
Tout art tire son origine d’un défaut exceptionnel. (Maurice Blanchot)
*toile d’Edwin Holgate

Il a suffi qu’un illustrateur globe-trotter fasse voir à une écrivaine la valise contenant des centaines de dessins postés des endroits où il ont été réalisés pour que celle-ci se laisse prendre au jeu d’écrire à partir de ceux-ci.
Cela donne un album magnifique. Inspiré. Inspirant. Où se côtoient des paysages, des couleurs, des timbres, des oblitérations. Et des poèmes.
Pour qui aime les cartes postales, cet album est presque une série de cartes postales. Plus artistiques que touristiques. Pour qui aime la poésie, ce recueil d’images est aussi un recueil de poèmes.
Pour qui aime les arts qui se croisent, De la ville, il ne reste que toi est un bijou. Rien de moins.
Normand Cousineau et Jennifer Tremblay ont signé ici un album séduisant, à laisser traîner, à ouvrir au hasard. Pour se retrouver à Paris, à Cuba, à Québec, à Londres, à Bruxelles, au Venezuela, ou ailleurs. Là où « tous les panneaux montrent la mer droit devant ».

Certaines cartes postales vous plaisent d’emblée, sans que vous puissiez tout à fait dire pour quelles raisons. Celle-ci est une de ces cartes.
Elle m’a tout de suite donné envie de sortir mes crayons de couleur.

C’est ce qui est essentiel dans la vie qui nous fait mieux comprendre ce qui l’est moins. (Pierre Trépanier)
*toile de John Wilde

On ne parle pas de ça ne ressemble pas aux autres romans d’Eva Kavian. Mais il lui ressemble pourtant. Il a le souffle, le rythme auxquels l’écrivaine belge nous a habitué. Mais il est plus grave, plus tourmenté, tout en restant pudique, même si non avare de certains détails.
On ne parle pas de ça réunit des femmes qui ont en commun le fait d’avoir perdu un enfant, mais qui n’en parlent pas. Des femmes qui se sont trouvées par la force du hasard, parce qu’elles devaient se rencontrer, s’entraider, passer à autre chose et laisser derrière elles ces enfants qui leur avaient été enlevés par accident, par suicide, par maladie.
On ne parle pas de ça ne parle pas juste de la mort, de celle qu’on n’attend pas et avec laquelle il faudra composer à jamais, de celle qui vient de manière imprévisible poser sur soi un regard qu’on ne connaissait pas en raison d’un geste irrémédiable extérieur à soi, de celle qu’on espère sans la souhaiter pour que cesse la souffrance.
On ne parle pas de ça parle de la vie, de celle qui demeure, malgré tout, en raison de ce qui est arrivé, et parce que, peut-être la vie est souvent plus forte que la mort, la tendresse étant en mesure de prendre toute la place quand le chagrin est trop immense pour en parler, voire l’évoquer.
Eva Kavian signe avec ce roman destiné aux jeunes adultes un livre bouleversant, tout en nuances et en silences, en regards et en gestes. Un roman percutant. Un roman dont on ne sort pas intact. Un roman comme il en existe trop peu.

Désert ne signifie pas nécessairement lieu désertique, comme le prouvent ces magnifiques cactus en fleurs du désert de l’Arizona.

Quand on écrit avec facilité, on croit toujours avoir plus de talent qu’on n’en a. (Joseph Joubert)
*illustration d’Inés Vilpi

Avec Papa, pourquoi t’as voté Hitler?, Didier Daeninckx pose une question grave et importante, voire nécessaire. Car Hitler ne s’est pas retrouvé à diriger l’Allemagne sans l’appui de la population, laquelle a vu en lui celui qui allait sauver le pays de la crise économique dans laquelle le pays, comme le reste du monde, s’était enlisé. Hitler a été élu démocratiquement et a pu accéder au pouvoir grâce à une alliance parce que son parti ne possédait pas la majorité.
Mais ce qu’il a fait avec le pouvoir en mains n’a rien à voir avec les promesses qu’il avait faites, même si elles en avaient parfois un peu la couleur pour ceux qui espéraient tant un changement à leur situation.
Très rapidement, le narrateur a compris que voter Hitler était une erreur, puisque ses parents, pour la première fois à sa connaissance, ne s’entendaient pas quand il était question du choix du candidat pour cette élection qui serait déterminante pour l’Allemagne et le reste du monde. Et il le comprend encore davantage quand il voit la violence monter, la dictature s’installer, la guerre se déclarer et prendre de l’ampleur.
Où tout cela va-t-il mener Rudy et sa famille? Et qu’adviendra-t-il de sa petite sœur, différente en raison de sa lenteur intellectuelle? Devra-t-elle être exterminée pour cette raison?
Cet album destiné aux 8 à 11 ans, illustré pat Pef avec un regard qui n’appartient qu’à lui, est ponctué de documents historiques afin d’éclairer les jeunes lecteurs, sans que cela n’alourdisse le texte ni ne les éloigne de l’histoire de Rudy. La grande sensibilité de Didier Daeninckx fait le reste.
Un album remarquable qui devrait être dans toutes les bibliothèques scolaires. Pour comprendre, pour que ne s’effacent pas les traces de l’Histoire, et pour que plus jamais cela n’arrive.

Les couleurs de Cassis… Le plaisir de faire connaissance avec l’artiste Lisa Lorenz, d’origine montréalaise.

Tout homme reçoit deux sortes d’éducation: l’une qui lui est donnée par les autres, et l’autre, beaucoup plus importante, qu’il se donne à lui-même. (Edward Gibbon)
*toile de Jeffrey Hein
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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