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Le secret de Sara

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Marie, quand elle s’adresse à sa voisine qui lui apprend la musique, l’appelle tout simplement Sara. Marie ne dit jamais « Madame Tannenbaum ». Marie ne connaît pas l’histoire de Sara. Elle sait que Sara est vieille, qu’elle a des provisions pour tenir un siège, qu’elle ne veut pas que Marie touche au piano quand elle a les doigts sales. Elle sait aussi que Marie est souvent triste. Et peut-être même qu’elle n’a jamais eu huit ans, car elle lui a demandé comment c’était d’avoir huit ans.

Marie voudrait tant voir sourire Sara. Savoir quel est ce secret qui pèse sur ses épaules et la fait se ployer alors que Marie voudrait lui montrer le soleil et puis toutes ces petites choses qui font qu’avoir huit ans est le plus bel âge de la vie. Mais comment faire?

Sara voudrait bien oublier. Avoir huit ans pour la première fois. Retrouver cet âge qu’on lui a volé à tout jamais. Faire de la musique pour le plaisir, chanter et même danser. Enlever aux leçons leur rigueur. Aimer la petite Sara sans avoir peur que celle=ci l’abandonne, Mais comment faire?

Et si, tout simplement, parce que Marie a vu une photo de Sara à son âge, elles avaient toutes les deux huit ans le temps d’un après-midi? Ou peut-être même davantage?

Le secret de Madame Tannenbaum que l’enfant ne découvre qu’à la fin, après ces images où elle porte une étoile jaune, est un album bouleversant dans son sens premier, mais aussi à cause de l’économie de mots pour que l’évocation de ce dont on ne dira rien soit suffisante. C’est aussi un album tendre, un album écrit avec les mots du cœur, illustré avec les yeux du cœur.

Pour toutes les Sara Tannenbaum de la terre, pour tout ce qu’elles ont vécu, autrefois, pour tout ce qui les empêche de vivre certains jours, pour qu’on n’oublie jamais.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Bientôt le printemps?

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Le froid glacial des derniers jours ne le laisse pas présager. Et il y a encore beaucoup de neige dans les allées du Jardin botanique de Montréal pour qu’on puisse rêver voir sortir de terre dans un avenir rapproché quelques jonquilles et tulipes…

Ce que mots vous inspirent 1134

SULLY (Thomas) - 7

L’idéalisme est une forme convenue de l’espérance. (Georges Braque)

*toile de Thomas Sully

Les nomades 5

WAGSTAFF (Adele)

il y a des êtres de peu d’importance
dont le nom figure sur nul registre

il y a des jours où
l’on soupire
tu manques à mon ombre
pour dire l’absence
de l’aimé

Abdourahman A. Waberi, Les nomades, mes frères, vont boire à la Grande Ourse

*choix de la lectrice d’Adele Wagstaff

Ce que mots vous inspirent 1133

SUSPERREGUI (Sergio)

Chaque jour qui débute est une page vierge du livre de notre vie. Il nous appartient d’y écrire les mots qui feront croître notre bonheur et disparaître les maux des pages précédentes. (Michel Dechamplain)

*toile de Sergio Susperregui

Les nomades 4

WEISS (Wojciech) - 8

Trêve

je sème ma voix aux quatre coins de la ville
l’eau y dessine le temps
je mêle mon corps aux effluves
remontant de la nuit
j’y noie mon désarroi
je cherche dans tes yeux nos querelles d’antan
les clans défaits tissent la toile de leur discorde
je demande aux plantes grasses de me rendre
ma tendre mémoire

indécise tu écoutes les bruissements
de ma brisure
tu remets à demain
l’approche de la nuit

Abdourahman A. Waberi, Les nomades, mes frères, vont boire à la Grande Ourse

*choix de la lectrice de Wojciech Weiss

De jolies choses…

Paris - Arc de Triomphe

Grâce à cette carte postale que j’ai reçue récemment, j’ai découvert le travail de l’illustratrice Martine Rupert. Ce qu’elle fait de jolies choses, vous ne trouvez pas?

Ce que mots vous inspirent 1132

REECE (Petra) - 1

Il faut se ressembler un peu pour se comprendre, mais il faut être un peu différent pour s’aimer. (Paul Géraldy)

*toile de Petra Reece

Les nomades 3

WEN JIE (Dong) - 4

Désirs

je suis le bruissement du monde
le balancement inapaisé entre ici et ailleurs
la frondaison muette du cactus
le bois rugueux qui recouvre le gecko
les rais du caméléon jaune soleil
le lit du livre-monde
où les pages sont autant des vagues de la quête
toujours recommencée

Abdourahman A. Waberi, Les nomades, mes frères, vont boire à la Grande Ourse

*choix de la lectrice de Dong Wen Jie

La guerre des mots

Impression

Le titre et l’idée m’avaient conquise. Mais il faut plus que cela pour faire un bon livre. Il faut y mettre le temps et aller au-delà du clin d’œil. Ne pas demeurer à la surface des choses.

C’est pourtant ce qu’ont fait Thierry Dedieu et Frédéric Marais avec La guerre des mots, un album qui s’adresse aux cinq ans et plus selon l’éditeur. Lequel raconte comment les mots ont décidé de reprendre le pouvoir actuellement dans les mains des chiffres, qui sont désormais partout. Pas moyen de faire un pas, de poser un geste ou de mettre en route un projet sans qu’ils n’interviennent et usurpent la place accordée autrefois aux mots.

À la guerre comme à la guerre! En deux temps trois mouvements, voici les chiffres éliminés. Mais peut-on vivre sans chiffres? Il suffit de signer un traité de paix afin que chacun ait sa place.

C’est tout simple, non? Simpliste, même. Et avec des illustrations sans intérêt, voire, dans certains cas, carrément laides.

Et pourtant, j’aimais le titre et l’idée.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2