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Soleil couchant sur la seine à Lavacourt

Soleil couchant sur la seine à Lavacourt

Trouver dans sa boîte aux lettres une toile qu’on aime, comme celle-ci, signée Claude Monet, est toujours un bonheur…

Ce que mots vous inspirent 1399

ZOSHCHENKO (Mikhail)

Le courage est le juste milieu entre la peur et l’audace. (Aristote)

*toile de Mikhail Zoschenko

Les beaux miracles 4

PRONASZKO (Zbigniew) - 1

L’obscurité naturelle
passe sans voir ce poème!
Saurais-je achever la nuit
aussi simplement
si je tarde encore
à éteindre la lampe?

Henri Falaise, Les beaux miracles

*choix de la lectrice de Zbigniew Pronaszko

Un dimanche avec Sully Prudhomme 10

OCONNOR (Kathleen Letitia)

Le dernier adieu

Quand l’être cher vient d’expirer,
On sent obscurément la perte,
On ne peut pas encor pleurer :
La mort présente déconcerte;

Et ni le lugubre drap noir,
Ni le dies irae farouche,
Ne donnent forme au désespoir :
La stupeur clôt l’âme et la bouche.

Incrédule à son propre deuil,
On regarde au fond de la tombe,
Sans rien comprendre à ce cercueil
Sonnant sous la terre qui tombe.

C’est aux premiers regards portés,
En famille, autour de la table,
Sur les sièges plus écartés,
Que se fait l’adieu véritable.

(Sully Prudhomme)

*toile de Kathleen Letitia O’Connor

Un dimanche avec Sully Prudhomme 9

MURCKO (Bill) - 1

Silence

La pudeur n’a pas de clémence,
Nul aveu ne reste impuni,
Et c’est par le premier nenni
Que l’ère des douleurs commence.

De ta bouche où ton cœur s’élance
Que l’aveu reste donc banni!
Le cœur peut offrir l’infini
Dans la profondeur du silence.

Baise sa main sans la presser
Comme un lis facile à blesser,
Qui tremble à la moindre secousse;

Et l’aimant sans nommer l’amour,
Tais-lui que sa présence est douce,
La tienne sera douce un jour.

(Sully Prudhomme)

*toile de Bill Murcko

Un dimanche avec Sully Prudhomme 8

MURRAY (Lena) - 1

Soupir

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais, fidèle, toujours l’attendre,
Toujours l’aimer.

Ouvrir les bras et, las d’attendre,
Sur le néant les refermer,
Mais encor, toujours les lui tendre,
Toujours l’aimer.

Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
Toujours l’aimer.

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d’un amour toujours plus tendre
Toujours l’aimer.

(Sully Prudhomme)

*toile de Lena Murray

Un dimanche avec Sully Prudhomme 7

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Le temps perdu

Si peu d’œuvres pour tant de fatigue et d’ennui!
De stériles soucis notre journée est pleine :
Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,
Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui…

« Demain! J’irai demain voir ce pauvre chez lui,
« Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,
« Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,
« Demain je serai juste et fort… pas aujourd’hui. »

Aujourd’hui, que de soins, de pas et de visites!
Oh! L’implacable essaim des devoirs parasites
Qui pullulent autour de nos tasses de thé!

Ainsi chôment le cœur, la pensée et le livre,
Et, pendant qu’on se tue à différer de vivre,
Le vrai devoir dans l’ombre attend la volonté.

(Sully Prudhomme)

*toile de Zeynep Nazan Ergincan

Un dimanche avec Sully Prudhomme 6

NELSON (Richard Christian)

Trop tard

Nature, accomplis-tu tes œuvres au hasard,
Sans raisonnable loi ni prévoyant génie?
Ou bien m’as-tu donné par cruelle ironie
Des lèvres et des mains, l’ouïe et le regard?

Il est tant de saveurs dont je n’ai point ma part,
Tant de fruits à cueillir que le sort me dénie!
Il voyage vers moi tant de flots d’harmonie,
Tant de rayons qui tous m’arriveront trop tard!

Et si je meurs sans voir mon idole inconnue,
Si sa lointaine voix ne m’est point parvenue,
A quoi m’auront servi mon oreille et mes yeux?

A quoi m’aura servi ma main hors de la sienne?
Mes lèvres et mon cœur, sans qu’elle m’appartienne?
Pourquoi vivre à demi quand le néant vaut mieux?

(Sully Prudhomme)

*toile de Richard Christian Nelson

Un dimanche avec Sully Prudhomme 5

NEUMAYER (Marwine)

Le premier amour

Comme un verre intact, avant l’heure
Où le remplira l’échanson,
Au plus léger coup qui l’effleure
Vibre d’un sonore frisson,

Mais pour la fugitive atteinte
N’a plus de soupir cristallin,
Et ne tressaille ni ne tinte
Sans aucun heurt dès qu’il est plein,

Le jeune cœur, vivant calice,
Frémit plaintif au moindre appel,
Avant que l’Amour le remplisse
De son généreux hydromel;

Mais, quand cet échanson céleste
L’a, soudain, comblé jusqu’au bord,
Plus rien n’y bat pour tout le reste;
Silencieux, il paraît mort;

C’est qu’il peut dédaigner la terre,
Il aime ! le ciel est entré
Dans sa profondeur solitaire :
Il est immuable et sacré.

(Sully Prudhomme)

*toile de Marwine Neumayer

En vos mots 414

DOBOUJINSKI (Mstislav Valerianovitch)

Parce qu’après quelques jours doux qui laissaient supposer que le printemps s’installait, les montagnes de neige accumulée ayant largement fondu, la neige recouvre à nouveau le sol, j’ai choisi cette scène peinte par Mstislav Valerianovitch Doboujinski pour vous montrer à quoi ressemble un peu mon décor en ce dimanche matin de mars.

À vous, la suite. À vous de me raconter en vos mots une histoire pour me faire oublier le retour de l’hiver, que j’ose temporaire, tant j’ai hâte de revoir les tulipes, tant j’ai envie de voir la mer.

Aucun texte ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous donne beaucoup de temps pour écrire. Assez pour que l’hiver disparaisse? Je vous le dirai.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!