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En vos mots 47

prouvé

C’est chaque fois un bonheur de lire ce que vous avez écrit pour En vos mots. Je ne me lasse pas de la richesse de votre imagination, de vos façons toutes différentes de (res)sentir la toile et la raconter en vos mots. Et curieusement, et c’est là une chose absolument fascinante, les deux fidèles qui n’ont jamais raté un dimanche depuis le début de cette aventure, Flairjoy et Armando, sans raconter la même chose, ont tous les deux écrit en vers en faisant un joli clin d’œil à un de mes livres préférés pour raconter la toile de Jean-Louis Toutain.

Et il n’en aurait peut-être pas été ainsi si les commentaires avaient été validés au fur et à mesure plutôt qu’aujourd’hui alors qu’il est l’heure de vous offrir une nouvelle toile. L’idée n’était donc pas si mauvaise… Je remercie aussi Denise et Reine d’avoir joué le jeu elles aussi avec beaucoup de tendresse, ce qui semble être le fil qui tient ensemble les quatre écrivains inspirés par la toile de dimanche dernier.

Qu’adviendra-t-il de l’eau-forte de Victor Prouvé? Vous livrera-t-elle ses secrets? Aurez-vous envie de vous laisser emporter par les mots en la regardant? C’est ce que nous saurons dans une semaine!

Bon dimanche à tous et à dimanche prochain pour un autre En vos mots.

4 réponses

  1. Continue, je te prie !
    N’arrête pas cette lecture qui me réjouit. Je suis un peu trop lasse pour lire moi-même…
    Et puis, j’aime ta voix. Il m’est doux de partager avec toi, il m’est doux de t’écouter. J’aime les silences que tu poses parfois à contretemps. J’entends ton émotion, tes incertitudes, ta curiosité. Je te devine étonné de mes lectures.

    Tu me vois sourire, non de ce que tu viens de me lire, mais parce que je te devine. J’entends la tendresse sous les mots que tu prononces, dans tes courts silences aussi.

    Nous avons vieilli. Tout a changé autour de nous. Tout change encore. Mais pas notre amour. Pas notre amour !

  2. SOUVENIR

    Elle aimait écouter dans l’accent catalan
    Les poèmes envoûtants d’Alfred DesRochers,
    De Miron, de Leclerc et du jeune Nelligan,
    De Vigneault, de Brossard et de Rina Lasnier.

    Il lisait à voix haute dans la chaise berçante.
    Elle, était étendue heureuse sur le divan.
    Grillant une cigarette dans sa main tremblotante
    Il était un complice bien plus qu’un vieil amant.

    Flairjoy

  3. Il aimaient tous les deux ces morceaux de temps qui n’appartenaient qu’à eux.

    Ces morceaux de temps qui arrivaient n’importe quand dans la journée.

    Ces moments qui marquaient une pause dans le cours du temps pour se retrouver tous les deux, pour se manger des yeux, de peur que le temps passe trop vite.

    Elle adorait l’entendre lire ses textes à lui ou bien ceux d’autres poètes qu’il choisissait avec un soin tout particulier. Comme si chaque fois il voulait la conquérir. L’étonner. L’épater. Et son rire était sa meilleure récompense.

    Ils passaient des heures ainsi. Ils oubliaient le temps. Comme si autour d’eux plus rien n’avait vraiment d’importance.

    Leurs moments étaient d’une extrême douceur et d’une tendresse à nul autre pareil. On aurait pu pire parfois que celui qui parlait prononçait les mots d’une manière tellement douce qu’il semblait avoir peur de déranger le silence. C’étaient des moments où chacun était certain qu’il était venu au monde pour rencontrer l’autre. Juste pour ça.

    Cette nuit-là, comme tant d’autres nuits, il lui lisait des textes à haute voix. Avec son accent qu’elle aimait tant et qui donnait un supplément d’âme aux mots qu’ils prononçait.

    Cette nuit-là, elle souriait en le regardant lire, parce qu’il venait de lui dire qu’il aimait lire à haute voix parce c’était la seule manière d’entendre battre le cœur des mots… mais elle n’entendait battre que le sien. Aucun autre.

  4. Solange est belle. Elle n’a jamais été aussi resplendissante et épanouie.
    Juste un peu de fatigue mais c’est normal lui a dit son médecin. Reposez-vous à la maison et tout se passera très bien.
    Solange attend un heureux évènement. Leur premier enfant. Elle sent déjà ce petit être bouger en elle, c’est une joie indescriptible. Comme ils vont être heureux tous les trois se dit-elle…

    Dans la jolie chambre tout est prêt et Solange va souvent sur le pas de la porte regarder, toute attendrie, le berceau, les jolies décorations et le bel ours en peluche que son époux a acheté en rentrant du travail la semaine dernière. Il lui a dit, je n’ai pas pu résister…

    Aujourd’hui, Solange se repose sur le divan en attendant Jean et lit un recueil de poèmes. C’est sa passion depuis qu’ils se connaissent car Jean est éditeur et lui apporte souvent des livres pour sa plus grande joie.

    Elle savoure cet instant et se réjouit de voir Jean car ce soir, ils ont décidé de choisir le prénom de l’enfant. Fille ou garçon ? Peu importe ! Nous lui trouverons un très joli prénom…un prénom d’amour.

    Solange a délaissé un moment son livre sans s’en rendre compte puisque perdue dans ses pensées à la recherche d’un prénom.

    Jean, qu’elle n’avait pas entendu entrer, s’assoit près d’elle et la regarde amoureusement avant de l’embrasser. Elle lui sourit, heureuse, heureuse de cette soirée à venir.

    Jean remarque le recueil de poèmes posé à l’envers sur la table du salon. Il le prend et demande à Solange si elle avait lu à la page 32, le poème de Victor Hugo. Non, dit-elle, je rêvais. Alors Jean s’approche de sa femme et d’une voix douce, lit ce magnifique poème…

    Lorsque l’enfant paraît

    Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille
    Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
    Fait briller tous les yeux,
    Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ?
    Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
    Innocent et joyeux.

    Enfant vous êtes l’aube et mon âme est la plaine
    Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
    Qu’on ose pas toucher,
    Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire
    On rit, on se récrie, on l’appelle et sa mère
    Tremble à le voir marcher…

    Les yeux des enfants ont une douceur infinie,
    Et leur petites mains, joyeuses et bénies,
    Ignorent le mal encore !
    Jamais, vos jeunes pas n’ont touché notre fange,
    A l’auréole d’or !

    La nuit lorsque tout dort, quand l’esprit rêve, à l’heure
    Où l’on entend parfois une petite voix qui pleure,
    Sur des ailes d’azur,
    Sans le comprendre encore, vous explorez le monde.
    Double virginité : corps où rien n’est immonde,
    Ame où rien n’est impur !

    Il est si beau l’enfant avec son doux sourire,
    Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir.
    Dans le mal triomphant :
    Préserve-moi Seigneur, d’été sans fleurs vermeilles,
    De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles,
    D’une Maison sans enfants …

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