Commentaires récents
Admin:
Archives:
Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 7

COLSON (Ricky) - 2

Je me rappelle un jour d’orage;
J’étais jaloux de tous ces flots
Qui venaient, chacun à son tour,
Ramper, pleins d’amour, à tes pieds!
J’aurais voulu, comme la mer,
Effleurer ces pieds de mes lèvres!
Non, jamais à l’époque folle
Où ma jeunesse s’exaltait,
Je n’ai désiré aussi fort
Baiser les lèvres des Armides,
Les roses en feu de leurs joues,
La douce langueur de leurs seins;
Non, jamais l’élan du désir
N’a si fort torturé mon âme.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Ricky Colson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 6

COONAN (Emily)

Dommage qu’inutilement
La jeunesse nous fût donnée.
Nous la trahîmes à chaque instant,
Et par elle fûmes dupés,
Ainsi nos désirs les meilleurs,
Ainsi nos rêves pleins de fraîcheur,
Comme des feuilles, par le temps d’automne pourri,
Vite en poussière, se sont réduits.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile d’Emily Coonan

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 5

CURTIS (Rita) - 4

J’avais comme lui rejeté
Le poids des vanités mondaines;
Et nous liâmes amitié.
J’aimais en lui son fier visage,
Son inclination à rêver,
Son étonnante étrangeté
Et la rigueur de son esprit.
J’étais aigri; il était sombre.
Nous connaissions tout des passions.
La vie nous avait épuisés.
Nos cœurs avaient perdu leur feu.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Rita Curtis

En vos mots 512

MOSZ (Gosia) - 2

Le livre est resté ouvert sur la table. Est-ce un livre de recettes? Un dictionnaire? Un recueil de poèmes? À vous de nous raconter en vos mots ce que dissimule ou met en évidence ce livre de l’illustratrice Gosia Mosz, comme vous le faites si bien dimanche après dimanche depuis près de dix ans.

C’est avec plaisir que nous lirons autant les textes que vous avez déposés sur la scène livresque de dimanche dernier qui viennent tout juste d’être validés que ceux qui le seront dans sept jours puisque les commentaires ne sont validés qu’au moment où une nouvelle scène livresque vous est offerte.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 4

CHIASSON (Denis) - 27

Or notre été caricature
Le tiède hiver méridional,
Il brille et meurt – la chose est sûre,
Mais l’avouer nous ferait mal.
L’automne errait dans les parages,
Le ciel se chargeait de nuages,
Les jours, déjà, étaient plus courts,
Les arbres sombres, tour à tour,
Bruissaient, perdaient leurs feuilles sèches,
Le brouillard dormait sur les champs,
Les oies sauvages, en criant,
Partaient au sud – un temps, n’empêche,
Assez barbant s’inaugurait :
Déjà, novembre s’instaurait.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Denis Chiasson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 3

JOHNSON (Eastman) - 16

Le monde est trop fier pour me lire;
Je n’écris que pour mes amis.
J’aurais voulu te présenter
Un cadeau plus digne de toi,
Plus digne de ton âme fière
Où domine un rêve sacré,
De ta limpide poésie
Et de tes sublimes pensées.
Mais qu’importe! Sois indulgent.
Prends cette suite de chapitres
À la fois plaisants et tragiques,
Populaires et éthérés.
Ils disent, ces fruits de mes veilles,
De mes joueuses rêveries,
De ma jeunesse disparue,
Ce qu’a vu l’esprit trop lucide
Et ce que le cœur a souffert.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile d’Eastman Johnson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 2

JANMOT (Louis)

Les auteurs de vers larmoyants
Lisent leurs œuvres à leurs belles
En tête à tête. Et c’est, dit-on,
La plus belle des récompenses.
De fait, heureux l’amant timide
Qui lit le récit de ses rêves
À quelque beauté alanguie
Pour qui, en chantant, il soupire !
Heureux est-il… bien que, peut-être,
Elle pense à tout autre chose.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Louis Janmot

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 1

ajkpic 2

C’est le 29 janvier 1837 qu’est décédé l’écrivain russe Alexandre Pouchkine. Pour le souligner, les lecteurs peints par Rihard Jakopic ont choisi de mettre à l’honneur Eugène Onéguine, son célèbre roman en vers, paru chapitre par chapitre de 1825 à 1832, en lisant un extrait de celui-ci à haute voix et en invitant d’autres lecteurs à suivre leur exemple.
En commençant par celui-ci :
Il fut un temps où chaque auteur
Faisait choix d’un style sublime
Pour nous présenter son héros
Comme un parangon de vertu.
Cet objet de complaisances
Toujours victime d’injustices
Avait de l’esprit, un cœur tendre
Et un visage ensorcelant.
Docile à l’amour le plus pur,
Il était toujours enthousiaste
Et prêt à tous les sacrifices.
Vers la fin du dernier chapitre
Le vice était toujours puni
Et le bien recevait un prix.

Mais à présent tout est obscur.
La morale nous fait bâiller;
Le vice a du charme, et triomphe
Partout, même dans les romans.

Le peintre d’éventail 6

MORENO (Juan) - 1

Il manque une page
à mon vieux dictionnaire –
les mots de ma vie.

Hubert Haddad, Les haîkus du peintre d’éventail

*choix de la lectrice de Juan Moreno

Les chapeaux fous

30488065965_392bd093fa_o

Mon arrière-grand-mère, au doux prénom d’Eugénie, qui était modiste, aurait-elle aimé cette série de chapeaux, une carte postale envoyée par Eugénie?
En ce qui me concerne, j’adore cette imagination débridée qui a donné naissance à ceux-ci, sans pour autant avoir envie d’en porter un!