Il est des livres dont on aime d’emblée le ton, et cela malgré la gravité du sujet. On ne badine pas avec la guerre, avec la montée du nazisme, avec la fuite, avec la délation, ni avec la déportation. Et pourtant. On peut regarder cela avec les yeux d’une gamine de onze ans qui a été confrontée à nombre de déménagements, qui a vu son père partir encadré par des officiers allemands et ses grands-parents arrêtés parce qu’une bonne samaritaine les a donnés, et qui, au fil de son récit, nous donne même à sourire, juste par sa manière de raconter chaque événement. Et c’est là la force de ce récit de Nadine Bitner. Cette manière de se glisser dans sa peau de gamine pour que nous ressentions les émotions qui étaient siennes et qui ont fait l’adulte qu’elle est qui ne supporte pas d’attendre. Parce qu’elle a déjà assez attendu. La fin de la guerre et de l’exil, le retour à Paris et celui de son père.
Papa va revenir aurait pu être un récit étouffant. Mais ce n’est pas le cas. Le talent de conteuse de Nadine Bitner y est pour beaucoup.

Une réponse
Ton billet donne envie de lire le livre et de découvrir Nadine Bitner. Merci Lali!