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En vos mots 504

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Ce dimanche, j’ai eu envie de faire quelque chose que je n’ai pas fait depuis très longtemps, à savoir vous offrir plus d’une toile d’un même artiste sur un même thème. Et comme il y a des livres partout, dans l’atelier du peintre Kjetil Jul, voici là une belle occasion de nous parler d’un atelier, de l’artiste qui y passe la moitié de sa vie, des gens qui y défilent, modèles et acheteurs, ou même de vous.

Ces toiles sont vôtres pour les prochains sept jours, car aucun texte ne sera validé avant dimanche prochain. À vous de les faire vivre, en vos mots. C’est avec grand plaisir que nous vous lirons.

D’ici là, bonne semaine et bon dimanche à tous!

3 réponses

  1. Dans toutes les pièces il y avait des livres,
    Sur des étagères.
    Placés bien droit.
    Ou rangés à plat.
    Ou laissés à eux-mêmes, de guingois.
    Dans toutes les pièces, des tableaux,
    Car c’était la demeure d’un peintre.
    Posés sur le sol.
    Accrochés aux murs.
    Partout aussi, des flacons et des tubes de peinture.
    Les rangements, les portes, les escaliers,
    Les croisillons et encadrements de fenêtres,
    Le plancher, le mobilier, les parois,
    Tout ici était de bois,
    Celui-ci régnait en maître.
    L’heure ne s’affichait pas la même
    Aux quelques horloges de la maison.
    Comme si le temps n’avait plus de prise.
    L’artiste chaque matin
    Ecartait de la main le grand rideau blanc,
    Pour que fuse dans l’atelier
    Un peu plus de lumière.
    Puis, attendant sa muse,
    Il sirotait, pensif, son café,
    Sur la chaise de cuir à clous dorés
    Du modèle,
    Campé dans sa rêverie.

  2. Capharnaüm

    « Eh bien Porte ! Tu ne grinçais pas de la même façon, quand jadis je venais me retirer dans le calme de cette pièce perdue au fin fond des combles de la maison.
    Me fais-tu la tête Porte ?
    Tu peux! Je ne te donne pas tort!
    Il y a si longtemps que je ne suis pas venu ici rêver, méditer.
    Je me souviens, il fut un temps où la pièce était fleurie.
    A présent ce sont quelques araignées de service qui s’occupent des décors. »
    A mes pieds, mon chien étonné, me regarde.
    Est-ce moi qui monologue ? Cela m’arrive.
    Non mon vieux chien, ce n’est pas moi qui parle tout seul, c’est lui ce vieux bonhomme en bonnet de nuit, tout emmitouflé, coincé entre un tas d’oreillers, à moitié dissimulé derrière une barricade de vieux bouquins.
    Un bougeoir allumé sur une pile de livres, sur une autre une tasse ébréchée avec une tisane fumante.
    C’est lui, celui qui est peint là, sur cette assiette accrochée au mur.
    Accrochée là depuis longtemps, si longtemps déjà…
    Elle me parle cette assiette. C’est normal.
    Est-ce moi ? Suis-je-lui ? Est-il moi?
    Va savoir.
    Je me souviens de notre premier contact avec cette faïence.
    Nous étions ce jour là, mon épouse et moi en balade dans un de ces marchés aux brocantes, où nous aimions chiner l’objet insolite.
    Lorsque mon épouse est tombée en arrêt devant la scène peinte sur cette vieille assiette.
    J’entends et je la vois encore rire quant elle me dit en me montrant du doigt :
    « Oh ! Je te vois bien comme cela plus tard, quand tu seras vieux. Là-haut dans ton capharnaüm, à la maison entre tous tes vieux bouquins poussiéreux et tout tes gribouillis de calculs. »
    Oui c’est vrai, je me retirais souvent en cet endroit, loin du Monde, loin du bruit, loin du brouhaha de la vie.
    Dans mon Monde.
    En divers périodes de ma vie, il m’a fallu me replonger dans certaines études et là, j’y étais au calme.
    Même mon épouse évitait de m’y déranger.
    Seul un bouquet de fleurs se faisait discret dans un coin, me disant qu’elle n’était pas bien loin, qu’elle veillait sur moi, que l’on était toujours ensemble.
    Le Temps a passé, je t’ai rattrapé Vieux Bonhomme, figé là en cette estampe peinte sur ce bibelot, on ne fait plus qu’un.
    Est-ce toi qui parle en ce moment, ou bien moi ?
    Peut importe.
    La Porte vient de grincer, me reprochant de ne plus venir.
    Tous les vieux bouquins sont toujours là, recouverts d’une housse.
    Housse de poussière, poussière du Temps.
    Temps d’un regard, regard d’un rêveur.
    Rêves poussiéreux.
    Mon regard se pose sur ce petit vase qui sort du dessin pour se poser sur cette table boiteuse, encombrée de paperasses griffonnées jaunies par le temps.
    Table boiteuse tout comme moi.
    En ce vase deux trois fleurs desséchées, qui ont pleuré leurs pétales tout autour comme une ronde figée.
    Dernier bouquet déposé là avec amour, par celle qui ne vieillira plus, mais qui certainement veille toujours.
    Une souris se sauve.
    Où se sauve-t-elle ?
    Dans le Passé peut-être?
    Grignoter quelques vieux rêves ?
    Oui je me souviens !
    Il y avait une chandelle et une souris sur cette gravure.
    Je referme la porte sur une vie.
    Ma vie. Notre Vie.
    « Allez vieux bonhomme ! Ta tisane va refroidir.
    Allons vieillir ensemble, aux dernières lueurs de la chandelle. »

    Pierre

  3. Les souvenirs trainent partout
    Mais le silence n’a que faire
    Des poussières d’anges perdus
    Qui dansent dans la lumière
    Je t’aurais dit mes feux éteints
    Tous mes mensonges inavoués
    Dans les lignes de mes mains
    Les fantômes de mon passé
    Ricanent de mes Noëls perdus
    De l’amour que n’aurai jamais
    De toutes ces heures inconnues
    Avant que je trouve la paix
    Des crayons de couleur chagrin
    Dessinent la mémoire de ta voix

    On s’aimera surement demain
    Lorsque le bon Dieu m’appellera

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