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Un pont 2

La poussière dessine le détail d’une main
comme le temps façonne la pierre
je recueille les cendres des heures brûlées
et l’incandescence d’un nom prononcé du bout des lèvres
Je m’étais égaré quand j’y pense
Sur la table les pierres posent d’étranges questions
hors du temps des poèmes presque parfaits
les dates imprécises donnent de la durée
une image que j’avais oubliée
.

Claude Paradis, Un pont au-dessus du vide

*choix de la lectrice de Lena Murray

Le piano de mamie

Un piano. Un immense piano. Un piano encombrant qui occupe une pièce a lui seul, si grand qu’on peut à peine le contourner. Un piano sous lequel on peut s’asseoir en se contorsionnant un peu ou sur lequel on peut s’allonger. Un piano muet parce que personne n’en joue. Mais un piano qu’on respecte. C’était le piano de mamie. Mamie récemment décédée.

Mais jusqu’à quel point le souvenir de mamie peut-il être lié à ce seul objet? De plus, silencieux? C’est à cette question que tente de répondre Le piano, un album signé Marion Duval, au moyen d’images éloquents et de très peu de mots.

Puis, un jour, on accepte de laisser partir le piano. Parce qu’un ami sait en jouer et que l’instrument pourra ainsi vivre à nouveau, ce que mamie aurait sûrement souhaité. Départ qui donne à chacun l’occasion de respirer à nouveau. Comme si le cœur se désencombrait du deuil en disant au revoir au piano.

Le piano : un très beau livre sur le deuil et aussi sur la musique, celle qui demeurera même si ce n’est plus mamie qui joue.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Sortez vos plumes et vos stylos!

Vous avez encore 24 heures devant vous pour écrire quelques lignes afin de rendre vivante la toile de dimanche dernier. Puis-je compter sur votre participation?

*toile de Manuel Robbe

Un pont 1

La mémoire est un parfum évanoui
qu’on croit reconnaître parmi d’autres arômes
Ouvrir les yeux révèle le doute
de toute chose et de soi
Je cherche le milieu du jour
autour de la vérité d’un visage
Une absence retentit où se creuse la main.

Claude Paradis, Un pont au-dessus du vide

*choix de la lectrice de Sandra Batoni

Une adaptation peu réussie

Le violon, c’est l’adaptation romanesque du film éponyme de 1976 mettant en vedette le violoniste Maurice Solway qui composa la musique du film, lequel remporta de nombreux prix et a été mis en nomination pour un Oscar. Une adaptation sans émotion, uniquement factuelle, un résumé de film plus qu’un roman, alors qu’il aurait été si agréable de lire un véritable roman, la trame du film étant empreinte de poésie dont le texte semble dépourvu.

C’est en effet une belle histoire que celle de ce violon longtemps convoité par un jeune garçon qui l’a vu dans une vitrine et qui a accumulé un montant en pièces de monnaie pour se l’offrir. Pas assez pour le violon de la vitrine, a affirmé le marchand, mais suffisamment pour un autre instrument. Sauf que le violon en question ne produit pas le son harmonieux auquel s’attendait Christian qui, déçu, le jette dans la poubelle, profondément déçu.

Or, un vieux monsieur qui passait par là ramasse l’instrument décide d’en jouer et de plus, réussit à en tirer des mélodies harmonieuses qui attirent Christian, qui réclame son violon. Cet épisode servira de prétexte à la naissance d’une belle amitié entre le vieil homme et le jeune garçon alors que l’aîné montrera au plus jeune les rudiments du violon.

Autrement dit, Le violon raconte une fort jolie histoire, mais de façon peu intéressante. Dommage.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Une fleur aussi belle qu’un sourire

Un cadeau de Chantal pour illuminer ce vendredi!

Ce que mots vous inspirent 967

La société est comme un navire; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail. (Henrik Ibsen)

*toile d’Elizabeth Barnett

Les vers de Roger 3

Des voiles de mots — oh! des mots! —
la voix lente qui a vu la mer,
l’air noir d’amour,
qui souhaitent faim et soif, corps et âme,
des souffles de bêtes qui ont vu la mer,
tous nimbés comme des idées la nuit,
collés au lit, puis affairés.
Je n’aurai jamais le talent de tout écrire.

Roger Des Roches, Nuit, penser

*choix de la lectrice de John Vanderpoel

Sophie et le relieur

L’artiste japonaise signe avec Hideko Ise un très album destiné aux jeunes sur le métier de relieur, lequel a pour toile de fond Paris, ville où elle a séjourné au début des années 1970 afin d’y étudier et à laquelle elle est demeurée attachée, comme le prouvent les aquarelles plus magnifiques les unes les autres de Sophie et le relieur.

L’héroïne de l’album, Sophie, adore les arbres. Tellement qu’elle peut passer des heures à les examiner, à parler d’eux et à relire le livre qu’elle possède depuis des années qui leur est consacré. Mais le livre a vieilli et des feuilles commencent à se détacher de la reliure, ce qui attriste profondément Sophie. Mais que faire?

Au hasard d’une promenade dans Paris, elle découvre un atelier où on répare les livres. Un atelier encombré par des papiers de toutes sortes, des fils et des outils. Un atelier où elle assiste à chacune des étapes de la remise à neuf d’un livre ancien ou abîmé alors que le relieur découpe, colle et coud en lui expliquant exactement ce qu’il fait. C’est aussi l’occasion d’un bel échange, puisque chacun partage sa passion avec l’autre, Sophie celle qu’elle entretient pour les arbres, le relieur celle des livres.

C’est donc un livre dont le titre a été changé et muni d’une toute nouvelle couverture que Sophie trouve quand elle va le chercher plus tard. Un livre presque plus beau que l’original!

Sophie et le relieur n’a rien à envier aux documentaires même s’il demeure avant tout un livre d’histoire. Il est en effet fort bien documenté et surtout magnifiquement illustré.

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »