La chercheuse
La lectrice de la Torontoise d’origine finlandaise Yawn Temiseva porte des lunettes. À elle seule, cela la devrait la démarquer de la plupart. Mais je ne veux pas m’arrêter à ce détail. Je préfère plutôt retenir ses sourcils froncés, comme si ce qu’elle était en train de lire la surprenait ou la rendait perplexe. S’agit-il d’une découverte scientifique ? Je lis le doute sur son visage. Je l’imagine très bien se lever, aller chercher d’autres articles afin de faire le lien avec ce qu’elle lit.
Elle est ainsi. Toujours en elle ce besoin de comprendre les choses, d’aller plus loin, de mettre côte à côte toutes les données, de les analyser. Un court article de deux colonnes dans une revue risque de provoquer des heures et des heures de recherche. Parce que les livres et les articles qu’elle a lus ne lui suffiront pas, qu’elle aura besoin de chercher sur le net de l’information supplémentaire. Qu’elle va peut-être même y passer la journée. Mais qu’elle ne sera pas satisfaite si elle ne le fait pas.