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Les vers de Nelligan 17

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La lectrice de Jean-Baptiste Camille Corot a laissé faire le hasard. Elle sait qu’il est souvent heureux. Qu’il est parfois révélateur. Et c’est sur ces vers de Nelligan que le hasard l’a conduite :

PRÉLUDE TRISTE

Je vous ouvrais mon cœur comme une basilique;
Vos mains y balançaient jadis leurs encensoirs
Aux jours où je vêtais des chasubles d’espoirs
Jouant près de ma mère en ma chambre angélique.

Maintenant oh ! combien je suis mélancolique
Et comme les ennuis m’ont fait des joujoux noirs!
Je m’en vais sans personne et j’erre dans les soirs
Et les jours, on m’a dit : Va. Je vais sans réplique.

J’ai la douceur, j’ai la tristesse et je suis seul
Et le monde est pour moi comme quelque linceul
Immense d’où soudain par des causes étranges

J’aurai surgi mal mort dans vertige fou
Pour murmurer tout bas des musiques aux Anges
Pour après m’en aller puis mourir dans mon trou.

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