La lectrice de Peter Grainger s’est attardée dans son livre du soir. Dans L’outre-vie de Marie Uguay, qu’elle ne quitte plus depuis des jours. Et elle s’est endormie avec les en tête les mots de la poète, le livre ouvert.
Il fut un temps d’attente dans le froid sel d’un été
Le silence était ces bancs de sable abîmés
ou décuplés par la lumière et le vent
Un jour cendres
à l’appel de l’histoire des morts
Un jour lits solaires sous l’appesantissement de midi
puissantes corolles
confidents de solitude
Un jour roses des seins et des genoux
chair silencieuse sous la caresse des embruns
Un jour plus blancs encore que l’anneau de Saturne
pour l’enlevante pureté de la mer
pour les mouettes
blancs pour la parfaite représentation du silence
blancs entre les signes des seigles de mer

Commentaires récents