Et si, à l’occasion de ce premier jour de décembre, je vous offrais une image pleine de fantaisie? C’est ce que j’ai choisi de faire quand j’ai découvert, au hasard de ma galerie, cette illustration signée Galia Bernstein, qui me semble une pote ouverte à une aventure pleine de fantaisie.
Je vous la confie donc pendant une semaine afin que vous puissiez écrire en vos mots ce qu’elle vous inspire. Aucun commentaire ne sera validé avant sept jours, comme le veut l’habitude.
Puissiez-vous être nombreux à donner vie à cette scène des plus livresques!

3 réponses
J’voudrais bien être un éléphant,
Rien que pour avoir de beaux enfants,
De beaux enfants grands et costauds,
Qui pès’raient cinq ou six quintaux
(Comm’tous les p’tits éléphanteaux).
Là-haut, couché à plat ventre, Arthur récite sa poésie. Il doit la connaître par cœur pour demain.
Nzoku écoute attentivement et se rengorge. Il est bien, ce monsieur Moreau, se dit-il.
Sa trompe s’enroule de plaisir, son pas se fait plus léger, par ses paupières baissées lui parviennent de belles images de sa future descendance.
– Pour sûr, se dit-il, qu’ils pèseront cinq ou six quintaux. De beaux enfants grands et costauds.
Lire à plat ventre sur le dos d’un éléphant
C’est inusité et c’est plutôt marrant
Lire bien assis dans le fauteuil du salon
C’est un manque certain d’imagination
Et si l’éléphant ne pose aucune question
C’est aussi tranquille qu’une forêt sans grillon
Mais lire accroché au cou d’une girafe
C’est imiter le singe et ses nombreuses gaffes
Moi je préfère lire à califourchon
Sur une étoile brillante filant vers l’horizon.
C’est en cherchant Les aventures de Huckleburry Finn, de Mark Twain, mis au grenier depuis une éternité, que je suis tombé, d’abord, sur des vieux disques vinyles dont j’avais, pour certains oublié l’existence, par la suite sur quelques cartes postales anciennes endormies dans une boite à chaussures, des albums de collections de timbres, quelques cahiers scolaires, où j’ai découvert avec tendresse quelques fautes d’orthographe qui, depuis mon enfance, m’ont toujours accompagné.
Puis, il y avait des livres. Des rangées de livres à s’y perdre avec émerveillement. Les Bons petits cœurs de Paul Monplaisir, Les souliers rouges, d’Andersen, les Fables de Lafontaine illustrées par Benjamin Rabier, édition de 1906, Mon premier livre de lecture par Ch. et G. Screvens (inspecteurs de l’enseignement primaire), l’édition de 1944 d’Un bon petit diable par la Comtesse de Ségur paru aux éditions Casterman. Et puis Kipling. Que de personnages fabuleux. Mowgli, Ballo, Kaa, Bagheera, Akela, et tous les autres…
J’ai toujours été fasciné par ces histoires universelles où le monde des hommes se mélange et se confond dans notre imaginaire d’enfant avec celui des animaux. Jusqu’à ne faire qu’un seul. Pour de vrai. Et à nous faire oublier que le temps passe et qu’un jour, on grandit jusqu’à oublier comment être heureux.