Qui dit dimanche dit En vos mots au pays de Lali. Un rendez-vous qui a ses fidèles, des participants comme des lecteurs, puisqu’il s’agit d’écrire à partir d’une toile sans savoir ce que les autres ont écrit. Les commentaires ne sont, en effet, pas validés avant le dimanche suivant.
La scène imaginée par l’illustratrice Victo Ngai saura-t-elle vous inspirer?
Rendez-vous dans sept jours pour la réponse.

Une réponse
C’était une de ces nuits où tout semble hors du temps. C’était une de ses nuits où la lune s’en va je ne sais pas où et amène dans son sillage l’immense troupeau d’étoiles. Le silence semble suspendu dans le vide. La lenteur du temps nous empêche de dormir. Et le cœur réveille d’étranges pensées qui nous empêchent de dormir. On appelle le sommeil, mais rien à faire. L’angoisse est là. Sans dire son nom.
L’enfant est venu de nulle part. Il m’a saisi. Enfin je crois. J’étais tellement concentré par ma volonté de m’endormir que je ne me suis aperçu de sa présence que lorsque son visage m’est apparu brusquement. Il me dévisageait sans dire mot, comme s’il attendait quelque chose de moi. Comme si je pouvais savoir ce qu’il attendait. Mes questions le laissaient silencieux. Je ne devinais aucune émotion dans son regard. Aucune espérance. Ni inquiétude. Il était là. Il me fixait. Sans un mot. Sans un sourire. Et moi, je ne voulais que dormir. Soudain l’enfant a ouvert un grand livre. Des maisons se sont déployées. J’ai reconnu ma ville. Les rues de mon enfance. J’ai reconnu l’absence.
Et plus je m’enfonçais dans la nuit, plus mon cœur tremblait. Plus le sommeil s’éloignait. Et l’enfant toujours là. À me regarder…