Dans l’eau du temps qui coule à petit bruit, Dans l’air du temps qui souffle à petit vent, Dans l’eau du temps qui parle à petits mots Et sourdement touche l’herbe et le sable; Dans l’eau du temps qui traverse les marbres, Usant au front le rêve des statues, Dans l’eau du temps qui muse au lourd jardin, Le vent du temps qui fuse au lourd feuillage Dans l’air du temps qui ruse aux quatre vents, Et qui jamais ne pose son envol, Dans l’air du temps qui pousse un hurlement Puis va baiser les flores de la vague, Dans l’eau du temps qui retourne à la mer, Dans l’air du temps qui n’a point de maison, Dans l’eau, dans l’air, dans la changeante humeur Du temps, du temps sans heure et sans visage, J’aurai vécu à profonde saveur, Cherchant un peu de terre sous mes pieds, J’aurai vécu à profondes gorgées, Buvant le temps, buvant tout l’air du temps Et tout le vin qui coule dans le temps.
Alors que je viens à l’instant de valider les textes que vous avez déposés sur l’illustration de dimanche dernier, je vous propose de vous attaquer à cette scène livresque de l’artiste suédoise Sanna Borell, qui me rappelle mon enfance et le fauteuil à côté de la fenêtre du salon dans lequel je passais des heures à lire.
Aucun texte ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous laisse plus que le temps d’examiner cette image et d’écrire quelques lignes.
D’ici là, bon dimanche à tous et bonne dernière semaine d’octobre!
C’est un pays de montagne, mettez vos pas dans mes pas, mes chers amis, soyez purs soyez fin comme la neige – on entend siffler déjà l’ombre d’un hiver futur : C’est bien plus haut qu’on ne pense, Vous n’êtes pas seuls, suivez. suivez- moi; où êtes- vous? (Ils tombaient sur les genoux) C’est bien plus qu’on ne pense, (Pourquoi n’avancent-ils plus?) C’est un pays de silence. Celui qui parle est perdu.
Fièvre amoncelée du bleu. Le ciel s’est absous de ses derniers nuages. Le voilier est comme enchaîné; il vogue, mais si lentement que la meute des requins souples l’a presque dépassé.
Nul surgissement d’île aux horizons circulaires, où l’œil puisse arrêter sa chute et fraîchement atterrir;
Maintenant que chacun songe à des îles, à des saveurs d’ananas et d’oranges, à l’ombre ventilée de palmiers-éventails.
Il y a trente ans jour pour jour s’éteignait le poète belge Georges Mogin, connu sous le nom de Norge. Pour vous le faire découvrir, j’ai invité quelques lectrices à s’installer à table afin de prendre une tasse de thé ou de café, en commençant par celle peinte par l’artiste Mary Morvant. Question de savourer les vers de ce poète, notamment ceux-ci :
Petit clairon de modeste note Qui t’égosilles dans le matin, Dis-moi, petit clairon de parlote, Dis-moi pourquoi tu as du chagrin.
Dis-moi pourquoi clairon de faubourg, Ton fa dièse a tant de détresse, Dis-moi si c’est le nord qui te blesse Ou si ton mal est un mal d’amour.
Petit museau musant grêle et froid, Comment fais-tu pour chanter en berne Et pour jeter de si peu de voix Tant de clairon sur tant de caserne?
Tu te plains trop dans la noire cour, Petit clairon de petite race. Dis-moi si c’est le nord qui te glace Ou si ton mal est un mal d’amour.
Avant cette carte postale, j’ignorais l’existence des bergers des alpes fribourgeoises et vaudoises appelés amaraillis, lesquels sont responsables de la descente des fromages en septembre-octobre. Mais grâce à cet article, que je vous invite à lire, me voilà grandement renseignée!
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