Chaque mot écrit est une victoire contre la mort. (Michel Butor)
*toile de Jeanie Collin Keys
Juillet
Si je t’approche,
et marche patient sur notre plage,
je te confonds avec la mer.
Les murmures s’assemblent
en gerbes, en volées
au-devant des désirs.
Ta peau respire le champ bleu
et le vent des ombres.
Les pousses éclatent parmi les pierres.
C’était juillet. C’était le monde.
C’était nous.
Fernand Ouellette, En la nuit, la mer
*choix de la lectrice de Sergueï Vinogradov
Quelle merveille que cette carte envoyée par Mélanie. Je me glisserais bien à l’intérieur de celle-ci pour humer tous ces parfums si c’était possible.
L’important dans la vie, ce n’est point le triomphe, mais le combat. L’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu. (Pierre de Coubertin)
*toile de Lea Colie Wight
Le promeneur
Il enjambe les chemins
et contourne les pétales.
Il se dévide en appelant les oiseaux
sur son fil, en laissant flotter
des pans dans le ciel.
Il ne sait rien des jours.
Il ne prête l’oreille au va-et-vient
du sang et des pensées.
Rien ne paraît le distraire
quand il passe par les arbres.
Fernand Ouellette, En la nuit, la mer
*choix de la lectrice de Jan Toorop
Je ne me lasse pas de ce que les cartes postales me font découvrir, qu’il s’agisse d’endroits comme d’artistes.
Cette invitation à visiter Berlin, envoyée par Sabine, m’a donné envie de connaître le travail de Jiska de Waard, responsable de ce petit bijou. Peut-être que ce sera aussi votre cas?
On sait que les mots prononcés par le cœur ne sont pas articulés par la langue, un nœud les retient dans la gorge et on ne peut les lire que dans les yeux. (José Saramago)
*toile de Mischa Askenazy
Ma femme
Quand le soleil m’enchaîne
ces jours d’orange en déclin,
et que je penche vers mon ombre,
dernier recours de ma présence :
le bandeau de la peine
me serre la pupille,
et suis comme l’enfant
que le désir fuit à reculons.
Le sang doit forcer l’opacité.
le ruisseau bleu la glace.
Que de murs étrangers
entre le cœur radieux
et l’espérance rampante!
Ma femme me tient en elle,
comme elle tient la terre,
avec le bercement ferme
de la marée tenace.
Et lorsque le dernier rayon
a franchi l’autre monde,
près de l’horizon elle s’élève
en me tirant de la ténèbre.
Fernand Ouellette, En la nuit, la mer
*choix de la lectrice de Bernard Taurelle
Quand les hommes vivront d’amour…
Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts, mon frère.
Quand les hommes vivront d’amour
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours
Mais nous, nous serons morts, mon frère.
Dans la grande chaîne de la vie
Où il fallait que nous passions
Où il fallait que nous soyons
Nous aurons eu la mauvaise partie.
Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts, mon frère.
Mais quand les hommes vivront d’amour
Qu’il n’y aura plus de misère
Peut-être songeront-ils un jour
À nous qui serons mort, mon frère.
Nous qui aurons aux mauvais jours
Dans la haine et puis dans la guerre
Cherché la paix, cherché l’amour
Qu’ils connaîtront alors, mon frère.
Dans la grande chaîne de la vie,
Pour qu’il y ait un meilleur temps,
Il faut toujours quelques perdants
De la sagesse ici-bas c’est le prix.
Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts, mon frère.
Raymond Lévesque, Quand les hommes vivront d’amour : chansons et poèmes
*toile de Ginette Javaux
Les jours
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Si vous désirez la Lune
Vous ne verrez pas la vie
Car c’est beaucoup de soucis
Que les désirs et l’ambition,
Ne vous faites point saisir
Par ce qui peut vous détruire.
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Quand même que vous vous feriez
Tous les soucis de la Terre
Jamais vous ne connaîtrez
Ce que vous réserve le sort,
Il vaut bien mieux apprécier
Ce que maintenant vous avez.
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Votre seule richesse
Ce sont les jours
Ce sont les jours
Ce sont les jours.
Quand demain viendra l’adieu
Alors vous vous rappellerez
Tous les beaux jours évanouis
Avec des regrets au cœur,
Si vous n’avez jamais su
Apprécier le temps perdu.
Raymond Lévesque, Quand les hommes vivront d’amour : chansons et poèmes
*toile d’Eastman Johnson
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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