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Sous le signe de la paix 1

FEDDERSEN (Hans Peter)

Imaginons un journal où il ne serait pas question de ce qui s’est déroulé vendredi dans l’une des plus belles villes du monde. Imaginons un journal où il ne serait question que de paix. C’est ce que le pays de Lali vous propose aujourd’hui. Non pas pour taire l’inexplicable, mais en guise de solidarité et pour croire que tout est encore possible.

Comme l’affirme Nordahl Grieg dans cette citation choisie par la lectrice signée Hans Peter Feddersen : La paix n’est pas comparable à un objet précieux qui nous appartient. Il faut toujours la conquérir.

Les vers de Théodore 5

GREUZE (Jean-Baptiste) - 4

Sous un œil languissant et pleurant à demi

Sous un œil languissant et pleurant à demi,
Sous un humble maintien, sous une douce face,
Tu cache un faux regard, un éclair de menace,
Un port enorgueilli, un visage ennemi.

Tu as de la douceur, mais il y a parmi
Les six parts de poison ; dessous ta bonne grâce,
Un dédain outrageux à tous coups trouve place.
Tu aimes l’adversaire et tu hais ton ami,

Tu fais de l’assurée et tu vis d’inconstance,
Ton ris sent le dépit. Somme, ta contenance
Est semblable à la mer qui cache tout ainsi

Sous un marbre riant les écueils, le désastre,
Les vents, les flots, les morts. Ainsi fait la marâtre
Qui déguise de miel l’aconite noirci.

Théodore Agrippa d’Aubigné L’hécatombe à Diane

*choix de la lectrice de Jean-Baptiste Greuze

Un cœur et des livres

Livres, coeur et fleurs

La scène choisie par Tatyana m’a tout de suite fait sourire. C’est vrai que je ne me lasse pas des livres ouverts dont les pages forment des cœurs.

Les vers de Théodore 4

GRENVILLE (Hugo) - 30

Mille baisers perdus, mille et mille faveurs

Mille baisers perdus, mille et mille faveurs,
Sont autant de bourreaux de ma triste pensée,
Rien ne la rend malade et ne l’a offensée
Que le sucre, le ris, le miel et les douceurs.

Mon coeur est donc contraire à tous les autres cœurs,
Mon penser est bizarre et mon âme insensée
Qui fait présente encor’ une chose passée,
Crevant de désespoir le fiel de mes douleurs.

Rien n’est le destructeur de ma pauvre espérance
Que le passé présent, ô dure souvenance
Qui me fait de moi même ennemi devenir!

Vivez, amants heureux, d’une douce mémoire,
Faites ma douce mort, que tôt je puisse boire
En l’oubli dont j’ai soif, et non du souvenir.

Théodore Agrippa d’Aubigné, L’hécatombe à Diane

*choix de la lectrice signée Hugo Grenville

Chez soi…

Home is where you dop the anchor - illustration Elisandra
(illustration d’Elisandra)

J’ai longtemps pensé que la maison, c’était là où était votre cœur (Home is where your heart is), mais ce que me suggère cette carte envoyée par Astrid propose une affirmation qui me plait tout autant, sinon plus : Chez soi, c’est là où on jette l’ancre.

Ce que mots vous inspirent 1572

FIRLE (Walter) - 4

Se sentir solidaire n’empêche pas de rester solitaire. (Louis Pauwels)

*toile de Walter Firle

Les vers de Théodore 3

HOLTER (Wilhelm) - 1

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant

Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant
Cent amoureux sonnets donnés pour mon martyre,
Si peu de mes langueurs qu’il m’est permis d’écrire
Soupirant un Hécate, et mon mal gémissant.

Pour ces justes raisons, j’ai observé les cent :
A moins de cent taureaux on ne fait cesser l’ire
De Diane en courroux, et Diane retire
Cent ans hors de l’enfer les corps sans monument.

Mais quoi ? puis-je connaître au creux de mes hosties,
A leurs boyaux fumants, à leurs rouges parties
Ou l’ire, ou la pitié de ma divinité?

Ma vie est à sa vie, et mon âme à la sienne,
Mon cœur souffre en son cœur. La Tauroscytienne
Eût son désir de sang de mon sang contenté.

Théodore Agrippa d’Aubigné, L’hécatombe à Diane

*choix de la lectrice de Wilhelm Holter

Hear me calling

Hear me calling - toile de Catherine Welz-Stein

Cela fait quelques années que j’ai découvert le travail de Catherine Welz-Stein. C’est chaque fois un bonheur immense de me plonger dans une de ses créations. Ainsi, celle-ci, intitulée Hear me calling, envoyée par Nathalie.

Ce que mots vous inspirent 1571

BACON (Henry) - 2

Il faut laisser le passé dans l’oubli et l’avenir à la providence. (Jacques-Bénigne Bossuet)

*toile signée Henry Bacon

Les vers de Théodore 2

McMAHON WHITE (Alice)

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise

Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa fournaise.

De courroux, ses marteaux, il tourmente notre aise
Et sur la dureté, il rabat nos malheurs,
Elle lui sert d’enclume et d’étoffe nos cœurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il apaise,

Afin que l’apaisant et mouillant peu à peu
Il brûle d’avantage et rengrège son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperai l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflamme
Qu’il noiera sa fournaise au lieu de l’arroser.

Théodore Agrippa d’Aubigné, L’hécatombe à Diane

*choix de la lectrice d’Alice McMahon White