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En vos mots 983

  

Déjà le dernier dimanche de février! Il est vrai que c’est le mois le plus court de l’année, mais il a tout de même passé très vite. Et tant mieux, puisque sous peu le printemps devrait pointer le bout de son nez.

En attendant, je vous propose de faire vivre en vos mots ce tableau de l’artiste québécoise Johanne Cullen, exercice que vous faites si bien semaine après semaine. Et comme aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, vous pouvez prendre tout votre temps avant d’écrire quelques lignes. Profitez-en pour lire les textes déposés sur la précédente scène livresque et commentez-les si vous le souhaitez. Nous vous lirons avec plaisir.

D’ici là, bon dimanche et bonne fin de mois à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.

3 réponses

  1. Il est des nuits où elle ne dort pas. En continu, ou en alternance avec quelques micro-siestes, elle lit. Quoi d’étonnant, quand par manque d’espace on a fait de sa chambre sa bibliothèque? Quand on dort sur des livres, puisqu’il y en a jusque sous le lit et dans diverses caisses alentour?
    La nuit dernière, Mira s’est endormie pour plusieurs heures en lisant. Cela lui arrive parfois. Ce qui est advenu pour la première fois cependant, c’est que dans son rêve, son matelas était constitué entièrement de livres. Et même que tout comme la princesse au petit pois, elle reposait sur plusieurs matelas de bouquins entreposés par couches. C’est au réveil qu’elle a été surprise, de constater qu’elle s’était effectivement assoupie sur quelques volumes et revues gardés près d’elle sous la couette. Toutefois l’idée de supprimes les boîtes entourant son lit, pour faire de leur contenu un matelas, vient de germer subrepticement en elle. Demain, elle la réalisera.

  2. Pour vous, tout semble si facile.
    Le doux couffin raffiné, les draps en lin et le bouquet de lavande. Les bonnes fées qui veillent sur votre sommeil chaque nuit.
    Les câlins dans le berceau. La joie bruyante des premiers pas étourdis. Que de l’amour. Rien que ça.
    Cartable à fleurs rouges et roses. Les histoires de loups et de princesses. Les amitiés naissantes.
    Doigts tachés d’encre bleue. Les bulletins et les regards tendrement fiers à la sortie de l’école.
    Vacances chez les grands-parents. Le chien qui vous suit, partout. Heureux. Puis le premier frisson amoureux. Les samedis soirs entre copains. Baisers volés ou perdus.
    Et le printemps après l’hiver. Puis l’été, en attendant que l’automne vienne éblouir vos regards. Et Noël qui est tout au bout. La tendresse. Les rires. Les cadeaux au pied du sapin. De l’amour à en crever. Rien qu’une certitude. Une évidence.
    Pour vous, tout semble si facile. Si facile.
    Moi je n’ai que les pages qu’on dit blanches. Dépourvues de toute couleur et sans âme. Des bouts de mots épars et décousus que je n’ai jamais pu écrire, pour dessiner l’histoire d’une vie que je n’aurai vécu que par les mots des autres. Que je prétends miens, les nuits où il m’a fallu faire semblant d’avoir existé. Moi aussi.
    Et pourtant j’aurais tant aimé pouvoir écrire quelques mots d’un souvenir entier.
    De ceux qui viennent effleurer votre visage la nuit et vous rassurer… juste avant qu’on s’endorme, sans devoir craindre le chagrin des rêves.

  3. Depuis mes premiers souvenirs, ceux que l’enfance nous laisse, j’entends, lorsque solitude et manque de tendresse, comme une voix dans ma tête qui me rassure : Tiens bon, le meilleur est à venir.
    Déceptions d’écolier, errances d’adolescent, des nuits sans sommeil, à compter les étoiles et toutes ces idées noircies de mal-être qui vous donnent des envies d’en finir, et dans ma tête, comme un ange gardien, une voix qui rassure : Tiens bon, le meilleur est à venir.
    Et puisque ce meilleur à venir, c’est toujours pour demain. Ou pour après-demain. Sûrement pour plus tard. Un jour, c’est sûr, il viendra. Alors, on l’attend, comme dans nos histoires d’enfance, lorsqu’on attend ce prince et son doux baiser qui nous sortira du maléfice de ne pas être aimé.
    Les années passent, les coups durs. Les rêves perdus ou fracassés contre les murs de l’indifférence ou d’ailleurs. Tous ceux qu’on ne brisera jamais et se dressent au plus profond de nous. Mais… On tient bon, puisqu’ il y a cette voix, comme un drôle de génie sorti d’une lampe: Tiens bon, le meilleur est à venir.
    Puis, même si on ne l’attend plus, on finit par se dire que peut-être, par un coup du sort ou par un heureux accident du destin, il viendra. Sûrement en titubant, comme un ivrogne, mais il viendra. Sourire moqueur aux lèvres, et sans s’excuser de son retard. Il viendra, habillé d’étoiles et parfumé de tendresse, ce meilleur qui est à venir et qu’on attendait depuis toujours.
    Ce jour-là, je sais que je m’endormirai. Serein. Comme un enfant heureux. Dans son couffin de nuages. Persuadé que le meilleur est l’avenir.

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