Question de voir la vie en rose aujourd’hui!
J’ai pourtant des cahiers, comme en a un celle peinte par l’artiste brésilien Virgilio Dias. De toutes les tailles. Avec des lignes, sans, avec des carreaux, des pages de couleurs. Et je note des bouts de phrases dans chacun d’entre eux. Phrases que je retrouve longtemps après, quand bien évidemment je ne les cherche plus.
Il est si simple d’attraper un bout de papier ou une enveloppe quand la phrase vient à nous, de notre imagination ou du livre qu’on est en train de lire. Tellement plus simple que de se demander où est le cahier dans lequel on a écrit la veille. Sur la table de nuit? Au salon? Dans son sac?
Et voilà que la vie devient multitude de papiers, d’enveloppes qu’on glisse ici et là. Et qu’on retrouve quand on ne les cherche plus…
« Si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour Québec », chantait Charlebois. Quant à moi, si j’avais les ailes d’un goéland, je partirais pour l’Algarve embêter Armando!! Et tenir compagnie à celui qui vole au-dessus des falaises pour être photographié par notre ami!
moment musical en compagnie de Filipa Pais accompagnée de Jose Peixoto
interprétant O que é que tu tens
*toile signée Harrie Kuitjen
Une fraction d’éternité de Francis Dannemark était sur la table. Il attendait la lectrice de Sara Arbel. Qui, comme les lectrices des soirs précédents, s’est laissée emporter par la prose et les vers de l’écrivain avant de choisir cet extrait :
Les poèmes viennent ou ne viennent pas. Si on bouge pour les attraper, ils s’envolent comme des papillons, qui ne se laissent pas guider et choisissent seuls l’endroit où ils se posent. Si les artistes ont parfois un drôle de caractère, c’est sans doute pour ça : ils ignorent pourquoi le papillon est venu, ils ne savent pas s’il reviendra. Les plus beaux ne viennent pas souvent – quelques-uns dans une vie, avec un peu de chance. Le reste, c’est du bricolage. Il faut bien vivre.
Pour tout arranger, les poèmes, quand ils sont réussis, personne ne les comprend vraiment. Leurs significations changement selon l’humeur, la lumière… Ils ne sont pas là pour être compris. Ce sont eux qui nous comprennent.
je m’éveille puis je me rendors
je sais qu’où que tu sois
tes bras sont fermés autour de moi
je m’éveille et puis me rendors
peu importe la distance
nos cœurs battent à la même cadence
(décembre 2007)
*toile d’Edgar Degas
J’aurais parfois eu envie de lui dire de ne plus remettre les pieds dans la librairie. Je ne l’ai pas fait. Et pourtant, comme ça m’a démangé. Parce que dès que je le voyais entrer, j’avais une crise d’urticaire. Je savais qu’il allait foutre le bordel dans mes rayons classés avec patience et amour. Que ça allait prendre un temps fou de tout remettre à l’ordre. Et SURTOUT : qu’il allait partir les mains vides sans saluer quiconque.
Quelqu’un qui n’est pas un client, puisqu’il n’achète rien, et qui s’amuse à mettre la pagaille dans les tablettes, doit-il être traité avec autant d’égard, sous prétexte que dans le commerce « le client a toujours raison »? Je me pose encore la question.
*toile d’Helene Traxler
Regarder ces photos prises au Luxembourg par Chantal et qui sont dédiées à Armando me rappelle tant de souvenirs. N’ai-je pas été un jour une lectrice comme les autres dans ce lieu que j’affectionne tant?
Le lecteur peint par l’artiste Benjamin Billingsley aurait-il besoin de quelques suggestions de lecture? Il en trouvera sans nul doute ici, et de plus très bien présentées.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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