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Un lundi poétique 6

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L’âne du château

Il est l’âne du grand château
Au pas léger comme un oiseau.
Il porte les enfants du comte
En habits dorés sur le dos
Dans une longue allée si haute
Qu’elle projette au loin son ombre
Jusque sur le bas du coteau.

Et qui le croirait! Il envie
L’âne maigre du maraîcher
Qui passe sans se retourner,
Là-bas, au-delà des haies vives
Et suit, touchant à peine terre,
Les chemins luisants de poussière
Sous les feuilles en liberté
.

(Maurice Carême)

*toiles d’Anna Sponer

Un lundi poétique 5

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À la rencontre du printemps

Cheveux au vent,
Tambour battant,
Allons-nous-en
À la rencontre du printemps.

Des arbres, des toits, des auvents,
Il pleut des milliers d’hirondelles.
Le soleil verse, sur les champs,
De pleins paniers de fleurs nouvelles.

Cheveux au vent,
Tambour battant,
Allons-nous-en
À la rencontre du printemps.

Prenons nos trompettes gaîment
Et sonnons la mort de l’hiver.
La terre est comme un agneau blanc
Dans les bras nus de l’univers.

Cheveux au vent,
Tambour battant,
Allons-nous-en
À la rencontre du printemps.

(Maurice Carême)

*toile de Nickolai Shevtsov

Un lundi poétique 4

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L’école

L’école était au bord du monde,
L’école était au bord du temps.
Au dedans, c’était plein de rondes;
Au dehors, plein de pigeons blancs.

On y racontait des histoires
Si merveilleuses qu’aujourd’hui,
Dès que je commence à y croire,
Je ne sais plus bien où j’en suis.

Des fleurs y grimpaient aux fenêtres
Comme on n’en trouve nulle part,
Et, dans la cour gonflée de hêtres,
Il pleuvait de l’or en miroirs.

Sur les tableaux d’un noir profond,
Voguaient de grandes majuscules
Où, de l’aube au soir, nous glissions
Vers de nouvelles péninsules.

L’école était au bord du monde,
L’école était au bord du temps.
Ah ! que n’y suis-je encor dedans
Pour voir, au dehors, les colombes!

(Maurice Carême)

*toile de Lisa Schneider

Un lundi poétique 3

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L’enfant et l’avion

L’enfant mit l’avion sur la table.
« Je vais partir, soyez aimables,
Ouvrez la fenêtre », dit-il.

On ouvrit la fenêtre. On rit
Et on laisser l’enfant jouer
Tout seul au haut des escaliers.

Le soir – qui l’aurait cru! –
Il avait disparu.

Aujourd’hui encore on en parle.
Mon Dieu, pourvu
Qu’il ne se soit pas, ce soir-là
Trompé d’étoile!

(Maurice Carême)

*toile de Molly Schmid

Un lundi poétique 2

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Est-on jamais assez enfant

Est-on jamais assez enfant,
Jamais assez émerveillé?
Ah! devenir comme un étang
Où tout le ciel vient se baigner!

Le vent, le joli vent d’été
Poudre d’or rose les froments.
Un pic, dans l’ombre du verger,
Ravaude les vieux draps du temps.

Te souviens-tu du fruit léger
Que tu transformais en pendule
Pour balancer le crépuscule
Au bout d’un long fil d’araignée?

Est-on jamais assez enfant
Qui, en jouant à la marelle
Et en riant éperdument
Pousse le palet en plein ciel.

Jamais assez émerveillé
Devant la vie, ce cerf-volant
Qui s’élève, rouge, or et blanc
Sur les coteaux ensoleillés?

(Maurice Carême)

*toile d’Arnel Sarmiento

Un lundi poétique 1

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Ça a beau être jour de congé au Québec, les petites lectrices de Jada Rowland se sont endimanchées. Voilà, paraît-il, des semaines qu’elles et leurs copains préparent ce lundi à mon intention. Un lundi consacré à la poésie de Maurice Carême où à tour de rôle, les uns comme les autres viendront me faire part du poème qu’ils ont appris pour ce jour spécial.

Quelle belle journée je vais passer!

À l’heure du Portugal 3

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moment musical en compagnie de Mariza
interprétant Retrato

*toile d’Eduardo Kiesel