La lectrice d’Anthony Christian, comme toutes celles qui sont passés depuis que j’ai laissé sur la table les Poèmes choisis de Saint-Denys Garneau, a d’abord caressé les pages d’un autre temps avant de se plonger dans les mots du poète. Comme si elle touchait l’âme de celui qui les a écrits. Et comme toutes les autres, elle a quitté la pièce, silencieuse. En laissant ceci derrière elle :
Figures à nos yeux
Figures à nos yeux
Figures surgies
À peine
Et qui ne quittez pas encore l’ombre
Quel désir vous attire
À percer l’ombre
Et quelle ombre vous retire
Évanescentes à nos yeux
Figures balancées
Aux confins du visible et qui surgissez
En un jeu de vous voiler et dévoiler
Vous venez mourir ici sur le bord
d’un sourire imaginaire
Et nous envelopper dans la chaleur de votre gravité
Balancement entre l’apparence et l’adieu
Vous nous quittez et vos yeux n’auront pas regardé
Mais nous serons tombés dedans comme dans la nuit.

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