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Une journée avec son grand-père

may vale

La lectrice de May Vale n’a rien oublié, ni de bien démêler sa chevelure, ni de déjeuner et de s’habiller pour la circonstance. Dans sa hâte de retrouver son grand-père pour une journée à eux deux où il va l’emmener en promenade dans les lieux de son enfance, elle est prête bien avant l’heure. Ce qui lui permet de lire avant qu’il n’arrive, de lire des pages et des pages de ce livre qu’il lui a offert et dont elle va lui parler durant tout le trajet, sans se douter un seul instant que c’est lui-même qu’il voit à travers elle, lui-même il y a soixante ans, alors que lui aussi aimait les livres et vénérait son propre grand-père.

Le peintre des océans

christopher wood 1

christopher wood 2

J’aime l’océan, celui des marées, celui qui se déchaîne sous la tempête, celui des plages et celui du large. J’aime le contempler pendant des heures, avec ou sans livre, et écouter sa musique. Et j’aime les toiles du peintre écossais Christopher Wood, lequel a su peindre la mer de façon magistrale.

Le voyage chez lui vaut le détour en cette journée mondiale de l’eau, dont je ne veux pas débattre. Nous savons tous à quel point elle est vitale et nous connaissons notre responsabilité individuelle et collective afin de la préserver.

Le coffre aux objets

vestier

Elle a posé sur sa table son coffre aux trésors qui ne contient que de miniscules objets. Probablement des bijoux, un coquillage ou deux ramassés sur une plage de Bretagne, quelques lettres retenues par un ruban, deux ou trois billes colorées de l’enfance, une clé, un peigne serti de jolies pierres et une plume d’oiseau. Toute sa vie dans un coffre. Dans lequel la lectrice d’Antoine Vestier dissimule le livre miniature qu’elle lit et relit depuis toujours.

Le livre choisi au hasard

john ferguson weir

Les hasards de notre vie nous ressemblent.
[ Elsa Triolet ]

Est-ce ce que se dit la lectrice de John Ferguson Weir, alors que le livre choisi au hasard parmi des centaines de livres est justement de tous celui qui relate une histoire qui ressemble à la sienne ? Mais encore faudrait-il pour cela qu’elle puisse croire au hasard, alors qu’elle n’y croit pas vraiment, qu’elle appelle cela des coïncidences heureuses arrivées sur son chemin, et sûrement pas le hasard. Puisque selon elle, tout arrive qui doit arriver. Et elle ne cesse de répéter cette affrmation, comme si elle en avait fait son credo. Pas de hasard pour elle.

Ce livre dont l’histoire, à demi inventée ou totalement vraie, et peu importe qu’elle soit l’une ou l’autre, n’est pas arrivé entre ses mains pour rien. De ça, elle en a la certitude. Et c’est quand elle aura refermé le livre qu’elle saura peut-être pourquoi.

Intensément

robert andes 2

Où qu’elle soit, elle écrit. À la terrasse des cafés, dans le métro, au lit ou devant son écran. Elle ne sait faire que ça, en fait. Écrire. Même si, paraît-il, elle sait faire de nombreuses autres choses assez bien. Mais pour la lectrice/écrivaine de Robert Andes, il n’y a qu’écrire qu’elle sache faire. Même si on lui dit le contraire, qu’on tente même de le lui prouver.

C’est toujours à l’écriture qu’elle revient, parce que, par elle et seulement par elle, elle vit. Et de plus, avec cette intensité qu’elle n’arrive plus à ressentir hors de l’écriture.

Tranquillement…

antonio gonzales-collado 3

Et parfois, un lecteur entre la vie d’une lectrice. Comme dans la toile d’Antonio Gonzales-Collado. Et côte à côte, ils lisent et s’arrêtent parfois pour échanger une remarque. Et à d’autres moments, ils laissent là les livres pour vivre ensemble autre chose.

Tranquillement, petit à petit, les lecteurs vont rejoindre les lectrices de mes pages. Ils seront moins nombreux, parce qu’ils sont déjà moins nombreux que les lectrices en vrai, mais aussi sur les toiles. Mais ils sont là, et ils ont sûrement des histoires à me raconter que je vous livrerai, parce que là est mon bonheur d’écriture du moment.

La pizza aux quatre couleurs

bistrounique

Pour qui ne sait pas, je l’affirme: on mange bien à Montréal. Je crois, sans faire montre de chauvinisme à outrance, que c’est une des villes où on mange le mieux au monde. Elle n’a pas la réputation de Lyon, la capitale gastronomique de la France, mais elle offre un riche éventail de cuisines ethniques, de bistros, de grands restaurants, de cafés, de lieux où se prélasser et où déguster.

Certains de ces lieux que j’ai déjà mentionnés, le Lézard et les Entretiens, entre autres, ont ma préférence depuis nombre d’années, au même titre que le Bistro Unique, rue Beaubien, tout près de la rue Christophe-Colomb. Petit restaurant sans prétention dont les murs servent de lieu d’exposition pour les artistes, le Bistro Unique sert une des meilleures pizzas sur four à bois du tout Montréal, ainsi que des pâtes et du veau, essentiellement.

Mais il est rare que je me détourme du « droit chemin », c’est-à-dire celui de la pizza. Et je n’ai pas dérogé hier soir. La pizza aux quatres couleurs (pesto, tapenade d’olives, tomates séchées et pâte d’artichauts) était trop tentante. Et je l’affrme: aussi savoureuse que belle. Elle ne vous fait pas envie ?

Une lectrice montréalaise

sylvie moncion

Premier jour du printemps. Et si Montréal, ma ville tant aimée, ne montre pas encore les signes de son arrivée, il paraîtrait que demain le mercure va grimper suffisamment pour que nous puissions affirmer qu’il est bel et bien arrivé. Souhaitons-le. Il est temps. Dans ce pays où l’hiver est si long, le printemps est si attendu chaque année qu’à chaque signe on se dit qu’il est enfin là, qu’il va rester, avec au moins trois fois sur quatre la probabilité qu’il s’agisse là d’un faux espoir.

Mais la lectrice de Sylvie Moncion veut y croire. Elle a déjà sorti sa chaise sur le balcon. Et demain, elle a bien l’intention de lire sous les 13 degrés attendus et d’entrer dans la toile.

Assise à son immense table

vinogradov

Les toiles sont posées contre le mur. Le peintre est absent. Il se repose peut-être, lui qui a peint toute la nuit, tandis qu’elle lit. Tandis que la lumière est parfaite. Et qu’elle profite de la lumière qui entre, du silence par moments entrecoupé de battements d’ailes annonciateurs du printemps.

Et saison après saison, la lectrice de Sergei Arsenevich Vinogradov est assise à son immense table où elle lit et où s’étalent bien souvent deux ou trois livres ouverts.

L’hésitation

lincoln seligman

Range-t-elle un livre ? Est-elle en train d’en choisir un ? Ou voire les deux ? La seule chose qu’on puisse sentir est que la lectrice de Lincoln Seligman est dans un lieu aimé, un endroit où elle est possiblement heureuse. Les doigts frôlent une des couvertures, s’attardent. Il y a du respect dans le geste.

Je me plais à imaginer son hésitation entre deux livres. Lequel tout de suite ? Lequel plus tard ? C’est un moment de délicieuse torture, un moment qui se renouvellera, un moment qui fait partie de la vie de ceux et celles qui lisent.