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Les vers de Joachim du Bellay 1

stapleaux-michel-ghislain.jpg

Quand j’ai vu la lectrice peinte par Michel Ghislain Stapleaux s’allonger sur le sofa, j’ai été certaine d’avoir fait le bon choix en sélectionnant pour les lectrices du soir le recueil de Joachim du Bellay. Elle est ainsi restée dans cette position un long moment avant de partir dans la nuit en laissant le livre ouvert sur ces mots :

Tout le parfait dont le ciel nous honore,
Tout l’imparfait qui naît dessous les cieux,
Tout ce qui paît nos esprits et nos yeux,
Et tout cela qui nos plaisirs dévore :

Tout le malheur qui notre âge dédore,
Tout le bonheur des siècles les plus vieux,
Rome du temps de ses premiers aïeux
Le tenait clos, ainsi qu’une Pandore.

Mais le destin, débrouillant ce chaos,
Où tout le bien et le mal fut endos,
A fait depuis que les vertus divines

Volant au ciel ont laissé les péchés,
Qui jusqu’ici se sont tenus cachés
Sous les monceaux de ces vieilles ruines.

Une réponse

  1. De sept églises d’or notre pays s’honore ;
    Plus belles n’en sont point, autre part, sous les cieux.
    Nous les voyons briller, un régal pour nos yeux,
    Ainsi que pour nos coeurs que la piété dévore.

    Aussi, nous entendons nos sept clochers sonores,
    Aux beaux accords desquels vibrent jeunes et vieux,
    Comme jadis vibraient nos louables aïeux,
    Comme nos descendants en frémiront encore.

    Nous avons d’autres dieux, d’étranges animaux
    Qui jamais n’ont daigné vivre dans un enclos ;
    Nous devons respecter leur liberté divine.

    Mais lequel pourra mieux remettre nos péchés,
    Ou le temple brillant, ou l’animal caché ?
    Telle est, dans ce pays, la question qu’on rumine.

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