Clic! Clic! Clic! On entendait ce bruit au milieu des Oh! admiratifs. Avec raison.
Cuisinera-t-elle? Lira-t-elle? Fera-t-elle les deux? C’est à vous de nous le dire, en vos mots. Tout de suite ou plus tard, mais en sachant qu’aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, à 8 h, heure de Montréal. Tel est l’exercice ludique auquel je vous convie dimanche après dimanche.
Le reste ne m’appartient pas. La toile de l’artiste Rose Frantzen est à vous et à vos histoires.
Ce dimanche, nous ne le passerons pas dans une galerie d’art, mais au Jardin de Chine du Jardin botanique de Montréal. C’est demain que se termine la 19e édition de la Magie des lanternes qui avait cette année pour thème La parade du premier empereur de Chine et sa cavalerie. J’y étais, ainsi que la gamine émerveillée qu’on voit ici aux premières loges pour ce spectacle annuel qui enchante petits et grands.
Puisse cette journée vous ravir autant que m’a plu ma soirée au milieu des lanternes et des couleurs.
Marée basse
Au grand étalage du bord de mer
Parmi l’algue et le goémon
Les mots sont arrivée en nombre pressé
Rejetés par la vague que si longtemps en son sein les choya
Sur le sable gris fruits de mer captifs
Dégoulinant de naissance arrière
Leur âme secrète et dure
Polie par les abysses noirs
Projette des lueurs vagues
Nous sera remise
Sans mode d’emploi
Fermée comme une huître perlière
Dans les odeurs marines profondes à mourir.
Anne Hébert, Poèmes pour la main gauche
*choix de la lectrice de John Coyle
Quel magnifique récit que celui signé Guy Goffette, écrivain belge né l’année du décès de Pierre Bonnard à qui il rend hommage dans Elle, par bonheur et toujours nue. Celui qui avait écrit que l’invraisemblable est souvent le vrai même est devenu le temps d’un récit poétique aux phrases lumineuses qui vous enveloppent et vous séduisent le héros d’un univers inspiré par Marthe qu’il épousera au bout de 32 ans.
Pierre Bonnard, artiste postimpressionniste, peintre, mais aussi graveur et illustrateur, a d’abord accepté de faire son droit pour faire plaisir à son père. Mais l’attirance pour les arts a été plus forte que tout et admis à l’École des Beaux-Arts de Paris, après des cours à l’Académie Jullian, il rencontre Vuillard, qui deviendra son plus proche ami et avec qui il adhérera aux Nabis en compagnie entre autres de Maurice Denis et de Félix Vallotton.
Homme simple, préférant la peinture et sa vie toute simple et pourtant bien remplie auprès de Marthe aux mondanités dont étaient friands nombre de ses contemporains, Pierre Bonnard, connu et reconnu pour ses nus et notamment de nombreuses toiles mettant en scène Marthe faisant sa toilette (le visage toujours dissimulé mais le corps en évidence) est dans le livre de Guy Goffette presque peint. À petites touches, à coups de détails, comme le peintre l’aurait fait, l’écrivain brosse le portrait d’un artiste qui a toute son admiration.
Le résultat est un magnifique portrait. Celui d’un peintre, celui de sa muse, celui d’une époque, dont il dira : La gloire de Bonnard, sa raison d’être, c’est de peindre ce qui lui plaît, comme il lui plaît, quand il lui plaît et tant pris si ça défrise le goût du jour.
Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».
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