Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.
(Paul Verlaine)
Depuis que le lecteur de Gilbert Stuart a lu ces lignes, il sait qu’il n’écrira jamais, que tout ce qu’il aurait voulu écrire a été écrit déjà. Que son rêve n’a rien d’exceptionnel, puisqu’un autre l’a eu avant lui, et que de toute façon, il n’aurait pas les mots du poète pour les dire aussi bien. Il ne lui reste donc qu’à le retenir. Qu’à le répéter. Et peut-être que celle dont il rêve l’entendra murmurer ces vers dans ses rêves.
Et moi qui suis dans ses rêves, je lui dirai que tout est à écrire, et peut-être qu’il me croira.

Une réponse
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« Ne te crois pas pauvre parce que tes rêves ne se sont pas réalisés : vraiment pauvre est celui qui ne connaît pas le rêve ! »
Marie von Ebner-Eschenbach