Vous ne vous êtes pas lassés de l’aventure, même si elle dure depuis plus de neuf ans. Et j’aime toujours autant choisir une scène livresque pour vous semaine après semaine, tentant autant que possible de dénicher quelque chose qui n’ait rien à voir avec ce que je vous ai proposé au cours de toutes ces semaines.
Ce n’est pas toujours évident, vous l’aurez deviné. Mais j’ose espérer que cette jolie scène de lecture à haute voix imaginée par l’illustrateur Mark Beech vous donnera envie de la raconter en vos mots, comme vous le faites si bien.
Les commentaires seront validés dans sept jours et pas avant, ce qui vous laisse amplement le temps de donner place à votre imagination.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

3 réponses
A cette époque, nous mordions tels des fauves dans les livres.
Nous nous gavions de théorie, à défaut de pratique.
Affamés, assoiffés, avides, boulimiques,
Nous absorbions sans fin, sans bornes, sans limite,
Des légendes, des fables, des contes et des mythes.
Nous n’avions pas encore appris
A exercer nos dents sur plus pragmatique.
Emplis de l’emballement propre à la jeunesse,
Et forts de notre enfance, ouverte aux promesses,
Nous dévorions, ardents, des écrits éclectiques.
Comme s’il s’était agi de friandises,
Nous en léchions les pages avec gourmandise.
Nous sirotions les mots avec délectation.
Nous nous pourléchions les babines.
Nous nous sentions tels des lions.
De découverte en découverte,
Nous festoyions la gueule ouverte,
Envoûtés par notre destin.
Nous n’étions pas chasseurs, pas chasseurs humains.
Nous étions tigres, jaguars, panthères,
A la vocation carnassière.
Nous étions féroces.
La saveur de nos captures
Etait cependant douce, onctueuse,
Tout comme des bonbons, ou de la confiture.
Telle doit sembler la chair aux bêtes, dans la nature?
Nous n’avions pas le goût du sang, ni de vues meurtrières.
Seulement de l’appétit.
Et l’attrait du butin.
Nous n’étions plus si petits,
Nous nous sentions mutins.
Les adultes nous pompaient,
A nous prendre pour des incapables.
Nous allions bien leur montrer
Que nous étions indomptables.
Nous avions tant d’énergie.
Seul le sport ne suffisait pas
A canaliser nos envies.
Notre vigueur était en reste
Et réclamait d’autres repas.
Toutes sortes de nourritures,
Afin que puissent se repaître
Nos corps tout comme nos têtes.
Qu’exulte enfin tout notre être.
Depuis, quand je lis, je conserve
Une attitude très marquée pour le régal.
Qu’il s’agisse de fiction, d’histoire, ou de recettes,
Ou simplement d’un journal:
Il faut que je me délecte!
Histoire avant de s’endormir.
Ecoutez bien cette histoire mes Petits Enfants !
Mais …
Quelque chose sort de la page, entre dans l’histoire, regarde à droite et puis à gauche.
Rien, pas de danger en vue.
Alors ce quelque chose court, il court vite, vite, toujours plus vite.
Grimpe, grimpe toujours plus haut.
Saute d’une branche à une autre et hop, celle qui est tout là-bas, tout là-bas et pleine de noisettes.
Et cueille, cueille plein de délicieuses noisettes.
Va vite les cachées dans une bonne cachette connue que de lui tout seul, au creux du tronc du vieil arbre, celui qui trône au fond du jardin.
Puis retourne vite, vite, en cueillir plein d’autres qu’il met dans une autre cachette, encore bien plus secrète.
Mais qui ? Qui ?
Qui, mais qui court si vite, grimpe si haut et cueille plein de noisettes qu’il va cacher ?
Mais qui c’est qui coure comme cela, qui grimpe partout ?
Questionnent de leurs grands yeux les petits enfants qui écoutent sagement.
Qui c’est qui cache des noisettes ?
Qui ?
Bah ! …
Le tout petit écureuil, celui qui est là-bas et qui cherche, cherche.
Qu’est qu’il cherche le petit écureuil ?
Bah ! Il cherche ses noisettes !
Pourquoi qu’il cherche ses noisettes ?
Parce qu’il ne se rappel plus où il les a cachées.
C’est que ce sont de sacrées bonnes cachettes, la preuve il ne les retrouve plus.
Une Maman Souris, bien chargée, elle revient de, comme qui dirait de faire son marché, entre chez elle par un petit trou de souris, c’est la porte d’entrée.
Tous les enfants sont là.
« Qu’est-ce que tu nous ramènes Maman ?
Qu’est-ce que tu nous ramènes dit Maman ? »
La Maman n’a presque pas le temps de déposer ses commissions que ….
Tous les marmots Souris sont déjà entrain de tout déballer.
Oh ! Chic Maman ! Des noisettes !
Et au repas de midi, Maman sert des noisettes.
Au gouter, Maman sert des noisettes.
Le soir au diner :
« Qu’est-ce qu’on mange Maman ? »
« Des noisettes, les enfants ! »
Petit Doudou, la petite souris.
Gros Doudou, la grosse souris.
Gros Riri aussi, sont content comme tout, ils adorent les noisettes.
Mais tout Petit Riri, le plus petit de la famille Souris, lui aimerait bien autre chose.
Toujours des noisettes, des noisettes.
Alors une idée, mais une idée géniale.
C’est rare une idée géniale, car il y en a beaucoup qui ne sont pas toujours géniales.
Petit Riri sort plein de noisettes dehors sur le pas de la porte, qui n’est autre que le trou de souris, les disposes bien sur de belles feuilles et de sa belle écriture écrit sur une petite pancarte :
– Noisettes à vendre.-
Une poule passe, (Elle s’appelle Charlotte. ) marchant levant les pattes très hautes, parait même que l’on dit chez les Dames Poules, que cela fait très bien ou que cela fait même très chic.
« Beurk ! Moi je ne mange pas de ces choses ! »
Dit Madame Poule en faisant la grimace.
Ce n’est pas beau quand une Madame Poule fait la grimace !
Tant pis pense Petit Riri un peu dépité.
Le Coq Martin, de la Vieille Maison et qui a tout entendu, pas content du tout et en faisant les gros yeux à Madame Poule dit :
« Ce n’est pas bien de parler comme cela à un petit souriceau ! Maintenant il a de la peine ! »
Une petite musaraigne s’arrête, renifle.
« Oh ! J’en ai plein mes placards ! Non merci ! »
Tant pis pense Petit Riri encore un peu plus dépité, il se demande même si son idée est une vraie idée géniale ?
Un petit écureuil arrive à toute vitesse.
S’arrête net.
« Combien vous vendez la noisette, s’il vous plait ? »
Alors Petit Riri répond :
« Parce que c’est vous, trois noix pour une noisette ! Et ce n’est pas cher, c’est moi qui vous le dis ! »
« Oh que si, je trouve cela bien cher, Monsieur le Marchand de noisettes ! » Répond l’écureuil.
« Bon, parce que c’est vous ce ne sera que deux noix pour une noisette ! »
« Ah, cela me va, je reviens de suite avec la somme ! »
Petit Riri pense en lui-même, pourvu qu’il revienne !
Et en trois bonds, Monsieur le client écureuil revient avec un gros paquet de noix.
Et ce jour là, la marmaille de petites souris demande :
« Qu’es-ce que l’on mange aujourd’hui Maman ? »
« Devinez ce qu’il y a à manger les enfants ! »
« Encore des noisettes ! »
Surprise ! Surprise les enfants !
Qu’es-ce qu’il peut bien avoir à manger aujourd’hui ?
« Et bien aujourd’hui je vous ai fait des noix ! Des noix à toutes les sauces ! »
« Ah, ça c’est une idée géniale ! » S’écrient tous les frères et sœurs.
Petit Riri pense en lui-même :
« Je le savais bien que mon idée était une idée géniale ! »
Et la gentille Mamie se dit tout en tournant la dernière page:
« Je le savais bien que cette histoire plairait aux petits enfants ! »
Et le livre se referme doucement.
« Allez c »est l’heure de faire dodo ! »
A tous les Petits Enfants, même les grands.
Pierre.
Les mots sont des nuages
Dans le ciel de l’imaginaire
On rêve de beaux voyages
Pour échapper à l’ordinaire
Les mots sont les sourires
De la conteuse d’histoires
C’est l’enfance, le souvenir
Des vers luisants dans le noir
Les mots sont des images
Des tendresses passées
Qui dessinent les visages
D’une enfance oubliée.