqu’il perd un parent autant qu’un album pour accompagner l’enfant qui vit un deuil, surtout que les illustrations signées Amélie Dubois sont des merveilles de douceur.
Si un jour vous vous promenez du côté des Rhodopes, en Bulgarie, un refuge hors ce l’ordinaire risque de surgir au détour d’un sentier…
Peinture silencieuse
signes blancs sur toile bleue
poésie de nuages.
Germain Droogenbroodt, Gouttes de rosée
*choix de la lectrice d’Ion Musceleanu
Je suis friande d’abécédaires, mais il est rare que j’en trouve qui se démarquent. C’est donc avec joie que j’ai lu et relu Le jour où Zoé zozota, un album de Pierre Pratt. Sans me lasser. Bien au contraire, car le plaisir a été grandissant à chacune de mes lectures.
Ceci est probablement dû à son côté non traditionnel. Au fait que nulle part on ne retrouve les lettres de l’alphabet en majuscules ou en caractères gras pour qu’on ne perde pas de vue que la lettre M est mise à l’honneur sur cette page ou que les mots illustrés ont tous un lien avec le J.
Les lettres de l’alphabet sont pourtant toutes illustrées, et dans l’ordre. Mais ce qui les lie entre elles est une sorte d’histoire, de regard sur le quotidien, sur les gestes des uns et des autres. Qui laissent perplexe, qui font sourire, qui étonnent, qui pourraient être des débuts d’histoires. Par exemple : Gloria Goulu se surprit à gazouiller, Jean Jarret Junior jugea que c’était maintenant ou jamais, Toto Tarentino but tout le Tabasco, Neptune Nelson évita la noyade.
Les possibilités qu’offre cet album sont presque infinies. On peut l’utiliser comme un véritable abécédaire et repérer chacun des mots reliés à la lettre mise en évidence. On peut écrire une histoire à partir de l’image sans tenir compte du texte qui l’accompagne, ou alors à partir de celle-ci. Ou juste la raconter à haute voix. Pour le plaisir d’imaginer, de créer, de partager.
Un livre qui devrait être dans toutes les écoles. Et dans toutes les maisons. Il n’y a pas d’âge pour rêver et pour inventer.
Cet album est un véritable bijou, rien de moins.
Faisons fi de la faute d’orthographe et montons à bord.
Cette illustration d’un artiste non indiqué (et introuvable malgré mes recherches) en provenance de Chine donne envie de voyager!
La société québécoise part souvent en croisade pour défendre le français, mais elle le fait trop souvent contre le mauvais ennemi, contre l’anglais et les anglophones, au lieu de s’attaquer à l’ennemi intérieur, c’est-à-dire notre manière approximative de nous exprimer… (Simon Lanctôt)
*toile d’Andrew Judd
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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