Le printemps gracieux
Celui qui n’a point vu le printemps gracieux
Quand il étale au ciel sa richesse prisée,
Remplissant l’air d’odeurs, les herbes de rosée,
Les cœurs d’affections, et de larmes les yeux :
Celui qui n’a point vu par un temps furieux
La tourmente cesser et la mer apaisée,
Et qui ne sait quand l’âme est du corps divisée
Comme on peut réjouir de la clarté des cieux :
Qu’il s’arrête pour voir la céleste lumière
Des yeux de ma Déesse, une Vénus première.
Mais que dis-je? ah! mon Dieu qu’il ne s’arrête pas :
S’il s’arrête à la voir pour une saison neuve,
Un temps calme, une vie, il pourrait faire épreuve
De glaçons, de tempête, et de mille trépas.
(Philippe Desportes)
*toile de Theodore Robinson

3 réponses
Poème très touchant ! Toile qui l’illustre superbe !
Très beau poème et la toile m’enchante !
Ce fut un très beau samedi à lire les splendides poèmes et à admirer les toiles d’une grande beauté.
De tout coeur, merci Lali !