Janvier était toujours un peu triste. Pas les premiers jours, mais à partir du 10. Quand il fallait faire le tour des rayons et retirer tous ces livres à retourner. Ceux qu’on aimait et qu’on avait envie que certains offrent et qui étaient restés là. Immobiles. Ces livres que personne n’avait regardés et encore moins touchés. Ces livres pourtant choisis avec soin. Bien avant les fêtes. Des livres d’art, souvent. De ceux qu’on n’achète quasi jamais pour soi et pour lesquels on espérait une vie où ils seraient déposés sur une table, caressés quotidiennement et chéris. Et qu’on allait devoir faire mourir sur les tablettes des entrepôts.
Oui, janvier était toujours un peu triste.
*toile de Stuart Free










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