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Bienvenue au pays de Lali

peter van dyck

Et même si l’édition électronique du journal Le Monde a emmené de nouveaux lecteurs, curieux, au pays de Lali, je ne changerai rien de ce blog qui se veut un voyage au pays des mots et de la liberté.

Je suis et je serai à jamais cette ex-libraire, d’où le pseudo de Lali, diminutif de La libraire, surnom que m’ont donné mes amis belges, dont Patrick, celui qui m’a offert ces pages afin que je puisse raconter mes vacances de l’été 2005 comme m’exprimer librement sur ma passion pour les livres. Je serai aussi celle des constats, celle de l’humour, la cinéphile, la mélomane, la curieuse de tout, la voyageuse, l’amoureuse de la vie et la gourmande. Et probablement, plus que tout, celle qui fait parler des toiles de lectrices en leur inventant des histoires ou en me glissant dans les tableaux.

Je serai aussi et pour toujours une rêveuse, comme l’est la lectrice de Peter Van Dyck. Et à tous ceux qui débarquent au pays de Lali, je souhaite la bienvenue. Puissiez-vous vous plaire ici et peut-être rêver avec moi…

Bien avant le jour

stanislav brussilov

Voilà longtemps qu’elle est levée. Longtemps qu’elle a pris une douche, qu’elle a lu ses courriels et répondu à certains. Longtemps que la première tasse de café est bue. Longtemps qu’elle a enfilé son gros pull pour affronter le froid tout à l’heure.

Bien avant le jour, la lectrice de Stanislav Brusilov a fait tout cela. Pour voir le soleil se lever sur son livre. Pour profiter du silence avant que la vie ne s’agite chez elle et ailleurs.

La lectrice rêve

william powell frith

La lectrice rêve. La lectrice de William Powell Frith, dans sa robe du siècle dernier, lit, mais rêve encore plus. Il n’y a qu’à voir avec quel détachement elle jette un œil sur son livre. Son esprit est ailleurs. Peut-être dans ce que ce qu’elle a lu juste avant et qui évoque tant de souvenirs. Peut-être est-il dans ce qu’elle faisait avant de s’installer pour lire. Peut-être est-il là-bas, au pays de celui qu’elle aime et dont elle attend le retour.

La lectrice rêve.

Prête pour écrire

hayes miller

Tout est là. Les feuilles, la plume, les dictionnaires. Il ne manque rien à la lectrice/écrivaine de Kenneth Haynes Miller pour s’adonner à l’écriture, l’activité à laquelle elle s’adonne quotidiennement, au même titre que la lecture.

Elle se lèvera sûrement pour aller faire du thé. Pour changer le disque. Mais rien ne la détournera de son programme de la journée qui ne sera qu’écriture, écriture, écriture. Il y a quelque chose dans son visage volontaire qui fait qu’on puisse l’affirmer.

Avant d’ouvrir le livre

taback 2

Il y a ce moment où le livre est encore tout neuf, où on le tient dans ses mains en n’osant pas encore l’ouvrir. Il y a ce moment où on imagine ce qu’il sera, ce qu’il nous apportera. Et ce moment d’avant la lecture est un moment magique. Elle sait cela, la lectrice de Jami Taback. Elle sait, elle qui prend tant de temps à caresser la couverture, à humer l’encre fraîche avant de plonger dans le livre. Elle sait, elle qui s’imprègne de l’objet avant de se laisser emporter par les mots.

Chaque matin

hans thoma

L’aventure c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin.[ Jacques Brel ]

Et l’aventure commence avec la lumière qui entre dans la pièce en ce début de journée, avec le livre qu’on ouvre et qui va nous apprendre quelque chose que nous sentions peut-être. Et l’aventure commence dès qu’on a décrété que la vie est une aventure et que nous allions la vivre. La lectrice de Hans Thoma, même si elle n’a plus 20 ans, n’a jamais cessé de considérer la vie comme telle. Et c’est chaque matin le bonheur quand elle se lève. Et c’est chaque matin le début d’une nouvelle aventure.

La lectrice au bain

alfred stevens 2

Plaisir double, pense sûrement la lectrice d’Alfred Stevens, plongée dans l’eau très chaude de la baignoire, tandis qu’elle a déposée à côté d’elle le livre qu’elle s’apprête à lire. Plaisir double que celui de profiter du plaisir d’être enfoncée quasi jusqu’au cou dans l’eau tandis qu’on peut en même temps se délecter d’un roman. Et même triple: on peut aussi rêver.

Les larmes d’une lectrice

mary bullock

Le futur n’est autre que du présent qui se précipite à notre rencontre.
[ Frédéric Dard ]

N’est-ce pas ce qui vient d’arriver à la lectrice de Mary Bullock que de voir le futur se précipiter alors qu’elle ne s’y attendait pas ? Elle qui se préparait à le rejoindre dans quelques heures et imaginait son futur proche comme celui de tendres retrouvailles n’avait pas imaginé une seule seconde que quelques mots allaient suffire à modifier ses plans. Mais on ne choisit pas toujours, la vie impose elle-même ses choix, et si ce n’est pas la vie elle-même, ce sont souvent les autres.

Ici, le futur qui se précipite n’a rien d’agréable, on le constate à la tête posée sur les genoux de celle qui vient de lire la lettre déposée à ses pieds. Mais parfois, c’est le contraire qui se produit. Souvent, ce qu’on n’attendait pas, qu’on n’osait pas espérer arrive soudainement. Et c’est la joie, pas toujours la tristesse.

Bien que dans le présent, nous sommes déjà dans un futur qui peut se décider en quelques secondes et dont nous pouvons être les initiateurs comme le subir. À nous de tirer le meilleur de ce qui nous arrive de bon comme de moins bon. Et dont nous comprendrons peut-être le sens un jour.

La lectrice et sa causeuse

miecznikowski

Quand on possède une causeuse et non un sofa trois places, il n’y a pas de meilleure position que celle adoptée par la lectrice d’Alicia Miecznikowski, la tête à un bout et les jambes sur le dossier à l’autre. Le vrai de vrai confort. Elle le sait, elle qui s’est installée ainsi voilà sûrement quelques heures et qui n’a nulle envie de se lever. Elle le sait bien, elle qui chaque soir squatte la causeuse comme lieu ultime de plaisir.

L’amant de la lectrice

mckenna

Ça commence par la précipitation, parce que trop de temps entre deux rendez-vous. Et ça se termine par l’homme qui regarde l’heure et qui dit que ça a encore passé trop vite. Elle connaît la chanson, voilà des années que c’est ainsi. Des années qu’ils ne sont deux qu’au lit, et quelquefois au concert, au théâtre ou au restaurant. Des années qu’ils vivent ainsi en parallèle, chacun ayant une vie ailleurs, des histoires d’amour, même. Des années qui font qu’ils finissent toujours par se retrouver, malgré tout. Presque instacts. Qu’ils se racontent, qu’ils partagent. Tout en sachant que ce qu’il y a entre eux est quelque chose de spécial, sans jamais le nommer, sans le briser non plus, malgré des absences parfois prolongées.

Et quand il la quitte, non sans l’avoir tendrement serrée contre lui, comme si elle était ce qu’il a de plus précieux au monde, elle se réapproprie les lieux, le sofa, le lit où il n’a jamais dormi. Et la lectrice de K. L. McKenna retourne au roman qu’elle lisait avant son arrivée.