
Déjà dimanche! Donc, déjà lundi demain! Comme je voudrais trouver le temps de m’asseoir face à l’eau et de lire comme le fait la lectrice imaginée par Mopasang Valath! Mais je n’y arrive pas. Il y a encore tellement de choses à faire pour mon installation dans la maison familiale. J’empile donc les livres en attendant de trouver le temps de lire.
Je vous confie donc cette scène livresque qui me plait beaucoup afin que vous la racontiez en vos mots, comme vous le faites si bien semaine après semaine. Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant le prochain En vos mots, dans sept jours. Vous avez donc amplement le temps de lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier et d’écrire quelques lignes afin de faire vivre la toile du jour. C’est avec plaisir que nous vous lirons.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
2 réponses
Ils se sont arrêtés le long de la Loire. Comme d’habitude, il est parti nager sans traîner. Mais elle n’attend que ce moment pour replonger dans son livre. Comme de coutume aussi, le chien a suivi Raphaël dans la nage. Et elle l’entend au loin qui s’ébroue.
Comme toujours, Raphaël lui a dit qu’elle ne savait pas ce qu’elle manquait des plaisirs de la baignade. Et elle n’a rien répondu. Mais ce qu’elle pense, c’est que lui perd beaucoup en ignorant les joies ineffables de la lecture. Surtout au bord de l’eau.
Au départ, je ne voulais que m’arrêter un peu. Après les dix mille pas quotidiens vivement conseillés pour mon âge.
Regarder le monde. Me rappeler quelques mots d’un livre lu il y a longtemps. Quand je choisissais les écrivains plutôt que les écrits. Jusqu’à ce que je découvre d’autres mots murmurés par des plumes inconnues.
L’infatigable bouillonnement des pensées. Les jeunes années. Les amours inachevées. Les amis disparus sans un adieu. Tout ça. Sans regrets. Juste un goût amer de ne pas leur avoir dit combien je les aimais. Oui, je sais, avec l’âge on se rassure en se disant qu’ils le savaient, mais j’aurais dû avoir le courage de le leur dire. Cela aurait suscité des sourires. Taquins et tendres.
Vivre, ce n’est qu’une aventure jalonnée de souvenirs, tragiques quelquefois, frivoles trop souvent, mais au bout, ce sont les pages d’une existence aussi dérisoire que merveilleuse.
Et puis cette fille. Plus loin. Qui lit paisiblement. Le chuchotement de la rivière. Le chant insouciant des oiseaux. Le vent pudique et léger sur ses cheveux. Et mon regard qui se perd dans le souvenir d’une absence de l’enfance.
Au départ je voulais juste m’arrêter un peu.