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La lectrice aux bras nus

ethellouisecoe

Les épaules nues et la lumière qui se posent sur elle indiquent qu’elle lit probablement au soleil. Au beau milieu des années folles peut-on penser puisque l’artiste a vécu de 1880 à 1938 et que les robes sans manches datent de cette époque. On peut aussi imaginer qu’elle n’a pas étalé sur sa peau une couche de lotion solaire FPS 15. Qu’elle ne va pas compter les minutes – voire les heures – parce que le plaisir qu’elle tire de sa lecture comme de la chaleur l’en empêche.

Il n’y avait pas encore de trous dans la couche d’ozone, ou alors on ne le savait pas. On ne parlait pas de cancer de la peau. Et les livres n’étaient pas passés de mode.

Il y a de la joie et de l’insouciance dans cette toile d’Ethel Louise Coe.
Il y a aussi un sentiment de liberté et un vrai bonheur.

Regardez-les toutes. Les lectrices sont parfois fixées sur la toile en pleine réflexion; elles ont parfois un air rêveur. Mais elles n’ont jamais une mine sombre ni un air triste. Oui, regardez-les bien. Il y en a encore beaucoup qui vont défiler ici. Mais décidément, les verts de celle de Coe me plaisent bien.

Solstice d’été

calendrier1

C’est demain la journée la plus longue de l’année, celle qui connaît le plus grand nombre de minutes d’ensoleillement, celle qui marque la fin du printemps et le début de l’été.

Faut-il ne pas dormir ? Danser sur le toit ? Manger un litre de crème glacée ? Tremper ses orteils dans l’eau d’une fontaine ? Se rendre ridicule ? Faire sourire quelqu’un ?
Doit-on la nuit du passage au solstice d’été marquer le coup ?
Je me le demande alors que je fixe les chiffres du calendrier, me disant que c’est bien beau tous ces chiffres, ces calculs savants qui établissent à la seconde près l’arrivé d’une saison. Mais que tous les savants du monde n’arriveront pas à m’empêcher de faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie et de ne pas faire aux dates prescrites ce qui est attendu de moi.

Dans quelques heures l’été ?
Mais l’été, c’est quand je veux. Je vous l’assure.

L’été à l’année, c’est juste un peu d’imagination.

Voyager par la poste

postcard

Il y a des gens qui ont des idées fabuleuses. Il suffit juste que ceux qui pourraient être intéressés soient mis en contact avec ceux qui ont eu l’idée.

La plus récente trouvaille qui fait mon bonheur me vient de ma filleule. C’est dans un magazine qu’elle a appris l’existence d’un club d’échange international de cartes postales. Et comme toutes deux nous collections les cartes postales, me voilà inscrite à « son » club. Trois de mes cartes ont déjà franchi l’océan pour faire le bonheur de deux Finlandais et d’une Néerlandaise et d’autres sont en route pour la Californie et le Brésil.

Sur le site de Postcrossing, il y a même des tracés pour indiquer les voyages des cartes postales. Et dès que celles-ci arrivent à destination, on reçoit un petit mot de la part du destinataire.

Belle trouvaille que celle d’Ève. À défaut de voyager, ce sont des cartes qui voyagent.
Il y a à la fois la surprise de découvrir où va se diriger la carte postale et l’attente pour voir combien de temps elle mettra à parcourir des milliers de kilomètres. Bientôt, j’en recevrai moi aussi. Je me demande d’où viendra la première. D’un pays dont je n’ai aucune carte ? D’un que je connais très bien ?

Peu importe. Ce sera avec plaisir que je l’ajouterai aux quelque 15 000 de ma collection. Souvenirs de voyages, reproductions de toiles ou de photos, et encore plus de mes correspondantes d’autrefois.

Les cartes postales constituent encore un autre de ces plaisirs dont je ne me suis pas lassée. Et c’est avec plaisir que je le redécouvre, grâce à Ève et à ceux qui ont inventé www.postcrossing.com.

Les inséparables de Florence Fuller

florencefuller

Pourquoi les toiles représentant des liseuses me plaisent tant ? Parce que je me reconnais ? Parce que j’aime que la lecture inspire autant les artistes ?
Je sais que je peux passer des heures à chercher pour trouver des toiles et des artistes que je ne connais pas. Dans le but de découvrir de nouvelles lectrices, de nouvelles poses, des couleurs, des lumières.
Je ne me lasse pas.

Florence Fuller, qui a saisi cette lectrice dans une pose que j’aime bien, une jambe repliée sous l’autre, est née en Afrique du Sud, a vécu une partie de sa vie en Angleterre et en France, et la plus grande partie en Australie.

Quand on regarde la toile – enfin, la reproduction -, il est bien difficile de dater ce tableau. Car j’avais quelque chose de cette adolescente sage, pourtant peinte en 1900.

Et le titre ? Inséparables.
Elle a tout compris, cette artiste. Une lectrice et son livre, ce sont effectivement des inséparables.

Qu’il ne change pas trop, Albin de la Simone !

albindelasimone

Je n’avais entendu que deux ou trois titres. Et j’ai finalement craqué.
Les mélodies comme les textes me plaisent. Ce JE VAIS CHANGER est décidément un album bien sympathique, même si d’aucuns diront le contraire.

L’important n’est-il pas avant tout d’un CD qu’on va écouter et ré-écouter qu’il nous plaise, qu’on ait envie de fredonner les chansons, qu’on sente qu’on ne se lassera pas ?
C’est le cas avec cet album d’Albin de la Simone. Et j’avouerai, j’ai un petit faible pour le duo avec Jeanne Cherhal. Quoique tout bien pensé, je ne retirerais aucune des chansons, elles ont toutes un son et des mots qui me font bouger des épaules et des hanches.
Bien agréable, ce CD. Vraiment.

Moi je voudrais encore plus de Jéronimo

jeronimo

Il est irrévérencieux, surtout pas poliquement correct, drôle, intelligent, sensible, fou de musique et des mots. Et la scène lui va comme un gant. Il s’y éclate avec un bonheur fou. Bonheur qu’ont partagé avec grand enthousiasme tous ceux réunis hier soir aux Francofolies pour entendre Jérôme Mardaga mieux connu sous le nom de Jéronimo. Accompagné d’un batteur et d’un bassiste, le jeune Liégeois de naissance s’est déchaîné à un point tel qu’on a parfois eu l’impression de voir un Joe Satriani en lui, s’il n’y avait des présentations drôlement bien ficelées et fines en français. Je fais référence là au clin d’œil à Jean Leloup et Éric Lapointe, et à sa conversation imaginaire avec Jimi Hendrix.

Jéronimo est sur scène comme un poisson dans l’eau. Des chansons comme Ma femme me trompe, Ton éternel petit groupe ou Moi je voudrais dans laquelle il glisse: Moi je voudrais un Belge sur la lune pour y planter nos belles couleurs, autant peuvent-elles être réussies sur CD, encore plus le sont-elles quand Jéronimo les présente, les chante, les étire, les enjolive.

Les influences de Jéronimo sont essentiellement britanniques, il ne s’en cache pas. Mais il connaît la langue, les mots. Et il aime raconter des histoires dans ses chansons et aussi quand il ne chante pas.

C’est à un artiste francophone accompli que nous avons eu droit hier soir. Mon meilleur spectacle des Francofolies avec celui de la grande Sophie. Vivement l’automne où il nous reviendra pour des concerts. Heureusement que d’ici là, nous pouvons nous mettre sous la dent Un monde sans moi et 12h33 , et les écouter ad nauseam (ce qui ne risque pas d’arriver dans mon cas). Je crois que je ne vais pas me lasser!

Quand des Liégeois débarquent à Montréal

ete67

Encore une découverte !

Été 67, la bande des 6 garçons venus d’Esneux (il y a par là un endroit fabuleux pour manger des glaces non moins fabuleuses, mais oups je dérape), nous a servi ses morceaux avec générosité, sans prétention. Les chansons sont tirées de leur premier CD sorti en mars 2006. « Suite d’accords » que je connaissais m’a plu plus que les autres, mais je dois avouer que je ne me suis pas ennuyée à écouter les autres et à suivre les rythmes plus que les mots.

Été 67, qui a choisi son nom parce que cet été-là marque la sortie de grands albums comme Sergents Pepper et The Doors, a la fougue de la jeune vingtaine et l’énergie qui va avec. Un sextuor bien sympathqiue que ces garçons dans le vent de Montréal qui ont fait danser une foule enthousiaste. Il faudra les laisser mûrir encore un peu, mais ce qu’ils nous ont offert ce soir donne à penser que dans quelque temps il faudra compter avec eux dans le paysage de la chanson francophone et non pas seulement belge.

Ole ! C’est 5 à 7 de fiesta !

sangria

Un pichet de sangria bien frais. Et des nachos.

nachos

Il n’en faut pas plus pour faire la fête. Pour fermer le bureau et nous réunir. Parce que Lise part en vacances et passera par Barcelone et qu’il fallait le souligner, comme avait été fêté l’anniversaire de Stéphanie.
Je n’en reviens pas de ce véritable sentiment d’équipe, de cette amitié qui se tisse davantage au fil des jours, de ce sentiment d’appartenance. J’ai fait cavalier seul si longtemps. Mangé à l’écart, toute seule dans mon bureau. Exemple parmi tant d’autres.

Les personnes avec qui j’ai établi un véritable contact au fil de toutes ces années n’ont pas été ceux avec qui je travaillais mais bien mes clients et les représentants. Je ne sais pas comment cela est arrivé, mais c’est pourtant ce qui s’est produit.
Chaque année de plus passée dans ce lieu où j’étais heureuse à cause de ces liens tissés non pas sur place mais à l’extérieur m’éloignait de ceux qui faisaient mon quotidien. C’est tout de même curieux ce constat.

Soudain, j’ai vraiment le sentiment de faire partie d’une équipe. Une vraie.

olives

D’être une olive différente des autres, mais nécessaire à ce mélange qui constitue l’équipe des communications. Je sais: curieuse image que celle de ces olives dépareillées. Mais je l’aime. Et je trouve qu’elle représente les idées de Marie-Claude, de Lise, de Stéphanie, d’Alain, de Francine et les miennes, réunies dans une même assiette. Et sincèrement, elle m’inspire, cette photo.

Je crois que je vais être TRÈS bien là. Vraiment.
On y a le sens de la fête en même temps que l’amour du travail bien fait.
Deux choses très importantes. Pour moi. Pour eux.
Deux choses qui me donneront envie de dire présente. Ce n’est pas rien.

Vous prendrez bien un petite verre de sangria ?

Elle a un petit quelque chose, mais…

oliviaruiz

Elle a signé trois textes de son second CD, La femme chocolat. Les autres ont été confiés entre autres à Christian Olivier, des Têtes Raides, à Ben Ricour et à Christophe Mali. Curieusement, tous ces hommes se retrouvent à l’instar de la chanteuse native de Caracassonne aux Francofolies de Montréal. Mais pas sur même scène, ce qui aurait été une belle idée.

Visiblement, l’ex-découverte de Star Academy est heureuse d’être là. C’est clair, elle a une envie folle de danser et ne se gêne pas pour le faire: on l’imagine bien un de ces jours nous faire un petit flamenco à la voir taper du pied et froisser sa robe comme si elle cherchait une crinoline.

Olivia Ruiz est sympathique.
Ceux qui ont composé des musiques pour elle ont réussi leur pari.
Les musiciens qui l’accompagnent savent y faire, rien à redire.

Mais je reste mitigée. Convaincue d’avoir vu un bon spectacle, car c’était le cas. Mais je n’ai pas été « touchée ». Les préoccupations et les thèmes d’Olivia Ruiz ne me rejoignent pas. Ni sa naïveté – vraie ou alors habilement exploitée – ni sa petite voix claire haut perchée, pas plus que ses hanches qui se balancent sur la musique ne m’ont vraiment convaincue. Pourtant, je suis sûre que c’est une artiste de qualité et qu’il y a fort à parier qu’elle aura une belle carrière, celle-ci étant déjà bien amorcée. Mais…

Suis-je trop vieille pour apprécier Olivia Ruiz à sa juste valeur ? Ou alors le fait qu’elle se mette en scène ainsi que les siens dans des chansons autobiogtraphiques m’agace plus que ça ne me plaît ?
Je suis rentrée. Contente d’avoir assisté au spectacle, mais pas émue.
Tout ne peut pas nous plaire, preuve de plus.

Mais il est bien de pouvoir, grâce à des spectacles gratuits, découvrir des artistes dont on connaît une ou deux chansons ou dont on a vaguement entendu parler. C’est une belle occasion que ces Francofolies. Je n’aime pas tout, mais je découvre, et ça c’est un beau cadeau.

Le fado/rock de Da Silva

dasilva

Da Silva est un poète. Da Silva est aussi un rocker qui n’a rien oublié de ses origines portugaises.
Résultat: un fado endiablé et énergique sur de jolis vers. Résultat: un spectacle intimiste et chaleureux. Résultat: des orchestrations réussies et menées avec brio par Da Silva et ses trois acolytes qui s’en donnent à cœur joie de se trouver réunis pour faire chanter les mots.

S’il est parfois trop théâtral dans sa gestuelle, on lui pardonne cet excès volontiers tant il le fait avec humour ou grandiloquence savamment étudiée. Da Silva est un véritable homme de scène, un homme de partage aussi, un homme qui raconte des histoires dans une jolie langue. Pas étonnant de la part d’un homme qui aime Rimbaud : il en a d’ailleurs fait le héros d’une de ses chansons.

Da Silva a conquis ceux qui ne le connaissaient pas ou vraiment peu.
Ceux à qui il a dédié L’indécision dont je retiendrai ces vers:

Je n’ai pas su effacer le fond de l’écran
notre histoire pauvre en couleur semble indélébile
Assailli mon cœur ne bat plus la cadence
des jours heureux passés en ta présence

Ajoutez les cordes des guitares et du violon et vous aurez là une très belle chanson. Je vous souhaite de pouvoir l’entendre et même, et surtout, de voir Da Silva l’interpréter.