Si, si. Même que tout Genève est au courant!
La lectrice du peintre bulgare Serge Ivanov rêverait-elle en secret de faire la tournée ponts de Paris? Elle devrait trouver là de quoi l’aider à préparer cette expédition!
C’est aux Foucherolles que nous nous arrêterons aujourd’hui. Profitons donc de ces photos prises par Chantal à Bois le Roi, car ce sont presque les dernières…
Non, personne ne peut vous obliger à utiliser la nouvelle orthographe, surtout si vous estimez que vous ne vous y ferez jamais. Pourtant, il est évident que petit à petit elle se taillera une place et que de plus en plus d’organismes et d’entreprises adopteront celle-ci. Depuis longtemps en usage dans les établissements scolaires du Québec et depuis un peu moins de temps ailleurs (mais à moins grande échelle), la nouvelle orthographe est pour bon nombre de jeunes qui travaillent déjà ou qui seront actifs professionnellement d’ici quelques années la seule façon d’écrire – qui n’est pas celle que leurs parents ont apprise.
Or, ne vous plairait-il pas de ne plus vous demander si extraterrestre ou ultraviolet s’écrivent en un mot ou en deux? Vous n’aurez plus à la faire : tous les mots composés des éléments ultra, intra, extra et infra s’écrivent maintenant en un mot sauf dans les cas (très rares) où il y aurait un problème de liaison parce que le a final se collerait à un « i » ou un « u », comme dans extra-utérin.
*toile d’Adolf Nauer
Il y eut ces matins de mots doux, si doux, aussi doux qu’une caresse prolongée et lente le long de son dos et de son cou. Des matins qui donnaient au gris du ciel toutes les couleurs qui lui manquait. Des matins qui illuminent encore ceux d’aujourd’hui.
*toile de José Ferraz de Almeida Júnior
C’est la lectrice du peintre Georges Gangloff qui a ce soir ouvert Lumière artésienne de Daniel Dargis, publié en 1993. Un recueil dont elle a parcouru chaque ligne avant de s’attarder plus longuement sur celles-ci :
ce qui ne peut s’énoncer
même pas le temps d’un poème
les yeux dans les yeux
où s’abandonnent l’un à l’autre
les siècles
les océans
nos souffles
mots qui nous chavirent avec leurs voyages
mots qui n’oublient rien
l’un près de l’autre
afin d’entendre ton haleine et ton cœur
pourtant que d’innombrables faits divers sans lien
mots sans corps qui torréfient les confidences
déjà tu pars
la page ferme ses paupières
c’est nulle part entre nous
graffitis sur la peau
cœur en lambeaux
on pourra tenter
de les gommer
il restera des traces
(mars 2010)
*toile de Curtis Fields
C’est à Mamarrosa, dans l’Alentejo, de l’écrivaine Monica Ali, native du Bangladesh et à qui on doit Sept mers et treize rivières (que je n’ai pas encore lu), que se déroule le roman Café Paraíso. Un roman constitué d’une suite de chroniques mettant en scène quelques acteurs, fort différents les uns des autres, mais qui se trouvent liés parce que tous fréquentent le café tenu par Vasco.
Certains personnages n’ont jamais quitté Mamarrosa, d’autres sont partis et sont revenus après un séjour à l’étranger (entre autres Vasco), d’autres sont là pour un temps (un écrivain venu y terminer son roman; deux couples de touristes), d’autres encore ont tout quitté pour l’Alentejo (une famille anglaise quelque peu dysfonctionnelle qui a pensé trouver là-bas une vie à la hauteur de ses rêves de liberté), tandis qu’une adolescente ne rêve que d’ailleurs afin d’éviter une vie semblable à celle de sa mère et à celle qu’auront toutes ces jeunes femmes qui ne partiront jamais.
Un roman sur les illusions comme les désillusions, sur ces secrets que chacun porte en soi et que le regard des autres tente de déceler, sur ce qui n’est plus et sur ce qui est immuable, sur une région qu’on dit la plus pauvre du Portugal, avec ce qu’elle a de riche et d’unique qui fait que ceux qui y vivent comme ceux qui y débarquent, y sont tellement attachés qu’il devient pour la plupart d’entre eux difficile de la quitter ou alors, de l’oublier.
Un roman que d’aucuns pourraient trouver triste, parce que les personnages portent tous sur les épaules un peu de cette saudade qui n’est triste que quand on n’en saisit pas le sens, à savoir un bonheur mélancolique (ou nostalgique) en même temps qu’une tristesse souriante.
Comme il s’agit du regard d’une étrangère sur les gens, sur une portion d’un pays, peut-être faudrait-il demander l’avis d’un Portugais? Quelqu’un en connaîtrait-il un?
Dans peu, je regarderai les minutes s’égrener sur la droite de l’écran. C’est toujours ainsi la dernière heure. Parce que je sais qu’ailleurs m’attendent les cinq ou six livres que je mène de front.
Puis je penserai aux gamins qui jouent au hockey devant la porte d’entrée et qui me cèdent le passage quand j’arrive et demande qui mène. Ils ont depuis hier une heure de plus pour jouer à la lumière du jour, maintenant que le Québec est passé à l’heure d’été. Tout comme la bande de filles qui jouent au soccer dans l’allée d’à côté et ma voisine qui me salue matin et soir, elle qui attend chaque année le printemps avec plus d’impatience que d’autres, car il lui rend sa liberté, elle qui ne peut circuler à son aise l’hiver, sa chaise roulante n’aimant ni la glace ni la neige.
Et je repenserai aux livres qui m’attendent. Et quelques minutes auront passé.
*sur une toile d’Endre Komaroni-Kacz
La lectrice peinte par Elizabeth Smily aurait-elle enfin mis la main sur le livre dont il est question dans ce billet dans lequel nombre d’entre vous devraient se reconnaître?
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