Les trois sœurs
C’est l’heure du café pour les trois sœurs de Danielle Akmen.
Une seule lit et de plus quelque chose de très sérieux en cette heure matinale. Est-elle des trois l’aînée, celle qui lit, celle qui conseille, celle sur qui on peut compter? Je l’imagine bien veillant sur ses sœurs, elle, la sérieuse, la réfléchie, alors que les deux autres sont en train de se demander comment elles se vêtiront, qu’elles s’aideront l’une l’autre à se coiffer.
L’aînée n’a plus ces préoccupations de séduire ou de trouver l’homme. La seule chose qu’elle ait en tête est l’avenir de ses sœurs. À tel point qu’elle pense peu à elle. Ou peut-être pas du tout.
De telles femmes, nous en avons connues, nous en connaissons. Celles à qui on voudrait dire qu’elles ne peuvent à elles seules porter le poids de l’humanité sur les épaules. Celles dont on devrait caresser les cheveux, parce que personne ne l’a fait. Ou alors si peu, trop peu. Celles qu’on voudrait moins sérieuses, mais qui ne savent plus être légères, parce que trop des responsabilités pèsent sur elles. Ce sont souvent des mères. Aussi des sœurs. Des amies. Comme j’aimerais lui dire à l’aînée de ces trois sœurs d’être aujourd’hui insouciante. Pas tous les jours. Mais aujourd’hui. Qu’elle pourrait même y prendre goût tout en ne perdant pas de vue ce qu’elle est foncièrement, sérieuse et réfléchie. Mais que que cela allégerait certains jours qui lui semblent trop lourds.
Ce texte est magnifique Lali! Peut-être parce qu’il me rejoint. L’insouciance…quel beau mot pour un début de printemps qui semble s’installer pour de bon!En effet, pourquoi ne pas se permettre un soupçon d’insouciance avec un grain de folie!
Merci Lali pour ta sensibilité qui fait du bien à une lectrice assidue,
Flairjoy
Comment by Flairjoy — 18 avril 2007 @ 18:45