Lali

26 octobre 2014

En vos mots 394

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

HOHN (David) - 2

Si je vous proposais de réécrire l’histoire du petit chaperon rouge à votre manière? Si elle était une sorte de clin d’œil à l’illustration de David Hohn? Cela susciterait-il quelques lignes de votre part?

C’est là le but d’En vos mots, cette catégorie qui n’appartient qu’à vous et qui vous donne l’occasion d’écrire chaque semaine depuis près de huit ans une nouvelle, un poème, voire même un paragraphe ou une seule phrase, à partir d’une scène livresque.

Qui jouera le jeu? C’est ce que nous saurons dans une semaine exactement, quand tous les textes seront validés d’un coup. D’ici là, bon dimanche à tous!

3 commentaires »

  1. Au collège, j’attendais avec impatience le mardi, jour du cours de Monsieur Paul, qui devait sa devise favorite à Oscar Wilde. « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris », nous rappelait-il avec insistance, chaque fois qu’on lui faisait un exposé et que nos jeunes pensées se laissaient emporter par une quelconque influence littéraire qui lui était insupportable.

    Un jour, où manifestement il était en grande forme spirituelle, il s’est laissé emporter dans une guerre verbale sans merci contre ce qu’il a alors désigné de « merdouillasse », soit les contes pour enfants, truffés d’invraisemblances et d’erreurs historiques, qui n’avaient pour seul but que de forger nos imaginaires fragiles.

    « Tenez, disait-il, cette connerie du chaperon rouge qui rencontre un loup en forêt… Vous y croyez un seul instant?… Un loup qui se glisse sournoisement dans une maison et qui mange la grand-mère avant de se déguiser et d’attendre sagement l’innocente petite fille?… Les Perrault et les Grimm ne se moquent-ils pas du monde?… Et depuis les XIVe siècle au moins que cela dure, au gré des fantaisies absurdes des raconteurs d’histoires, plus ou moins doués. Et je ne vous parle pas des sous-entendus qu’on peut relever dans cette histoire de loup qui cause avec une petite fille.

    « Je vous dis, criait-il comme un fou furieux, soyez vous-mêmes. Pensez par vous-mêmes. Ne vous laissez pas influencer par ces histoires débiles qu’on vous raconte pour contraindre vos pensées idiotes. Et pourquoi pas un loup qui lit, pendant qu’ils y sont?… Et mieux pourquoi pas un loup qui apprend à lire au chaperon rouge?… »

    Et c’est alors, dans le silence général, qu’on a entendu la voix frêle et insouciante de Marc : « Tiens… l’idée n’est pas mauvaise. Je n’y aurais pas pensé… »

    Comment by Armando — 2 novembre 2014 @ 5:21

  2. excellent, Armando!

    Comment by Adrienne — 2 novembre 2014 @ 10:25

  3. Quand Mère-Grand est un peu malade, et qu' »une mère irresponsable » m’envoie « à travers des bois profonds infestés de loups » pour lui apporter « de petits paniers bourrés de galettes » (1), je dois ruser pour y cacher tous les livres que je veux emporter.

    – Tu as celui que je n’ai pas eu le temps de terminer hier?

    Il m’attend à la croisée des deux sentiers et nous nous installons au pied d’un arbre. Lui, il chausse les lunettes de Mère-Grand et se replonge avec délice dans une de ces histoires d’amour qu’il dévore tout en croquant quelques galettes. Moi je lis des histoires qui font peur. J’adore ça!

    Elle me fait bien rigoler, Mme Bellotti, à me traiter de « fillette à la limite de la débilité mentale »!

    ***

    (1) ça, c’est Elena Bellotti qui le dit dans son livre « Du côté des petites filles »…

    Comment by Adrienne — 10 décembre 2014 @ 2:12

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