J’aime provoquer des rencontres et c’est sûrement pour cette raison que j’aime tant celles entre les lectrices du soir venues de tous les pays et de toutes les époques avec un poète. Ainsi, celle de l’artiste Herbert Katzmann et de Joachim du Bellay, qui a permis à celle-ci de découvrir ce poème :
Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l’honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront,
Ceux qui aiment les arts, les sciences diront,
Ceux qui sont vertueux, pour tels se feront croire,
Ceux qui aiment le vin, deviseront de boire,
Ceux qui sont de loisir, de fables écriront,
Ceux qui sont médisants, se plairont à médire,
Ceux qui sont moins fâcheux, diront des mots pour rire,
Ceux qui sont plus vaillants, vanteront leur valeur,
Ceux qui se plaisent trop, chanteront leur louange,
Ceux qui veulent flatter, feront d’un diable un ange :
Moi, qui suis malheureux, je plaindrai mon malheur.

2 réponses
merci pour ce poème de J.du Bellay dont à ma grande honte je ne connaissais que le classique « Heureux qui comme Ulysse…
Ceux qui lisent Gotlib, les pluvians chanteront ;
Ceux qui sont vaniteux promèneront leur gloire ;
Ceux qui sont triomphants clameront leur victoire ;
Les Babyloniens leurs hauts murs vanteront ;
Les poètes obscurs des mystères diront ;
Les savants débattront de croire ou ne pas croire ;
Les Rabelaisiens commanderont à boire ;
Les imaginatifs sur les murs écriront ;
Les parleurs hésitants ne sauront point quoi dire,
Désabusés qu’ils sont des larmes et du rire ;
Les purs indiqueront où se trouve le bien.
Les amoureux feront l’immortelle louange
De l’amour, du bonheur, des saisons, de leur ange ;
Moi, qui suis paresseux, je ne vous chante rien.