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Le centre blanc 4

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C’était ce soir au tour de la lectrice du peintre néerlandais Kees Verwey de s’asseoir en compagnie du recueil de Nicole Brossard intitulé Le centre blanc. Un recueil qui réunit dix ans d’écriture et duquel elle a tiré ces vers :

tu brises mon échine à l’écueil du rêve

je reviens au palier de verre
où s’étendent les algues de mon voyage

à la mer glisse la folle clameur de poignets agités
liens de faïence repus de terre mouillée

un abri au toit écroulé garde l’esquisse
de suaves clameurs debout sur l’azur

les pieds flottant au climat de pays dénincé
je file la lumière à coups de cils

le sable a une conquête en mon regard
je fixe le sel à l’iris de la tempête

Paula Rego, simple, drôle, passionnée

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Quel personnage que Paula Rego, « vedette » du film Paula Rego telling tales du réalisateur britannique Jake Auerbach. « Vedette » tout autant que ses toiles largement présentées et commentées par cette artiste portugaise qui vit à Londres depuis des années. Avec simplicité, avec humour, avec passion.

Quiconque la rencontre, comme c’est le cas de tout spectateur qui aura la chance de voir un jour ce film, tombera sous le charme de celle qui se définit comme une conteuse d’histoires et pour qui dessiner est toute sa vie.

Et ce sont ces histoires que transmet le cinéaste. La sienne, celles des gens de son entourage, celles qu’elle a lues et transposées et celles qu’elle a tout simplement inventées pour transcender la réalité. Car sitôt allée au bout d’une manière de peindre ou d’une histoire en plusieurs tableaux, il lui faut trouver autre chose. Un nouveau sujet. Un nouveau fil. Quelque chose à inventer. Si bien que son atelier londonien est rempli de marionnettes, de poupées, de costumes, de meubles, lesquels servent à ses deux modèles qui se plient depuis des années à toutes ses fantaisies et à qui la parole est donnée dans le film.

Et si je n’avais pas lu un jour ce billet, peut-être bien que je n’aurais pas assisté à ce film qui révèle le tracé d’une artiste passionnée et généreuse, un film à la mesure de celle qui l’a inspiré. Et que je vous souhaite à tous de voir un jour.

Ça ressemble à quoi le bonheur?

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À une ficelle au bleu bénédictin de l’abbaye Saint-Benoît qu’on trouve chez Arhoma, vous dirai-je. Vous voulez goûter?

La suggestion du 22 mars 2010

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Et si j’emmenais en voyage la lectrice peinte par David Hasler? Et qui plus est, dans un endroit de rêve?

Bientôt les jonquilles…

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Aurai-je la surprise en arrivant au bureau de constater que les jonquilles qui se préparaient au printemps vendredi ont profité de l’arrivée de celui-ci pour offrir leurs pétales à la nouvelle saison?

Décor invitant

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Auriez-vous passé la journée d’hier à regarder éclore le printemps? Si c’est le cas, vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire les cinq textes inspirés par la toile du 13 mars, pas plus que d’examiner la toile qui a été confiée hier à vos bons soins. Qu’à cela ne tienne, il est toujours le temps de le faire en ce premier lundi du printemps, d’autant plus que l’artiste Marina Zavalova a installé pour vous un décor invitant pour le faire.

Le centre blanc 3

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Elle est venue d’un autre siècle. D’une époque qui n’a rien à voir à celle de Nicole Brossard. Et pourtant, la lectrice de Joshua Johnson s’est arrêtée longuement devant ces mots tirés du Centre blanc.

DÉPART

pour bercer le jour à l’écorce de ton regard
il faut le souffle de l’absence
et l’écho des lisses distances

l’aquarelle fragile des gestes étirera
l’éclipse languie de ton départ
et des caravanes d’oiseaux brilleront
des parfums d’ambre jusqu’à ton retour

Les oiseaux du printemps 24

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J’aime ces doux oiseaux…

J’aime ces doux oiseaux, qui promènent dans l’air
Leur vie et leur amour, et plus prompts que l’éclair,
Qui s’envolent ensemble!
J’aime la fleur des champs, que l’on cueille au matin,
Et que le soir, au bal, on pose sur son sein
Qui d’enivrement tremble!

J’aime les tourbillons des danses, des plaisirs,
Les fêtes, la toilette, et les tendres désirs
Qui s’éveillent dans l’âme!
J’aime l’ange gardien qui dirige mes pas,
Qui me presse la main, et me donne tout bas
Pour les maux un dictame!

J’aime du triste saule, au soir muet du jour,
La tête chaude encor, pleine d’ombre et d’amour,
Qui se penche et qui pense!
J’aime la main de Dieu, laissant sur notre cœur
Tomber en souriant cette amoureuse fleur
Qu’on nomme l’espérance!

J’aime le doux orchestre, en larmes, gémissant
Qui verse sur mon âme un langoureux accent,
Une triste harmonie!
J’aime seule écouter le langage des cieux
Qui parlent à la terre, et l’emplissent de feux
De soleil et de vie.

J’aime aux bords de la mer, regardant le ciel bleu,
Qui renferme en son sein la puissance de Dieu,
M’asseoir toute pensive!
J’aime à suivre parfois en des rêves dorés
Mon âme qui va perdre en des flots azurés
Sa pensée inactive!

J’aime l’effort secret du cœur, qui doucement
S’agite, la pensée au doux tressaillement,
Que l’on sent en soi-même!
Mieux que l’arbre, l’oiseau, la fleur qui plaît aux yeux,
Le saule tout en pleurs, l’espérance des Cieux…
J’aime celui qui m’aime.

(Jules Verne)

*toile de Carlo Saraceni

Les oiseaux du printemps 23

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Tous ces oiseaux qui sous la nuit obscure

Tous ces oiseaux qui sous la nuit obscure
D’un triste vol se plaignent lentement
Ne sont témoins du doux commencement
De mon amour sainte, loyale et pure.

Les clairs ruisseaux, les bois et la verdure
Des prés fleuris d’un beau bigarrement
Sont seuls témoins du bien et du tourment
Que pour aimer également j’endure.

La nuit n’eût su dans son sein recéler
Mon feu luisant, qui peut étinceler
Parmi les cieux, aux enfers et sous l’onde.

Mon amour passe au travers de la nuit,
Et plein d’un feu qui bluettant s’enfuit,
Aide au soleil à redorer le monde.

(Flaminio de Birague)

*toile de Rembrandt

Les oiseaux du printemps 22

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L’oiseau

Mais lors voici qu’un oiseau chante,
Dans une pauvre cage en bois,
Mais lors voici qu’un oiseau chante
Sur une ville et tous ses toits,

Et qu’il dit qu’on le voit le monde
Et sur la mer la pluie tomber,
Et des voiles s’en aller rondes,
Sur l’eau si loin qu’on peut aller.

Puis voix dans l’air plus haut montée,
Alors voici que l’oiseau dit
Que tout l’hiver s’en est allé
Et qu’on voit l’herbe qui verdit,

Et sur les chemins la poussière
Déjà, et les bêtes aussi,
Et toits fumant dans la lumière
Que l’on dirait qu’il est midi,

Et puis encore sa voix montée,
Que l’air est d’or et resplendit,
Et puis le bleu du ciel touché
Qu’il est ouvert le paradis.

(Max Elscamp)

*toile de Philip Evergood