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Les oiseaux du printemps 21

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Si tu te sers de la liberté en échange d’autre chose, comme l’oiseau, elle s’envolera. [Gao Xingjian]

*toile représentant le compositeur Benedictus Buns par un artiste inconnu

Les oiseaux du printemps 20

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La sérénité est comme l’oiseau : si tu la laisses s’envoler tu auras du mal à la rattraper. (Alexandre Arnoux)

*toile de Maria Philips-Weber

Les oiseaux du printemps 19

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Je vis l’oiseau qui le soleil contemple

Je vis l’oiseau qui le soleil contemple
D’un faible vol au ciel s’aventurer,
Et peu à peu ses ailes assurer,
Suivant encor le maternel exemple.

Je le vis croître, et d’un voler plus ample
Des plus hauts monts la hauteur mesurer,
Percer la nue, et ses ailes tirer
Jusqu’au lieu où des dieux est le temple.

Là se perdit : puis soudain je l’ai vu
Rouant par l’air en tourbillon de feu,
Tout enflammé sur la plaine descendre.

Je vis son corps en poudre tout réduit,
Et vis l’oiseau, qui la lumière fuit,
Comme un vermet renaître de sa cendre.

(Joachim Du Bellay)

*toile de Francis Alleyne

Les oiseaux du printemps 18

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Il est vrai que parfois
Près du soir les oiseaux
Ressemblent aux vagues
Et les vagues aux oiseaux
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots.

(Jacques Brel)

*toile de Domenichino

Les oiseaux du printemps 17

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Blotti comme un oiseau

Blotti comme un oiseau frileux au fond du nid,
Les yeux sur ton profil, je songe à l’infini…

Immobile sur les coussins brodés, j’évoque
L’enchantement ancien, la radieuse époque,
Et les rêves au ciel de tes yeux verts baignés!

Et je revis, parmi les objets imprégnés
De ton parfum intime et cher, l’ancienne année
Celle qui flotte encor dans ta robe fanée…

Je t’aime ingénument. Je t’aime pour te voir.
Ta voix me sonne au cœur comme un chant dans le soir.
Et penché sur ton cou, doux comme les calices,
J’épuise goutte à goutte, en amères délices,
Pendant que mon soleil décroît à l’horizon
Le charme douloureux de l’arrière-saison.

(Albert Samain)

*toile d’Erastus Salisbury Field

Les oiseaux du printemps 16

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Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir?

Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois
À la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver!
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d’avril, où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir?

(François Coppée)

*toile de John Melhuish Strudwick

Les oiseaux du printemps 15

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Je suis le triste oiseau de la nuit solitaire

Je suis le triste oiseau de la nuit solitaire,
Qui fuit sa même espèce et la clarté du jour,
De nouveau transformé par la rigueur d’Amour,
Pour annoncer l’augure au malheureux vulgaire.

J’apprends à ces rochers mon tourment ordinaire,
Ces rochers plus secrets où je fais mon séjour.
Quand j’achève ma plainte, Écho parle à son tour,
Tant que le jour survient qui soudain me fait taire.

Depuis que j’eus perdu mon soleil radieux,
Un voile obscur et noir me vint bander les yeux,
Me dérobant l’espoir qui maintenait ma vie.

J’étais jadis un aigle auprès de sa clarté,
Telle forme à l’instant du sort me fut ravie,
Je vivais de lumière, ore d’obscurité.

(Siméon-Guillaume de La Roque)

*toile de Ludomir Slendzinski

Les oiseaux du printemps 14

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Il ne nous manque qu’un petit rien – pour être libres, aussi libres que les oiseaux: – rien qu’un peu de temps. (Richard Dehmel)

*toile d’Ilya Yefimovich Repin

Les oiseaux du printemps 13

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Les oiseaux

Montez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs!
À vous le jour sans ombre et l’air, à vous les ailes
Qui font planer les yeux aussi haut que les cœurs!

Des plus parfaits vivants qu’ait formés la nature,
Lequel plus aisément plane sur les forêts,
Voit mieux se dérouler leurs vagues de verdure,
Suit mieux des quatre vents la céleste aventure,
Et regarde sans peur le soleil d’aussi près?

Lequel sur la falaise a risqué sa demeure
Si haut qu’il vît sous lui les bâtiments bercés?
Lequel peut fuir la nuit en accompagnant l’heure,
Si prompt qu’à l’occident les roseaux qu’il effleure,
Quand il touche au levant, ne sont pas redressés?

Fuyez, fuyez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs!
À vous le jour, à vous l’espace! à vous les ailes
Qui promènent les yeux aussi loin que les cœurs!

Vous donnez en jouant des frissons aux charmilles;
Vos chantres sont des bois le délice et l’honneur;
Vous êtes, au printemps, bénis dans les familles:
Vous y prenez le pain sur les lèvres des filles;
Car vous venez du ciel et vous portez bonheur.

Les pâles exilés, quand vos bandes lointaines
Se perdent dans l’azur comme les jours heureux,
Sentent moins l’aiguillon de leurs superbes haines;
Et les durs criminels chargés de justes chaînes
Peuvent encore aimer, quand vous chantez pour eux.

Chantez, chantez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs!
À vous la liberté, le ciel! à vous les ailes
Qui font vibrer les voix aussi haut que les cœurs!

(René-François Sully Prudhomme)

*toile de Richard Regrave

La suggestion du 21 mars 2010

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La lectrice d’August Macke serait-elle aussi gourmande que je le suis? Supposons-le et offrons-lui cette photo alléchante