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Sur les traces de Simone Routier 3

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Soir de Paris

Des cloches dans mon cœur carillonnaient leur fête.
Et je pleurais, ainsi qu’on aime, sans raison.
(Guy-Charles Cros)

Certain soir de juillet, par la croisée ouverte,
À la nuit recueillie, une musique offerte,
Un doux chant d’orgue aux longs éclatements feutrés,
Tout un cœur haletant profusément livré.

Au fond d’un bas miroir, sous la clarté voilée,
Avec grâce persiste, image profilée,
Une forme ingénue, une femme, un enfant
Comme une fleur, ployante en ce soir étouffant.

Un soir lourd de juillet, une blonde étrangère
À son balcon attarde une ombre passagère.
Trop longtemps, solitaire, elle écouta frémir
Paris, l’ivre amoureux, et ne sait plus dormir.

Simone Routier, Comment vient l’amour et autres poèmes

*choix de la lectrice peinte par Jonas Holman

Une enfance volée

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« J’ai un goût violent pour la rêverie. Quand je ne suis pas l’arbitre des disputes de mes parents, je suis seule. Quand je suis seule, je suis tranquille. Je peux rêver. Rêver à un ailleurs où la vie est différente. Mes rêves m’aident à vivre, tant qu’il y aura une ligne de fuite, tout ne sera pas perdu. Je n’ai plus très confiance en mes parents, mais j’ai confiance en mes rêves. » (p.96)

Et ce sont probablement ses rêves qui ont sauvé Dominique Zehrfuss. Car il fallait absolument une échappatoire à cette vie où elle était le caniche de ses parents, comme elle le raconte avec pudeur dans ce récit d’une centaine de pages. Un récit où elle ne s’apitoie pas, où elle constate sans analyser. Où elle jette en vrac tout ce qui a trop longtemps fait obstruction à son propre bonheur d’être une petite fille, ce qu’on ne lui a jamais permis d’être.

Une enfance volée. Une de plus. Par une mère tyrannique et névrosée et un père sans colonne vertébrale. Une enfance inexistante sauf quand la petite fille se met à rêver.

Un récit poignant, qu’on sait venu des tripes. Mais qui n’a rien d’un tire-larmes. Et dont curieusement on sort avec un sourire. Dominique s’en est sortie.

La suggestion du 15 décembre 2010

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Le livre de la lectrice peinte par l’artiste écossaise Christina Robertson est resté ouvert. Y aurait-elle trouvé ce très beau texte signé Élisanne? Un texte dont elle a envie, tout comme moi, de retenir chacun des mots?

Vivement les congés…

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Bonheur de trouver parfois au milieu des commentaires des uns et des autres qui me font toujours chaud au cœur — même si je ne réagis pas souvent — ceux de peintres qui m’ont inspiré des billets, ceux d’écrivains qui se sont attardés sur mes modestes lignes, ceux plus rares de musiciens qui ont déposé quelques mots ou mis en lien mon billet chez eux. Et cette idée d’un jour les réunir dans un billet qui leur sera dédié. Vivement les congés de Noël pour prendre le temps de le faire.

*toile de Leon Wyczolkowski

Ce que mots vous inspirent 297

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L’ordre, c’est la lumière qu’on met dans toutes les choses. (Anne Barratin)

*toile non signée (autour de 1910)

Le bleu de Pont-Croix

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Un bleu partout présent, dans pratiquement chacune des rues de Pont-Croix, vous dira Chantal, qui a pris ces quelques photos qui donnent envie de partir illico pour le Finistère!