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Pour vous faire sourire

Parce que j’aime aller ici et là sur la toile, de lien en lieu, à partir de mots clés ou d’un site, il m’arrive de me retrouver dans des endroits inattendus et réjouissants. C’est ainsi que j’ai découvert les illustrations de Kow Fong, originaire de Singapour, qui devraient vous faire sourire.

Ce que mots vous inspirent 984

Assieds-toi au pied d’un arbre et avec le temps tu verras l’univers défiler devant toi. (Proverbe africain)

*toile de Walter Launt Palmer

Chute 1

La larme du silence
tranche la langue

Rage enlacée aux doigts

Explosions
dérobées à l’instant
en chute libre

Claudine Bertrand, Chute de voyelles

*choix de la lectrice de Børge Kjeldstad

Une photographe et des regards

Infatigablement poursuivre
des étincelles de mouvement
étranges communiqués
à la sortie des gares
au détour des parcs
dans les rues piétonnes

Tel est le regard de Corinne Larochelle sur le travail de la photographe américaine Diane Arbus (1923-1971) dans Femme avec caméra, où prose et poésie s’entrecroisent afin de rendre hommage à l’artiste visionnaire et hors normes et à lui prêter sa voix quand la poète se glisse dans la peau de la photographe alors qu’elles déambulent du même pas dans un New York inspirant. Marginaux, marginalisés, impudiques pour ceux qui ne veulent pas qu’on montre le véritable côté des choses, la noirceur de ce monde où on cache ce qui ne doit pas dépasser, tels sont ceux et celles que Diane Arbus a pris en photo. Ceux et celles dont elle fait apparaître les visages et les corps dans les bacs où ils se dévoilent, figés désormais pour l’éternité.

C’est dans la chambre sans volets
en manipulant les négatifs
qu’elle perd les antennes
de la ville.

Et tandis que la poète la regarde et que nous la regardons avec elle, la photographe, par l’entremise de ses portraits, de ses scènes, construites ou prises sur le vif, nous invite à aller au-delà du regard premier, de l’impression de départ. C’est là une des forces de Femme avec caméra : l’omniprésence des photos, des sujets, alors qu’il n’y a que des mots.

Accepter d’entrer dans cet univers, c’est suivre Diane Arbus sans lui demander où on va. Et voir ce qu’elle voit. C’est suivre Corinne Larochelle là où elle voudra bien nous emmener. Et examiner ce qu’elle a choisi d’éclairer.

C’est ce que je ferai aujourd’hui : me placer entière dans l’irrégularité du cadre.

À l’aide!

Je n’arrive pas à me relever! criait-il.

Heureusement, de petits pieds ont accouru afin de sauver son compagnon de jeu de cette mauvaise position…

Ce que mots vous inspirent 983

La prudence, c’est la peur marchant sur la pointe des pieds. (Miguel Zamacoïs)

*toile de Jindrich Pevny

Les murs de brouillard 2

Verrou

On ne se sépare pas si facilement
de ce qu’on a été.

Des chaînes pèsent.
Un faune en songe les dénoue.

Au matin, le piège s’est refermé
avec son verrou en fer.

La détresse se couche dans l’herbe haute.

Yolande Villemaire, Les murs de brouillard

*choix de la lectrice de Brad Smith

Parcours littéraire 11

Les lecteurs de l’artiste Tiago Albuquerque vous suggèrent de visiter ce lien, qui a servi d’inspiration aux visites du jour. Amusez-vous!