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Les récitations du dimanche 2

BREDIN (Rae Sloan) - 1

Petits lapons

Dans leur cahute enfumée
Bien soigneusement fermée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson!

Dehors on entend le vent
Pleurer ; Les méchants ours blancs
Grondent en grinçant des dents
Et depuis longtemps la mort
Le pâle soleil du nord!
Mais dans la brume enfumée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson…

Sans rien dire, ils sont assis,
Père, mère, aïeul, les six
Enfants, le petit dernier
Bave en son berceau d’osier:
Leur bon vieux renne au poil roux
Les regarde, l’air si doux!

Bientôt ils s’endormiront
Et demain ils reboiront
La bonne huile de poisson,
Et puis se rendormiront
Et puis, un jour, ils mourront!
Ainsi coulera leur vie
Monotone et sans envie…
Et plus d’un poète envie

Les braves petits lapons
Buveurs d’huile de poissons!

Georges Fourest
(dans Récitations d’enfance, anthologie signée Albine Novarino-Pothier et Béatrice Mandopoulos)

*toile de Rae Sloan Bredin

Les récitations du dimanche 1

BROWN (Glenda) - 4

Parce que c’est aujourd’hui la fête des Mères chez nous et dans d’autres pays, de même que l’anniversaire de ma filleule, j’ai choisi d’offrir aux mamans, grands-mamans et marraines lectrices, notamment à ce duo complice peint par Glenda Brown, des extraits du magnifique livre Récitations de notre enfance, un album fait d’illustrations, de photos en noir et blanc et de textes réunis par Albine Novarino-Pothier et Béatrice Mandopoulos, que vous pouvez feuilletez ici. Parce que j’aurais voulu qu’on m’offre ce livre s’il avait existé quand j’étais enfant et l’offrir à ma filleule par la suite.

À défaut de pouvoir le faire, il me reste le pays de Lali pour vous inviter dans cet univers de toute beauté fait d’images et de mots, comme ce très beau poème de Théophile Gautier :

Paysage

Pas une feuille qui bouge,
Pas un seul oiseau chantant ;
Au bord de l’horizon rouge
Un éclair intermittent ;

D’un côté, rares broussailles,
Sillons à demi noyés,
Pans grisâtres de murailles,
Saules noueux et ployés ;

De l’autre, un champ que termine
Un large fossé plein d’eau,
Une vieille qui chemine
Avec un pesant fardeau,

Et puis la route qui plonge
Dans le flanc des coteaux bleus,
Et comme un ruban s’allonge
En minces plis onduleux.