dérobé donné pris échangé
savouré longuement
dans le corridor de l’amour
où nous nous sommes faufilés
inconscients incrédules ravis
(août 2010)
*toile de Francis Rodrigues de Oliveira
dérobé donné pris échangé
savouré longuement
dans le corridor de l’amour
où nous nous sommes faufilés
inconscients incrédules ravis
(août 2010)
*toile de Francis Rodrigues de Oliveira
Ceux qui ont un jour lu ce billet ont une bonne idée de ce qu’est le fado. Et même, de ce que sont « les » fados. Car il n’y en a pas qu’un seul et à l’heure où le fado se trouvera bientôt inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco, Fados, le film de Carlos Saura — à qui on doit, entre autres, les magnifiques Noces de sang et Cria Cuervos — qui est actuellement présenté en salle à Montréal, éclaire lui aussi avec un ton qui lui est propre, proche du documentaire et de la création et loin de la fiction tous les volets de cet art auquel je suis si sensible.
De tableau en tableau, Saura revisite en danse et en musique les formes comme les artistes et les titres incontournables. Avec cette sorte de magie dont il a le secret et qui donne à tout ce qu’il regarde une beauté émouvante.
Un film qu’il me faudra revoir un jour et auquel je ne ferai qu’un seul reproche, celui de ne pas mentionner hors générique les noms des interprètes dont on reconnaît certains mais pas tous, notamment Mariza, Camané, Lura, Carlos do Carme et bien sûr Amália Rodrigues.
Une petite promenade ici devrait plaire au peintre de Vancouver Kazu Shigematsu et pas qu’à elle!
Les voici! Et photographiées par Armando, ce grand séducteur qui fait les yeux doux à toutes les fleurs en leur glissant quelques compliments à l’oreille…
Quand on lit en silence, seul l’auteur est en représentation. Quand on lit à haute voix, la représentation est affaire de collaboration. L’un des partenaires donne les mots, l’autre le rythme. (Anne Fadiman)
*sculpture de René Pereira (dont on ne trouve plus trace)
Je compte les jours. Et viendra le temps où je compterai les heures.
Dix jours. Dix jours avant une dizaine de jours de vacances. À me vautrer entre des montagnes de livres qui attendent patiemment. En équilibre. À me promener à Montréal ou ailleurs. Sans obligation.
Dix jours. Et demain, neuf. Après-demain, huit…
*sur une toile de Frederick Childe Hassam
Des recueils de poésie, des romans, des essais, des livres pour enfants, des prix importants, autant dans son Brésil natal qu’en Italie, au Portugal et au Mexique, des traductions vers le suédois, l’italien, l’espagnol, le perse, le corse, le français, le macédonien et le galicien. Voilà les renseignements qu’on trouve sur Reynaldo Valinho Alvarez, qui a participé au Festival International de la Poésie de Trois-Rivières en 1997. C’était plus que suffisant pour piquer la curiosité de la lectrice du peintre russe Konstantin Makovsky qui a choisi pour nous le recueil des prochains soirs, à savoir Le temps et la pierre, duquel elle a voulu retenir ceci :
Je m’émeus dans la cendre de ce soir
porté par de si faibles souvenirs
que me revient le rêve du départ
bien que je sois si près de l’arrivée
et que j’aie tant de raisons de rester
sans souhaiter le temps de s’en aller
ni nourrir des desseins de continuer.
J’avance tel le fou qui se fourvoie
sans arrêt aux détours de son chemin
et sans savoir repasse au même endroit.
Je refais tout l’espace parcouru
et mes questions demeurent sans réponse.
Où aurai-je laissé ce qui est perdu
ou qu’aurai-je laissé en me perdant?
La vie, comme un ligne à l’horizon, comme ces bribes de souvenirs que nous portons en nous et qui nous reviennent quarante ans plus tard alors que nous marchons sur nos proches pas. Tel est le propos du plus récent roman de Patrick Modiano. Un roman sur la mémoire où un Paris loin des grands boulevards se déploie, où entrent en scène personnages glauques, troublants, comme on en trouve dans le cinéma noir des années 40. Personnages fugitifs dont il reste un prénom, une adresse, une impression mais qui ont disparu, emportant avec eux des secrets dont le narrateur ne détiendra jamais la clé.
Un roman tout à fait modianesque, comme je les aime, avec cette impression qu’on touche toujours à l’essentiel, mais en l’effleurant, parce que l’essentiel est ailleurs, dans ce qui est tu. Comme l’horizon dont la ligne bouge sans cesse et que nos mains n’atteindront jamais.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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